Vivre les Évangiles de l’intérieur – La Visitation

Aujourd’hui, c’est Léonie dans le rôle d’Élisabeth et Alycia dans le rôle de Marie qui interprètent ensemble la scène de la Visitation.

Chaque participante témoigne ce qu’elles ont vécu lors de cette expérience :


Léonie dans le rôle d’Élisabeth :

«Durant le mime, alors que Marie (Alycia) venait vers moi, j’ai commencé à mimer le bébé qui a bougé en moi, puis je me suis mise à rire et étonnamment je ne pouvais plus m’arrêter, c’était comme si c’était pour moi aussi. C’était un rire près des larmes, submergé de joie, de surprise et d’émerveillement… »

Mon enfant a bougé, a tressailli d’allégresse…

Tant de souffrance passée, l’humilité*

Tant de regards m’ayant regardée de haut

Devant moi, le Fils du Très-Haut

En ma Marie, Le Bébé espéré

Marie est venue vers moi,

durant trois mois,

nous avons partagé, prié,

nous nous sommes soutenues,
les quatre ensembles nous avons levé

les yeux vers le ciel et nous avons loué.


« J’ai été touchée, qu’après toutes cette douleur qu’Élisabeth a pu vivre, dans le désir assoiffé d’avoir un enfant, après la malédiction de Dieu qui semblait peser sur elle durant tant d’années (car à cette époque ne pas avoir d’enfant était très mal vu), Dieu l’a inondé de joie, une joie profonde dans son ventre et plus encore le Seigneur lui-même en sa douce cousine Marie. »

« Pourtant elle et son mari servaient le Seigneur. Sûrement qu’elle a dû amener son sentiment d’humiliation devant le Seigneur, en acceptant que le plan de Dieu pour sa vie était meilleur, malgré j’imagine ce désir assoiffé d’avoir un enfant. Elle a choisi de s’humilier et de faire confiance à Dieu au lieu de se fâcher, elle a choisi de rester dans l’incompréhension de ce qui peut sembler injuste de ne pas pouvoir avoir d’enfant…»

Alycia dans le rôle de Marie :

«J’ai beaucoup aimé vivre cette évangile. Ça m’a permis de ressentir la joie de Marie lors de sa visite à Elisabeth.»
«Je crois que la joie de Marie venait de la réaction d’Élisabeth et de l’Esprit-Saint. Marie et Élisabeth sont remplies de l’Esprit-Saint.
Malgré le long chemin et la fatigue de Marie, voir sa cousine, elle aussi enceinte, la comble de bonheur!»

Un grand merci à Léonie et Alycia pour leur inspirante interprétation de la visitation ainsi qu’à Clarisse qui a animé la rencontre .

Choisissez un personnage rencontré par Jésus dans les Évangiles, et prenez un temps pour le vivre de l’intérieur en mimant son attitude face à Jésus. Demandez à une personne de prendre quelques photos.

Faites-nous parvenir vos photos accompagnées de votre témoignage à propos de ce que vous avez vécu intérieurement lorsque vous vous êtes mis dans la peau du personnage.

Contact : alecoutedesevangiles@gmail.com

Pour en savoir plus sur l’initiative pour « Vivre les Évangiles de l’intérieur » :
https://alecoutedesevangiles.art/2023/10/14/une-nouvelle-activite-pour-vivre-les-evangiles-de-linterieur/

Rencontres avec Jésus – La belle-mère de Simon

Une nouvelle invitation à rencontrer Jésus, au travers de la guérison de la belle-mère de Simon.

Multiples rencontres, dont une belle-mère : Marc 1, 29-39

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc – Chapitre 1

29 Aussitôt sortis de la synagogue, ils allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André.

30 Or, la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre. Aussitôt, on parla à Jésus de la malade.

31 Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait.

32 Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons.

33 La ville entière se pressait à la porte.

34 Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était.

35 Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait.

36 Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche.

37 Ils le trouvent et lui disent : « Tout le monde te cherche. »

38 Jésus leur dit : « Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. »

39 Et il parcourut toute la Galilée, proclamant l’Évangile dans leurs synagogues, et expulsant les démons

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris


Commentaire de l’Évangile

Par Daniel Cadrin, o.p.

Marc nous présente Jésus au début de son ministère, dans le cadre d’une journée. C’est une journée bien remplie! Il exerce des activités diverses. Durant le jour, il est actif à la synagogue (1, 21-28) pour enseigner et chasser un esprit impur; puis, dans une maison pour guérir une femme malade. En soirée, c’est une séance de guérisons et exorcismes à la porte de la ville. En fin de nuit, il se retire pour prier au désert. Puis au matin, reprise de la prédication pour une autre journée pleine.

Ainsi, nous voyons Jésus circuler en divers lieux de vie et d’expérience humaine. Il quitte la synagogue, lieu religieux central, pour aller dans une maison privée, lieu de relations. Puis il se trouve au cœur de la vie de la cité, avec des gens rassemblés. Ensuite, il se retire en un lieu désert. En finale, il repart ailleurs, dans les villages voisins. Il parcourt toute la région et retourne dans les synagogues. La Bonne Nouvelle circule vraiment : c’est Jésus lui-même, présent et agissant en chacun de ces lieux.

Dans cette variété de lieux et de temps, Jésus rencontre toutes sortes de gens et guérit plusieurs malades, dont la belle-mère de Simon (Pierre). Cela se passe dans la maison familiale de Pierre et de son frère André, à Capharnaüm. Cette ville et cette maison sont importantes pour le ministère de Jésus : c’est son quartier-général, d’où il part et où il revient. Il a quitté Nazareth, sa ville d’origine, où il a été élevé, pour se lancer dans une mission qui déborde son monde immédiat.

Le récit de la guérison de la belle-mère est bref mais dense. Les quatre premiers disciples de Jésus sont avec lui, deux couples de frères : Jacques et Jean, Pierre et André. La femme est couchée et fiévreuse. Jésus lui prend la main et la fait lever. Elle est maintenant debout, comme une ressuscitée. Et cette transformation l’amène à se mettre en service (diaconie). Le vocabulaire est précis et suggestif. Il condense la vie chrétienne : la rencontre avec Jésus nous relève, nous donne une vie nouvelle, et nous met en service des autres. Jésus prendra aussi la main d’une jeune fille morte, qui va se lever et marcher (Mc 5, 41-42).

Puis, Jésus chasse des esprits mauvais: des personnes retrouvent alors sens, confiance et responsabilité dans leur milieu. Jésus pose des gestes qui remettent les gens debout, dans leur consistance humaine. Mais aussi Jésus se retire à l’écart pour prier, pour renouveler son intimité avec le Dieu vivant et faire circuler la vie au plus profond de lui, pour qu’elle puisse circuler chez les autres. Jésus poursuit ensuite sa route, proclamant la Bonne Nouvelle, prêchant une Parole qui donne horizon et espérance.

Souvent, pour nous, cette diversité de lieux, de temps et d’activités est vécue comme une tension. Nos vies personnelles et sociales se déroulent fréquemment en morceaux détachés. Il n’est pas facile d’en saisir le fil conducteur.  Dans le récit de Marc, la Bonne Nouvelle est capable de circuler dans tous les lieux de la condition humaine, publics et privés, religieux et profanes, collectifs et intimes, et d’y être source de vie nouvelle. Elle se promène et touche l’un ou l’autre en journée, en soirée, de nuit, le matin. Ces activités sont présentées comme se soutenant, s’appelant l’une l’autre, gestes libérateurs, retrait contemplatif, parole annoncée. Elles ne sont pas des morceaux parallèles. Et la rencontre de Jésus suscite le service de la communauté.

Cet Évangile nous invite à faire circuler et à laisser circuler, avec des approches diverses, une espérance vive en des lieux et milieux, touchant toutes les dimensions de l’existence humaine. Chacun de nous, par lui-même ou elle-même, ne peut assumer toute cette diversité de présences et d’actions. Nous avons besoin les uns des autres pour réaliser cette journée bien remplie! Il importe alors de nous retrouver ensemble pour que les morceaux quittent leur détachement et dessinent un visage, forment un corps, celui du Christ vivant et de sa Bonne Nouvelle en mouvement. Quels sont les lieux de mes activités et retraits, et les connexions entre eux? Avec qui pourrais-je réaliser une journée bien remplie? Et quelle rencontre a fait naître et se développer en moi, en nous, le sens du service?

Images

Pour les images de cette journée bien remplie de Jésus, nous nous en tiendrons à la guérison de la belle-mère de Pierre. C’est un récit précis et qui a été montré au long des siècles sous des formes diverses : mosaïque, fresque, peinture, gravure, dessin, illustration, comme on le voit dans les œuvres qui suivent.

Un premier point d’attention : quelles figures sont présentées dans l’image? Il y a d’abord Jésus et la belle-mère, puis Pierre et d’autres disciples. On peut ajouter aussi des gens qui sont dans l’entourage. En certaines œuvres, la maison est bien remplie! Mais en d’autres, seuls Jésus et la femme, et parfois Pierre, sont présents.

La scène se passe dans la maison de Pierre et André à Capharnaüm. Celle-ci peut être bien visible comme espace de la guérison ou seulement évoquée. Parfois, la guérison advient à l’extérieur de la maison, ou en l’absence de tout environnement bâti.

Les images soulignent le contact entre Jésus et la femme, avec ou sans autres figures. Mais elles ne montrent pas les conséquences de cette rencontre sur la vie de cette femme, qui se met à servir (diaconiser). Pourtant, cela est signifiant dans le récit évangélique. On ne peut tout montrer.

Voici quelques œuvres, aux formes variées, du 10e au 21e siècle, depuis l’Île de Reichenau sur le Lac de Constance jusqu’à la ville de Kalispell dans le Montana.

Miniature, 980-990, Codex Egberti, fol. 22v, Bibliothèque municipale de Trèves, Allemagne. Ce lectionnaire a été fait par le scriptorium de l’Abbaye bénédictine de Reichenau pour Egbert, archevêque de Trèves. Il comprend 51 miniatures de la vie du Christ. Jésus, nimbé et solennel, tend la main vers la belle-mère, qui tend la main vers lui. Elle est étendue sur une natte verte; Pierre se tient derrière elle, main ouverte. Quatre disciples sont présents à gauche. Pierre et les disciples sont pieds-nu. À droite, la maison est évoquée par l’édifice en fond-de-scène.

Mosaïque, c.1310-1317, Église Saint-Sauveur-in-Chora, Istanbul, Turquie. Cette église byzantine du 12e siècle contient un remarquable ensemble de mosaïques et de fresques. Après la prise de Constantinople, elle fut transformée en mosquée en 1511 et les murs recouverts de chaux. Après des travaux de restauration, elle devint un musée ouvert au public en 1958. Elle est redevenue une mosquée en 2020. Jésus, là aussi nimbé et solennel, tenant en main gauche le rouleau de la Parole, prend la main droite de la femme, qui déjà se relève depuis son long lit. Pierre est à son côté, main ouverte. La maison est derrière eux. À gauche, deux disciples sont derrière Jésus, parlant entre eux. Les figures sont placées dans un V, ce qui les rapproche de Jésus, qui est plus grand.

Fresque, c.1340-1350, Église du Monastère Visoki Decani, Kosovo. Cette immense église médiévale relève de l’Église orthodoxe-serbe. Elle comprend de nombreuses fresques. Dans celle-ci, il y a beaucoup de monde! Jésus est le Maître, avec le rouleau de la Parole, mais il est en mouvement; il se penche vers la femme dont il prend la main. Celle-ci, dans un lit imposant, se relève et nous regarde. Pierre est derrière elle, suivi des onze autres apôtres. À gauche, neuf figures regardent et commentent l’événement. Les vêtements et les couleurs sont raffinés. Le tout est situé dans une architecture élaborée.

Jacques de Bie, gravure, c.1598-1618, Musée des Beaux-Arts de Gand, Belgique. Cet artiste d’Anvers fut un numismate et un graveur. Il a travaillé aussi à Bruxelles et Paris. Cette gravure fait partie d’une série sur la vie du Christ, réalisée avec quatre autres graveurs, à partir des œuvres du peintre flamand Maerten de Vos (1532-1603). Jésus prend la main de la femme, assise sur un lit; Pierre derrière elle la soutient. Ces trois figures sont entourées par dix autres, en conversation. À droite, sept personnes sont à table dans une salle, pendant qu’une femme prépare le repas. L’intérieur de la maison est montré avec détails. Elle est grande et bien équipée. Au plafond, trois bougies; à droite, le feu du foyer.

Rembrandt van Rijn, dessin, c.1658-1660, Fondation Custodia, Paris, France. Plusieurs œuvres de maitres flamands et néerlandais se retrouvent dans ce musée. Ce dessin de Rembrandt fut réalisé durant une période difficile de sa vie, où il connut des deuils et des pertes de succès et de revenus. Ici, on ne voit ni environnement ni meubles, pas de disciples et de foule : on ne voit que Jésus et la femme. Jésus la prend par ses deux mains, pour la soulever, pour la relever. L’essentiel est montré.

John Bridges, 1839, Birmingham Museum of Art, Angleterre. Cet artiste anglais a peint plusieurs portraits de figures du monde social et universitaire. Il a réalisé cette œuvre à 21 ans et il est décédé à 36 ans. En plus de la belle-mère et de Jésus, nous avons ici plusieurs personnes : sept autour d’elle, dont le jeune Jean à gauche, Pierre à droite, et deux autres disciples (tous nimbés); et cinq, dont un enfant dans les bras de sa mère, qui arrivent à l’arrière à droite. Une femme est toute proche de la belle-mère : probablement sa fille, épouse de Pierre. La femme malade est non à terre, mais étendue sur un lit. Jésus est imposant, il est plus grand que les autres. Leurs mains se rapprochent. Les couleurs et la lumière sont travaillées.

James Tissot, c.1886-1894, Brooklyn Museum, États-Unis. Ce peintre français, fréquemment présent dans cette chronique, a vécu en Terre sainte et est attentif à l’environnement. Ici, nous avons Jésus et la femme, ainsi que Pierre comme témoin. La femme est à terre sur une natte. Jésus la prend par les deux mains, comme chez Rembrandt, l’invitant à se lever. Nous voyons seulement le visage de Jésus; les deux autres sont vus de dos. Mais il y a aussi un autre témoin, sur la balustrade : un chat noir aux aguets! La scène se passe à l’extérieur de la maison, bien bâtie en pierres, à l’entrée de celle-ci ou plutôt dans une cour, avec pavages.

Inconnu, 20e siècle, A Busy Day at Capernaum, Vintage Bible Illustrations, site archive.org/details/vinBibleilluscolor2, no 13. Ce site offre diverses illustrations bibliques appartenant au domaine public. Dans celle-ci, la belle-mère de Pierre est une femme âgée, ce qui est rare. L’autre femme, aux côtés de Pierre, est émue; c’est probablement sa fille, épouse de Pierre. Les deux sont inquiets. Jésus, en blanc, prend la main de la femme visiblement malade et l’appelle à se lever. La scène se passe dans la maison, avec fenêtre donnant sur un paysage galiléen.

Berna, 2012, site evangile-et-peinture.org, Suisse. Bernadette Lopez offre une image vive et inspirante des évangiles de chaque dimanche des trois années du cycle liturgique. Ici, Jésus en bleu est assis près de la belle-mère de Pierre, encore étendue sur le sol; il prend soin d’elle. À l’arrière, quatre figures dont un couple avec un enfant, probablement Pierre et son épouse; et André le frère de Pierre. La présence d’une famille évoque la maison. Le tout est situé dans une richesse de couleurs qui éclatent et annoncent la résurrection.

James L. Johnson, 2018, site jamesjohnsonart.com, États-Unis. Cet artiste du Montana fait des œuvres religieuses ainsi que des paysages. Ici, la scène est centrée sur Jésus et la femme, qui a l’air jeune. Elle est déjà relevée, souriante et pleine de reconnaissance, comme son regard l’exprime, envers Jésus qui lui tient la main. Les deux sont vêtus de blanc. Quatre autres figures sont présentes, discrètement, dont l’une près de la femme. Et peut-être aussi, vous et moi, étonné-e-s et invité-e-s à nous lever et à servir …

Daniel Cadrin, o.p.

Vivre les Évangiles de l’intérieur – La nativité

Une illustration inspirée d’une photo de la scène de la nativité interprétée par la famille Pepin-Auclair

Cette fois-ci c’est toute une petite famille de Magog, avec Matthis, Elliot, Jades, Jasmine et Sophie, qui a accepté de se mettre en scène pour interpréter les divers personnages de la nativité.

Chaque participant témoigne ce qui a été vécu lors de cette expérience :

Matthis, 12 ans, dans le rôle de Joseph :
«Je crois que Joseph était très content d’avoir un enfant mais l’enfant de Dieu, pour lui apprendre des trucs et un enfant qu’il pourrait aimer. Je ressentais ce que Joseph aurait pu ressentir»

Elliot, 13 ans, dans le rôle d’un berger :
«J’ai ressenti une joie profonde au long de la scène biblique même si je savais que nous jouions la scène, je ne pouvais pas m’empêcher de sourire ! J’ai aussi ressenti le sentiment de fierté d’avoir cru l’ange et de voir mon Sauveur né. Le sentiment d’amour était lui aussi puissant, quand tu sais qu’il est mort pour toute la terre».

Jades, 10 ans dans le rôle de Marie :
«Qu’est ce que j’ai aimé que Marie a aimé ? J’ai ressenti de la joie car c’était comme si c’était mon enfant. J’aimerais recommencer à une autre de cette activité. Je suis reconnaissante envers Dieu».

Jasmine, 8 ans, dans le rôle d’un ange :

«J’ai trouvé cela très amusant, Je suis reconnaissante en Dieu. J’ai aimé joué mon personnage».

Sophie, la maman des enfants, dans le rôle d’une bergère : «  J’ai ressenti une grande hâte d’aller voir l’enfant Dieu dans une mangeoire. J’avais de l’empressement à faire cette rencontre et lorsque j’ai vu l’enfant Jésus, j’ai eu une grande joie et j’étais émerveillée qu’il se fasse si petit».

Un grand merci à toute la famille Pepin-Auclair pour leur magnifique participation ainsi qu’à Clarisse qui a animé la rencontre avec l’aide d’Anani!

Choisissez un personnage rencontré par Jésus dans les Évangiles, et prenez un temps pour le vivre de l’intérieur en mimant son attitude face à Jésus. Demandez à une personne de prendre quelques photos.

Faites-nous parvenir vos photos accompagnées de votre témoignage à propos de ce que vous avez vécu intérieurement lorsque vous vous êtes mis dans la peau du personnage.

Contact : alecoutedesevangiles@gmail.com

Pour en savoir plus sur l’activité pour « vivre les Évangiles de l’intérieur »! :

Rencontres avec Jésus – Les marchands du temple


Illustration d’après une gravure de Julius Schnorr von Carolsfel

Une nouvelle invitation à rencontrer Jésus, au travers de son interaction avec les marchands installés dans le temple.

AU TEMPLE, ENTRE MÉNAGE ET MÉMOIRE : JEAN 2, 13-22

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean – Chapitre 2

13 Comme la Pâque juive était proche, Jésus monta à Jérusalem.

14 Dans le Temple, il trouva installés les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs.

15 Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs,

16 et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d’ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. »

17 Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit : L’amour de ta maison fera mon tourment.

18 Des Juifs l’interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? »

19 Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. »

20 Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais ! »

21 Mais lui parlait du sanctuaire de son corps.

22 Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris


Commentaire de l’Évangile

Par Daniel Cadrin, o.p.

Dans les Écritures, certains lieux sont privilégiés pour la rencontre du Dieu vivant: la montagne, le désert, la route, mais aussi et beaucoup le temple, la maison de Dieu. C’est au temple de Jérusalem que Dieu se fait présent à son peuple rassemblé; c’est là que la louange et le culte se passent. Jésus le fréquente. Dans ces chroniques, il y a fait diverses rencontres: Siméon et Anne, des maîtres religieux, l’Adversaire, une veuve pauvre, une femme adultère, des Pharisiens, … Cette fois-ci, c’est plus mouvementé et la fête de Pâque est proche. Plusieurs se rendent à Jérusalem pour célébrer au temple en cette occasion, dont Jésus et ses disciples. Jérusalem, le Temple, la Pâque : nous sommes ainsi en plein coeur de la tradition religieuse, de ses lieux et temps sacrés.

À cette époque, la religion, qu’elle soit juive ou païenne, inclut habituellement et d’abord des sacrifices d’animaux dans les temples. Nous ne connaissons plus cette dimension mais elle était alors primordiale. Aux pèlerins, les marchands vendent des bœufs, des brebis, ou des colombes, selon leurs moyens, pour être sacrifiés par les prêtres au temple. Aux visiteurs venant de divers pays avec leur monnaie, les changeurs offrent celle qui est acceptée pour les échanges. Ce lieu est un centre économique actif et vital pour la ville de Jérusalem.

Mais voici que Jésus vient mettre le désordre dans cet univers bien réglé et codé. Comme les prophètes Isaïe et Jérémie, qui critiquaient un culte sans engagement personnel et faussé, Jésus fait le grand ménage. Il chasse tout ce monde et leurs affaires, comme si ce trafic n’avait pas sa place en un tel lieu saint, lieu de la présence de Dieu avec son peuple. Son geste prophétique en est un de purification, mais aussi il préfigure la fin d’une approche religieuse et le début d’un nouvel accès à Dieu. Dans les évangiles synoptiques (Mt 21,12-17; Mc 11, 15-19; Lc 19, 45-48) ce geste est présenté à la fin du ministère de Jésus et il précède sa Passion. Jean le met plutôt au commencement, juste après le premier signe de Jésus, celui de Cana et du vin de l’Alliance nouvelle. Ainsi, on voit au point de départ les enjeux autour de la personne et de l’action de Jésus. Et la scène au temple annonce déjà la finale de l’Évangile : la passion et la résurrection.

Mais il y a plus encore dans ce récit : il nous parle de l’expérience croyante. La foi n’est pas un regard qui voit immédiatement et directement le sens des événements. Elle requiert de faire un lien avec les Écritures, elle fait appel à une mémoire de la Parole. Les disciples se rappellent une parole de l’Écriture (Ps 69,10), qui les aide à saisir l’événement; une autre parole (Za 14, 21) est suggérée dans les propos de Jésus. Par deux fois (v.17, v.22), les disciples se souviennent de la Parole. Cela les fait entrer dans l’expérience croyante. Jésus accomplit des signes, mais ceux-ci en eux-mêmes ne produisent pas la foi. Ils invitent, ils éveillent, ils ouvrent un espace de signification. Mais une autre étape est nécessaire : le travail de mémoire, de rumination et de connections, qui se passe au cœur de chacun. En Jean (12,16; 14,26), c’est l’Esprit qui anime ce mouvement intérieur. On ne peut mieux dire le rôle fondamental des Écritures de la Première et de la Nouvelle Alliance pour relire les événements de nos vies et y découvrir un sens plus profond. Cette lumière de la Parole ouvre notre regard, le rend croyant.

Dans la deuxième partie (v.18), un débat s’ensuit entre Jésus et des responsables religieux. Ils lui demandent quelle est son autorité pour poser un tel geste. La réponse de Jésus, sur le temple détruit et relevé, les déroute. Ils la comprennent de façon littérale, immédiate. Ce malentendu est fréquent en Jean : on le voit avec Nicodème à propos de la naissance (3,4), avec la Samaritaine à propos de l’eau vive (4,11), avec une foule à propos du pain du ciel (6,34), avec Thomas à propos du chemin (14,5), et bien d’autres. Il y a dans ce procédé une pédagogie qui invite les lecteurs à dépasser leur première réaction et à devenir attentifs au mystère de Jésus, de sa présence et de son don.

Cette réponse de Jésus annonce que le vrai Temple du Dieu vivant, le haut-lieu de sa présence parmi son peuple, n’est plus un édifice mais une personne, dans son corps même, mort et ressuscité. Dieu se fait proche dans la croix et la gloire du Verbe fait chair. Et le Christ vivant, uni à tous ses disciples par son Esprit, nous rassemble avec lui en ce Temple. Cela est proche de l’image du Corps du Christ chez saint Paul. La présence de Dieu n’est plus liée à un lieu sacré mais à une personne, le Verbe de Vie, qui a fait sa demeure parmi nous. L’Église est sacrement de la présence de Dieu au cœur de l’univers. Ce signe n’est pas d’abord fait de pierres mais de visages, toutes ces personnes, aux quatre coins du monde, réunies en communautés fraternelles et engagées sur des chemins de passion et de compassion, de passages et de résurrections.

Cette action de Jésus au temple nous ouvre plusieurs pistes de réflexion. Dans quel bagage de mon expérience religieuse aurais-je besoin de faire un peu de ménage? Quelle Parole m’a aidé-e à comprendre un événement, un signe, dans ma vie? De quelle manière, avec qui, pourrais-je chercher à relire mon existence à sa lumière? Ou encore, en quoi les communautés de foi auxquelles je suis lié-e sont-elles Temple du Dieu vivant? Il vaut la peine de se rendre au temple, lieu de rencontres choquantes ou revigorantes : il est maintenant ouvert en tout temps, pour tous.

Images

Les images de la purification du temple se trouvent à toutes les périodes de l’histoire de l’iconographie chrétienne. C’est un récit avec de l’action et plusieurs figurants, ce qui est plus inspirant au plan visuel; en plus, avec des animaux et un site sacré. Il y a même de l’argent qui virevolte!

Jésus en est le centre, brandissant un fouet : il peut être montré comme un maitre, plus solennel, ou un prophète, plus virulent. Il est en mouvement. En ces circonstances dramatiques, son visage peut exprimer, ou non, divers sentiments, de la colère à la détermination. Plusieurs figures sont présentes dans ce récit : les marchands, les changeurs de monnaie, la foule, les chefs religieux, les disciples. Certaines peuvent être privilégiées et d’autres absentes. Elles sont habitées par des réactions de choc ou de peur. Il y a aussi des animaux, les brebis et les bœufs, ainsi que des oiseaux, les colombes; les artistes peuvent être inégalement doués pour les montrer. Cela fait beaucoup de monde, qui sont tous en mouvement!

Il y a aussi les objets associés aux marchands et aux changeurs : table, comptoir, monnaie, cage, outils divers. Le personnage premier de ce récit, en un sens, est le Temple lui-même, puisqu’il s’agit du passage du temple ancien au nouveau temple, le corps de Jésus. Comme lieu de l’action, avec tous ces personnages, le temple peut être montré de façon plus explicite ou plutôt évoqué par des éléments architecturaux. Parfois, il est complètement absent.

Évidemment, par-delà et à travers l’action vigoureuse de Jésus, il est plus difficile de faire voir des éléments centraux du récit en Jean : l’importance du souvenir, de la Parole qui fait relire les événements; le passage du temple de pierres au nouveau temple. Comment les suggérer? La présence des disciples peut y aider.

Voici des images de la purification du Temple, variées par les courants spirituels et artistiques dont elles témoignent, depuis le 6e siècle jusqu’à 2024.

  1. Miniature, 6e siècle, Évangéliaire de Rossano (Codex Purpureus Rossanensis), Ms EAB 644, Musée diocésain de Rossano, Calabre, Italie. Ce très ancien manuscrit, écrit en grec sur parchemin pourpre, contient les Évangiles de Matthieu et Marc et plusieurs enluminures, de style byzantin, sur la vie du Christ. Originaire d’Antioche de Syrie, il parvint à Rossano au 9e siècle. On voit ici les marchands, chassés, qui s’en vont avec leurs brebis, bœufs et colombes; l’un porte une cage. Les changeurs ramassent leur table et les monnaies, dont certaines sont répandues sur le sol. Jésus, barbu et nimbé, tenant encore le fouet dans sa main gauche, est en discussion avec les chefs religieux. Le temple est évoqué par les colonnes et le toit. Cette miniature comprend tous les éléments du récit, sauf les disciples.
  1. Miniature, c.998, Évangéliaire d’Otton III, Ms Clm 4456, fol. 119v, Bayerische Staatsbibliothek, Munich, Allemagne. Ce manuscrit enluminé a été réalisé par le scriptorium de l’Abbaye de Reichenau pour Otton III, jeune empereur du Saint-Empire. La figure de Jésus reprend celle fréquente dans l’Antiquité : le jeune homme imberbe avec un nimbe cruciforme. Le fouet est levé dans sa main droite. Quatre marchands et changeurs sont tournés vers lui et le regardent; l’un d’eux porte une cage de colombes; une table est renversée. Deux autres s’en vont avec un bœuf; il semble que les brebis soient déjà sorties du cadre! Le temple est plus élaboré. Le tout sur fonds doré et diversité des couleurs.
  1. Mosaïque, c.1180-1190, Cathédrale Santa Maria Nuova, Monreale, Sicile, Italie. Cette église comprend plusieurs mosaïques de style byzantin, dont un cycle sur la vie du Christ. Sur fonds doré, Jésus, en Pantocrator, fouet levé dans la main droite, renverse la table des changeurs de la main gauche. Derrière lui, deux disciples, Pierre et Jean, sont témoins de la scène, pouvant se souvenir et faire des liens avec la Parole. Trois figures, dont l’une tient une cage de colombes, nous regardent plutôt que de regarder Jésus : pour nous faire signe? Sur la table, des monnaies et des vases. Les bœufs et brebis sont là, en bas à droite. À l’arrière, le temple et ses colonnes. Tous les éléments du récit sont présents, sauf les chefs religieux.
  1. Miniature, Psautier doré de Munich, c.1200, Ms Arundel 157, fol. 6v, British Library, Londres, Angleterre. Ce manuscrit a été fait dans un atelier d’Oxford, comme cadeau pour le mariage d’une noble dame, Margaret de Briouze (Braose). Il comprend un grand nombre de miniatures, avec un fonds doré, dont 91 pleines pages. Il témoigne du passage de l’art roman au gothique. Jésus là aussi est posé en maitre, fouet à la main droite et renversant de la main gauche les monnaies sur la table. L’une des trois figures, regardant Jésus, tient dans son manteau celles qui ont échappé à l’attaque. La troisième, regardant dans l’autre direction, tient en mains un objet dont l’identité m’échappe. Seules les brebis sont présentes, sympathiques; l’une d’elle regarde Jésus avec une tendre attention.
  1. Jan Sanders van Hemessen, 1556, Musée des Beaux-Arts de Nancy, France. Ce peintre flamand, influencé par la renaissance italienne et le réalisme nordique, a travaillé à Anvers, puis à Haarlem à partir de 1550. Ici, dans l’une de ses dernières œuvres, une impression de chaos et de vivacité émerge, grâce aux contrastes des couleurs et des corps tordus. C’est très composé, avec du mouvement et des personnages du peuple. Il y a vraiment beaucoup de monde au temple! Une colombe est visible au centre; au-dessus, une brebis dans les bras d’un homme; un bœuf se trouve en bas à droite. La scène comprend trois temps : à gauche en petit, Jésus discute avec les chefs religieux; à droite, ceux-ci se retirent; au centre se passe l’action. Jésus, en bleu sur les marches, tenant le fouet et dominant le tableau, est concentré et sans expression visible. L’architecture du temple est précise : c’est celle de la cathédrale d’Anvers.
  1. El Greco, c.1600-1610, National Gallery, Londres, Angleterre. Le peintre grec d’icônes, Domenikos Theotokopoulos, a vécu en Italie et en Espagne, intégrant les nouveaux courants de l’art occidental. Ses œuvres sont très construites, avec des formes élancées. Entre 1565 et 1615, il a fait plusieurs versions de la purification du temple, où l’on peut noter des continuités et des différences, dans le contenu et le style. Celle-ci est plus tardive. Jésus, au regard intense, en plein centre, est entouré de corps et de couleurs qui s’harmonisent. On ne voit pas les animaux à sacrifier et on distingue peu les vendeurs et changeurs. Certaines figures sont bien calmes et occupées à leurs affaires, dans tout ce mouvement. Pierre et Jean sont proches de Jésus. En arrière-plan du temple, la ville et ses édifices; en haut sur les murs du temple, en grisaille, deux scènes de l’Ancien Testament (Adam et Ève chassés du paradis et une autre, avec un fouet levé).
  1. Valentin de Boulogne, c.1618-1622, Galerie nationale d’Art antique (Barberini-Corsini), Rome, Italie. Ce peintre français a été formé à l’atelier de son père, puis en Italie chez Simon Vouet. Installé à Rome, à l’évidence il fut fortement influencé par Le Caravage : son clair-obscur, ses personnages issus du peuple, son sens dramatique. Ici, pas d’élément architectural, ni d’objets, ni d’animaux, sauf une colombe en haut à droite. Seulement des visages, dans la lumière et l’ombre. Ils sont tous tournés vers Jésus, le regardant avec effroi ou stupéfaction. Celui-ci, au fouet levé, est résolu dans son action, mais ne montre pas d’expression aisément lisible. Dans une œuvre de 1626, sur le même sujet, on retrouve des éléments semblables, mais avec une intensité dramatique et une obscurité plus soulignées.
  1. Jean-Baptiste Jouvenet, c.1706, Musée des Beaux-Arts de Lyon, France. Originaire de Rouen, cet artiste fut formé à Paris chez Charles Le Brun. Il a réalisé plusieurs travaux pour les institutions et résidences liées à la royauté. Ses œuvres religieuses ont été très admirées à son époque. Nous avons ici une scène très vivante, marquée par le sens des couleurs, la précision du dessin, et la composition complexe qui relie tous les éléments, figures et lieux. Les brebis, bœufs et colombes participent à ce mouvement. Le temple, les édifices et la rue offrent un contexte favorable. Jésus, au fouet levé, est central mais fait partie de la scène sans la dominer. À sa gauche, Pierre et d’autres disciples sont près de lui.
  1. James Tissot, c.1886-1894, Brooklyn Museum, États-Unis. Ce peintre français, qui a vécu sur place en Terre sainte, est très attentif à l’environnement dans les récits des Évangiles, dont il a illustré un très grand nombre. Nous voyons ici plusieurs colombes qui s’envolent; les brebis et bœufs sont déjà partis! À droite, une longue colonnade avec plusieurs passants et commerçants qui y circulent. À gauche, la main au front, un changeur s’en va avec sa table de service; à droite, des marchands partent avec leurs boites en mains. Il y a aussi des vendeurs de pains et de fruits, inquiets. Jésus est en blanc, selon la coutume de Tissot; mais ici, cette couleur, présente de plusieurs manières, unifie la scène. Le temple est bien montré, de façon plus détaillée.
  1. Philippe Lejeune, 1992, site apsp-palaiseau.fr (Rétrospective Philippe Lejeune), France. Ce peintre français, mort en 2014 à 89 ans, a été formé aux Ateliers d’art sacré (Maurice Denis, Georges Desvallières). Il a fait des vitraux dans plusieurs églises et a fondé l’École d’Étampes. Son œuvre, entre figuration et abstraction, ou l’inverse, s’inscrit dans une recherche spirituelle d’inspiration biblique. Ici, dans un espace dépouillé, on voit Jésus en blanc, avec un fouet, le regard tourné vers l’intérieur. Deux corps nus sont étendus, un homme et une femme. Une figure en rouge est debout en mouvement; un jeune homme est assis par terre, mi-nu. L’œuvre s’offre comme une énigme à déchiffrer ou invite à nous laisser toucher, quelque part dans notre quête.
  1. Andrei Mironov, 2012, site artmiro.ru, Russie. Ce peintre russe, iconographe et ancien soldat, est revenu à quelques reprises dans ces chroniques. Son art montre des figures très expressives et tisse plusieurs liens avec les textes bibliques. Ici, Jésus au centre, tête penchée, a une main dans l’ombre et l’autre dans la lumière. À ses pieds, un marchand ramasse l’argent éparpillé. À gauche, des figures qui évoquent l’Ancien Testament. À droite, comme l’indique l’artiste lui-même dans ses commentaires, voici Zachée le mendiant aveugle et la veuve pauvre qui a tout donné; devant elle, un changeur à genoux devant son argent. Des visages avec des expressions diverses; une brebis et aussi deux boucs, un bœuf et trois colombes. La lumière traverse de moitié le mur intérieur du temple.
  1. Berna, 2024, site évangile-et-peinture.org, Suisse. Les œuvres de Bernadette Lopez, avec leurs couleurs vives et leur élan, couvrent tout le cycle liturgique des dimanches. Le récit en Jean de la purification du Temple est l’évangile du 3e dimanche du Carême de l’Année B. Voici une oeuvre très récente. Tout est en mouvement : les brebis et colombes, les gens, et Jésus lui-même, ainsi que les couleurs. Je suis quelque part dans ce mouvement, troublé ou excité de ce déplacement. Je m’éloigne de quel temple ancien? Pour me rapprocher de quel nouveau temple?

Daniel Cadrin, o.p.


​Dessin à tracer et à colorier

Ci-dessous un dessin simplifié à tracer et à colorier, librement inspiré d’une gravure de Julius Schnorr von Carolsfel.


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