Une nouvelle participation à l’activité “Vivre les Évangiles de l’intérieur”!
Aujourd’hui, c’est Aurore dans le rôle du centurion, Solène dans le rôle d’un autre soldat et Clarisse dans le rôle d’une des femmes qui suivaient Jésus, qui témoignent de leur expérience.
Extrait de l’Évangile selon Jean 19 :
29 Il y avait là un récipient plein d’une boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre à une branche d’hysope, et on l’approcha de sa bouche.
30 Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit.
Aurore dans le rôle du centurion (soldat) : » Il souffre, mais je ne peux pas l’aider. Je suis un soldat et j’ai participé à ce qu’il en soit là. J’imagine sa douleur. Même si je ne peux pas le sauver, je lui mets du vinaigre dans la bouche pour essayer de me rattraper. S’il est vraiment celui qu’il prétends être, j’espère qu’il me pardonnera. Même mon geste de compassion le fait souffrir. »
Solène dans le rôle de d’un autre centurion (soldat): » Jésus, je vois un de mes compagnons soldats prendre de notre boisson pour t’en donner; cette boisson que nous partageons habituellement entre soldats; et en voyant cette scène, j’ai soudain ce sentiment étrange que tu es l’un de nous, que nous sommes unis par quelque chose. Je ne sais pas ce que c’est, mais je sens que nos vies sont liées. »
Clarisse dans le rôle d’une des femmes qui suivaient Jésus et qui assiste à la scène: « Je regarde mon Jésus, je regarde cet homme-Dieu défiguré par le fouet. C’est la fin, je le sens il n’a plus de force. Il a soif non pas d’eau mais de mon amour. J’aurais tellement voulu lui épargner tant de souffrances, tant de malheur. Mais lui, accepte cela avec humilité et dans l’abandon. Il incline la tête et remet son esprit tout en douceur. Je suis émerveillée par sa grandeur d’âme… Vraiment, il est doux et humble de coeur! »
Un grand merci à Aurore et Solène ainsi qu’à Clarisse qui a animé la rencontre!
Participez à votre tour!
Choisissez un personnage rencontré par Jésus dans les Évangiles, et prenez un temps pour le vivre de l’intérieur en mimant son attitude face à Jésus. Demandez à une personne de prendre quelques photos.
Faites-nous parvenir vos photos accompagnées de votre témoignage à propos de ce que vous avez vécu intérieurement lorsque vous vous êtes mis dans la peau du personnage.
Contact : alecoutedesevangiles@gmail.com
Pour en savoir plus sur l’activité pour « vivre les Évangiles de l’intérieur »!
Dans ce nouveau parcours d’artiste, nous accueillons Kounlayvanh Sundara, une autre artiste profondément engagée dans son art et sa foi!
Comment vivre l’évangile de nos jours ? S’inscrire à une majeure en dessin et peinture à l’université de Concordia en premier lieu. La suite, on verra ! Pourquoi ? Parce que la Parole est vivante ! Elle est nourrissante, apaisante et joyeuse. Elle goûte le miel. C’est un vrai délice. C’est effectivement une des plus belles découvertes de ma vie. Elle m’inspire. Voilà ! Le dessin, la peinture et la sculpture sont des moyens pour moi de mieux connaître celui qui se cache dans la Parole.
Un aperçu de la pratique artistique de Kounlayvanh Sundara au travers de deux de ses œuvres récentes réalisées dans le cadre d’une exposition du RACEF:
Avant que le coq chante
J’ai passé l’année à méditer un passage de la Passion où Jésus annonce à Pierre qu’il le reniera, et ce qui m’a touché dans ce passage c’est le mot « annoncer ». Il annonce à Simon Pierre que ça va se passer, parce qu’il l’aime tellement… Ce que j’aime dans cette scène : en la lisant et en la méditant, j’ai réalisé comment Jésus était doux, il était bon, doux et humble de cœur.
Photos et croquis préparatoires à la création de l’œuvre
Kounlayvanh Sundara nous a généreusement partagé quelques étapes de son processus de création.
J’ai demandé à mes enfants de jouer la scène parce que j’avais besoin de modèles. La Parole, elle est vivante et c’était important pour moi de voir comment on la vivait cette parole-là. J’étais contente de partager l’Évangile avec mes enfants… parce que je devais peindre une toile, et quand on a fait cette scène, le Seigneur était là ! Il y avait de la joie, nous avons tellement ris en jouant cette scène! Au début du processus du printemps à l’automne 2024, je ruminais ce passage biblique avec difficulté. Je ne l’aimais pas car j’étais intimidé par ce passage, parce que mes relations me font souffrir – rejet, abandon, mépris, incompréhension… que de déception, soit de soi-même ou de l’autre. Je choisis un autre passage biblique plus facile mais le processus technique de peinture avait déjà commencé en classe. J’ai donc persévéré. Du coup vers la fin novembre les choses ont changé. Les mots s’éclairent et s’adoucissent. La Parole est devenue vivante. Mon cœur est touché par la miséricorde : Ô Seigneur tu es là ! Tu me guides et moi je ne le savais pas, comme le disait Saint-Augustin. Je crois que ce passage biblique m’a choisie. Je réalise que c’est seulement vers la fin du processus de création que j’ai commencé à mieux comprendre l’annonce de Jésus à Pierre. Je suis surtout touchée par la manière que Jésus annonce à Pierre ses faiblesses et le danger de la nuit. Jésus dit la vérité de notre vie avec amour et tendresse. Il est toujours là près de nous quoi qu’il arrive. Amen.
Avant que le coq chante – Œuvre finale
Avant que le coq chante – une peinture de Koulayvanh Sundara
Huile sur toile – 2024
L’œuvre s’inspire d’un passage biblique de Mathieu 26: 33-34
Pierre prit la parole et lui dit : « Même si tous les autres t’abandonnent, moi je ne t’abandonnerai jamais. » Jésus lui répondit : « Je te le déclare, c’est la vérité: cette nuit même, avant que le coq chante, tu auras prétendu trois fois ne pas me connaître. »
Commentaire de Koulayvanh
C’est dans le calme du clair de la lune que Jésus, le chemin, la vérité, et la vie, s’approcha de Pierre pour lui annoncer qu’il va le renier. Mais Pierre sûr de lui-même insiste plus que jamais, il n’abandonnera jamais son ami, car il l’aime profondément. Jésus, doux et humble de cœur, écoute Pierre avec patience.
Cent-cinquante-trois
Le fait que je participe avec les artistes du RACEF à l’exposition « Chemin de croix, chemin de vie » fut pour moi une vraie année de catéchèse. Dans la peinture « Cent-cinquante-trois » Jésus est ressuscité… et il rencontre ses disciples au lac de Tibériade.
Photos et croquis préparatoires à la création de l’œuvre
J’ai encore demandé à mes fils de me servir de modèles… et ce que j’aime dans cet Évangile, c’est quand Jean dit : « C’est le Seigneur ! » … et Pierre saute dans l’eau. On a une scène, on est dans le bateau. J’ai cherché à comprendre ce passage : ce sont des rencontres personnelles avec le Seigneur… pour chaque personne. Ici on voit aussi la miséricorde de Jésus parce que Pierre l’avait renié… mais il revient vers lui. Le seigneur revient toujours vers ceux qui l’aiment. Il sent que nous on l’aime.
Le vert, c’est le quotidien, le mauve c’est l’attente, On attend… Je voulais aussi absolument avoir un ciel rose parce que c’est le matin que le Seigneur s’est manifesté. Là ils s’échangent des mots, puis ils lancent le filet… et pouf! là il y a des poissons. Je voulais absolument mettre un filet, mais un filet blanc, très éclairé, où on voit les poissons, parce que c’est le filet de la foi. J’avais mis aussi Saint Thomas parce qu’il ne croyait pas, mais là avec cette pêche miraculeuse, il croit encore plus…
Cent-cinquante-trois – Œuvre finale
Cent-cinquante-trois, une peinture de Kounlayvanh Sundara
Huile sur toile – 2024
L’œuvre s’inspire d’un passage biblique de Jean 21, 4-7
Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : ‘’C’est le Seigneur ! ’’. Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau.
Commentaire de Koulayvanh
Au lever du jour Jésus est sur le rivage. Quelques mots d’échanges et la vie s’active.
Les oeuvres de Kounlayvanh Sundara décrites dans cet article sont exposées dans l’exposition itinérante du RACEF intitulée : « Chemin de croix, chemin de vie ». Restez branchés sur le site du RACEF pour être informés des nouveaux lieux de diffusion de l’expo.
Dans ce nouveau parcours d’artiste, nous accueillons un prêtre-artiste, fervent dans sa foi comme dans son art, et profondément engagé!
Jacques Houle est religieux-prêtre chez les Clercs de Saint-Viateur. Pendant ses études secondaires et collégiales, il fréquente à Joliette l’atelier de Max Boucher. Il y apprend le dessin, la peinture, la sculpture, la céramique et l’émaillage. Il s’est initié à la gravure à Paris avec Joëlle Serve et a exploré l’univers de l’aquarelle en travaillant avec Albert Rousseau. Souvent il privilégie ce médium qu’il rehausse de plombagine ou de crayon chinois.
Depuis une trentaine d’années, il oeuvre dans le domaine de l’Art Sacré aménageant ou réaménageant des lieux de cultes et en créant des mobiliers liturgique. Les techniques qu’il a apprises tout comme la réflexion plus théorique qu’il a du faire sont mises au service d’une dimension trop oubliée: beauté, lieux et espaces construisent l’être chrétien.
Un aperçu de la pratique artistique de Jacques Houle au travers de trois de ses oeuvres récentes:
La flagellation
Un corps meurtri et lacéré
– Acrylique sur toile –
Pilate fit saisir Jésus pour qu’il soit flagellé. Jn 19:01 Sur mon dos des laboureurs ont creusé leurs sillons. Ps 129:3
Il s’agissait d’un corps véritable, un corps d’homme, le corps de Jésus, celui que Marie lui avait donné. Un corps meurtri et déchiré sans ménagement par les soldats de Pilate.
Cette toile s’est comme imposée dans sa facture. Une portion de toile couleur de peau lacérée comme son dos, un jeux de bandes latérales rappelant des lanières tachées de sang… Je voulais que ce soit à la fois réaliste comme l’a été la matérialité des faits mais évoqué avec la sobriété du récit. D’ailleurs les récits de la Passion sont d’une retenue et d’une discrétion qui toujours m’impressionne.
La dérision
– Acrylique et feuille d’or sur toile –
Ils lui enlevèrent ses vêtements et le couvrirent d’un manteau rouge. Avec des épines ils tressèrent une couronne et la posèrent sur sa tête. Ils lui mirent un roseau dans la main droite. Pour se moquer ils disaient: «Salut, roi des Juifs». Mt 27: 29-30
Du rouge pour évoquer la pourpre royale. Un roseau en guise de sceptre où j’ai mis de la feuilles d’or pour en faire un véritable insigne monarchique en dérision des moqueurs. À la place des épines, du fil barbelé avec ce qu’il peut évoquer de cruauté dont sont victimes ces femmes, ces hommes, ces enfants qu’on enferme dans des camps de réfugiés.
Vous le verrez en Galilée
– Acrylique sur toile –
Il est ressuscité d’entre les morts et voici qu’il vous précède en Galilée. C’est là que vous le verrez. Mt 28:7
Ce n’est pas en restant prostré dans le noir du tombeau que le Ressuscité se donne à voir, c’est en sortant vers la lumière, ce que le jaune dominant de la toile veut évoquer. Il y a aussi ce vert tapissé de fleur, celui de la verte Galilée au climat agréable, au sol riche et aux ressources végétales abondantes. La riante Galilée! C’est là que Jésus Ressuscité donne rendez-vous. Là où il y a la vie, où il y a ceux qui croient à la vie et qui engagent le combat pour la sauver.
Mon processus créatif
Quand je regarde mon actuelle production, celle qui est devenue mienne depuis que je fréquente le RACEF, je constate que je fais davantage place à l’univers religieux. Et je suis un peu étonné compte tenu de la formation que j’ai eue en fréquentant pendant huit ans l’atelier libre du peintre- sculpteur Max Boucher, en m’initiant à la gravure, en côtoyant Albert Rousseau et Wilfrid Corbeil. Un parcours qui a fait de moi un aquarelliste-paysagiste, avec tout de même le souci d’aller à l’essentiel. Je cherche à traduire l’atmosphère, à retrouver la structure d’un paysage, à en faire quelque chose de graphique. J’ai encore plaisir à m’asseoir dans un coin tranquille avec mon carnet d’esquisses et une petite boîte d’aquarelle – en voyage je les ai toujours avec moi – même si depuis quelques années les pinceaux sont un peu au repos. En fait je me suis davantage adonné au travail du designer en concevant des espaces cultuels et en réalisant du mobilier liturgique.
Par ailleurs, depuis que j’ai été invité à joindre le RACEF en 2017 j’ai fait mien les défis que nous nous sommes donnés. Les rencontres et les partages vécus avec quelques-uns des artistes qui composent le réseau m’ont conduit à oser m’aventurer sur un autre terrain, celui qui fait passer de la Parole à l’image. Et le défi est de taille: se laisser pénétrer par un passage d’Évangile pour ensuite laisser jaillir une oeuvre.
Mon langage pictural a-t-il alors changé? Sans doute, j’utilise de plus en plus l’acrylique mais l’aquarelliste n’est jamais loin, le traitement s’en ressent. Le graveur non plus n’est pas loin. Tout de même j’ai eu à produire des images comme je n’avais pas l’habitude de le faire. J’ai adapté mon approche sans pour autant négliger ce que je cherchais déjà, simplifier, aller à l’essentiel en me dégageant d’un premier niveau de lecture.
Je pense à de hautes toiles que j’ai peintes comme des bannières inspirées d’une thématique un peu particulière, celle des temps liturgiques: le Carême, Pâques, la Pentecôte, l’Avent. À première vue elles sont abstraites, la couleur domine. Elle s’est comme imposée.
Pour une autre série de tableaux inspirés cette fois de la Passion du Christ et de sa Résurrection, j’ai cherché à réduire la représentation en ne retenant que des objets, une sensation ou un contraste lumineux. Dans une toile évoquant la dérision dont Jésus est victime, du rouge suggère la pourpre royale. J’y ai esquissé un roseau en guise de sceptre que j’ai recouvert de feuilles d’or pour en faire un véritable insigne monarchique en dérision des moqueurs. À la place d’épines pour tresser une couronne du fil barbelé avec ce qu’il peut évoquer de cruauté dont sont victimes ces femmes, ces hommes, ces enfants qu’on enferme dans des camps de réfugiés.
Pour rappeler la flagellation de Jésus, son corps meurtri et blessé s’est imposé pour se retrouver dans la facture même de la toile. Une large portion est de couleur chair. Je l’ai littéralement lacérée. Un jeux de bandes latérales rappelle des lanières tachées de sang. Je voulais que ce soit à la fois réaliste comme l’a été la matérialité des faits mais évoquée avec la sobriété du récit. D’ailleurs les récits de la Passion sont d’une retenue et d’une discrétion qui toujours m’impressionnent.
Pour aborder la Résurrection, me sont revenus en mémoire ces mots de l’ange: Vous le verrez en Galilée. Du noir esquisse l’ouverture du tombeau comme si on était encore à l’intérieur. Mais ce n’est pas en restant prostré dans le noir du tombeau que le Ressuscité se donne à voir, c’est en sortant vers la lumière. Pour le dire j’ai utilisé un jaune de cadmium éclatant. Il y a aussi au bas de la toile un aplat de vert tapissé de petites taches évoquant des fleurs. C’est la verte Galilée au climat agréable, au sol riche et aux ressources végétales abondantes. La riante Galilée! C’est là que Jésus Ressuscité donne rendez-vous. Là où il y a la vie, où il y a ceux qui croient à la vie et qui engagent le combat pour la sauver.
Magie des images baignées d’Écriture.
Les oeuvres de Jacques Houle décrites dans cet article seront prochainement exposées à la Basilique Notre-Dame-du-Cap, à Trois-Rivières, au Québec.
Vous êtes cordialement invité.e.s à visiter cette nouvelle exposition itinérante du RACEF intitulée : « Chemin de croix, chemin de vie ». Restez branchés sur le site du RACEF pour être informés des nouveaux lieux de diffusion de l’expo.
Dans ce nouveau parcours d’artiste, nous vous proposons un contenu unique, d’une part le survol du processus de création, comme dans les autres articles, mais aussi un regard complémentaire sur le contexte de création qui influence la nature de l’œuvre.
Pamela Chrabieh est une artiste visuelle libano-canadienne. Son parcours artistique, profondément marqué par les guerres au Liban, mêle iconographie traditionnelle revisitée et techniques contemporaines pour aborder des thèmes comme la mémoire de guerre, les droits des femmes et la construction de la paix. Pamela fait partie de ces rares artistes qui avec audace embrassent les explorations picturales de l’art contemporain sans renier leur héritage culturel chrétien.
Pamela nous présente deux œuvres qui s’inspirent directement du contexte vécu par l’artiste dans son pays. Elle témoigne :
« Dans un Liban pris dans l’étau d’une violence cyclique, où la douleur collective et individuelle s’entrelace avec la quête d’une identité partagée, ces illustrations transcendent leur portée spirituelle. Elles deviennent des miroirs d’une société brisée, aspirant à une résilience incarnée. Comme ces disciples unis par le souffle divin malgré leurs blessures, les illustrations sont un appel aux Libanais-es à se rassembler, à porter en eux-elles la douleur d’un passé tumultueux et l’espoir fragile mais brûlant d’un avenir différent. Ces flammes, comme autant de fragments d’une promesse, murmurent à un peuple épuisé que la lumière peut encore jaillir des décombres, que le cycle de la guerre peut être brisé, et que l’espérance n’est pas une illusion mais un acte de foi révolutionnaire. »
Les deux oeuvres suivantes de Pamela font partie de l’exposition itinérante « Chemin de croix, chemin de vie » du RACEF.
L’ardente attente
« L’ardente attente », une oeuvre de Pamela Chrabieh
Actes des Apôtres 1:13-14 Actes des Apôtres 2:1-3
Au Cénacle, l’attente prend feu dans le silence et la prière. Marie et les disciples, silhouettes stylisées et transcendées par une lumière intérieure, incarnent l’espoir ardent d’un monde renouvelé. Les flammes qui descendent ne sont pas seulement des langues de feu divin, mais des éclats de promesses tissées dans la foi et la persévérance. L’image devient un espace sacré où chaque visage raconte l’histoire d’une humanité en quête de sens, aspirant à une transformation profonde. Elle murmure à nos cœurs que dans les ténèbres les plus épaisses, une lumière, aussi infime soit-elle, peut briser l’emprise du désespoir. Cette scène invite à l’attente active, à un renouvellement personnel et collectif.
La promesse enflammée
« La promesse enflammée », une oeuvre de Pamela Chrabieh
Jean 20:21-22 Luc 24:49 Actes des Apôtres 1:8
Le Christ ressuscité, source de vie et de lumière, s’élève au centre, portant les stigmates du sacrifice et de la victoire sur la mort. Son geste d’envoi de l’Esprit s’étend comme une étreinte universelle, un souffle qui transcende le visible pour guérir les âmes blessées. Les visages des disciples, figés dans une extase iconographique, traduisent une joie mêlée d’émerveillement, une profonde reconnaissance du mystère qui transforme leur souffrance en mission. Les flammes qui descendent du ciel ne consument pas, elles transforment : elles incarnent le passage de la mort à la vie, de l’éclatement à l’unité. Cette scène est un rappel puissant que la foi ne se contente pas de contempler, mais agit, guérit et restaure.
Technique et/ou matériaux employés
Art iconographique hybride. Sketch préliminaire sur papier puis dessin numérique avec Procreate.
Style artistique
Le style artistique de ces illustrations peut être qualifié de néo-iconographique ou iconographie contemporaine abstraite. Il s’inspire des principes de l’art iconographique traditionnel (comme dans les icônes byzantines et syriaques), tout en les réinterprétant avec une approche moderniste et abstraite. Voici quelques caractéristiques qui définissent ce style :
Racines dans l’iconographie traditionnelle : Les figures sont stylisées, avec des traits simplifiés et une absence de réalisme naturaliste, reflétant les codes de l’iconographie sacrée.
Abstraction et géométrie : Les lignes, les formes et les motifs géométriques renforcent l’aspect contemporain tout en créant une profondeur symbolique.
Palette de couleurs audacieuse : Des tons chauds et vibrants (comme le doré, le rouge, et le bleu profond) rappellent les icônes anciennes, tout en adoptant des contrastes modernes pour attirer l’attention.
Symbolisme spirituel : Chaque élément visuel a une signification sacrée (flammes, lumière, halos), évoquant la transcendance et la connexion divine.
Éléments dynamiques : Contrairement aux icônes traditionnelles souvent statiques, ce style introduit un sens de mouvement et de fluidité, comme dans la descente de l’Esprit ou les rayons lumineux.
Au sujet de la création artistique dans un pays en guerre
Pamela Chrabieh est également écrivaine, elle témoigne en des mots éloquents de la réalité de la vie quotidienne au Liban :
On vit dans un pays où mourir en route vers quelque part, n’importe quel quelque part, est devenu une option banale du quotidien. Une sorte de clause non écrite du contrat social : « Serez-vous disponible pour mourir demain, entre le café et l’e-mail ? » Il suffit d’être au mauvais endroit. Mauvais timing. Mauvais trottoir. Mauvais voisin.
On continue à se répéter qu’on est une nation. Comme un mantra pour ne pas vomir. En réalité, on est une juxtaposition de territoires anxieux, isolés, surveillés ou oubliés. Le Sud ? Une ligne de front à géométrie variable, bonne à effacer. Trop loin pour déranger Beyrouth pendant l’happy hour. La Bekaa ? Un code postal aux contours nébuleux. Pratique pour les bouteilles, utile pour les bombes. Quant à la capitale, elle s’agite encore entre deux brunchs sponsorisés et trois notes vocales alarmistes, en espérant que les éclats ne franchiront pas le périphérique émotionnel.
Et l’armée ? Présente. Digne. Debout. Mais condamnée à rester dans les clous. Pas question d’avoir une armée armée – ça risquerait de déranger les équilibres sacrés.
Et pendant ce temps-là, le peuple… eh bien, il s’éparpille. Entre ceux qui défendent une résistance armée, ceux qui sont contre, et ceux qui veulent juste que leur série Netflix ne soit pas interrompue par une alerte rouge ou une coupure d’électricité. Il y a d’autres ‘ceux’ aussi.
Les fractures sont franches, franchies, effondrées. Communautaires, politiques, existentielles. Les lignes de faille des années 70 et 80 ne sont jamais parties. Elles dorment à peine, comme des bêtes sous la cendre. On sent le retour possible du cauchemar – affrontements civils, milices de quartier, barrages improvisés, regards soupçonneux. Tout est là. Juste sous la peau.
Et puis il y a cette impression collective étrange : comme si la nation tout entière était en périménopause. Les bouffées de chaleur, on les a. Les insomnies, l’irritabilité chronique, les hémorragies idéologiques, les contractions identitaires. On attend de vieillir un peu, d’atteindre ce stade supposé de sagesse… Mais ici, rien ne passe. Rien ne se stabilise. Le corps national refuse de vieillir avec grâce. Il s’accroche à ses hormones de guerre, à ses spasmes de division. On est bloqués entre deux âges. Pas encore capables d’assumer la transformation. Pas encore prêts à lâcher le sang.
Et au milieu de cette absurdité abyssale : l’art. Ce foutu miracle têtu. Pas un luxe. Pas une thérapie. Pas une promesse. Juste un acte de présence. Une manière de creuser du sens à mains nues dans un pays qui s’effondre en accéléré. Plusieurs artistes, ici, ne sont pas décoratifs. Ils tiennent debout dans la poussière. Ils ouvrent des espaces, contre toute logique. Ils organisent des expos avec trois projecteurs et dix-sept coupures de courant. Ils écrivent, peignent, chantent, sculptent des ruines en cris esthétiques. Ils savent que ça ne renverse rien. Mais ils savent aussi que sans ça, il ne resterait plus rien à sauver.
Est-ce que ça suffit ? Bien sûr que non. Mais qu’est-ce qui suffit, aujourd’hui ? Les conférences internationales ? Les condamnations molles ? Les appels au calme à minuit quand la ville explose à l’aube ? L’art n’est pas une solution, mais c’est une forme de désobéissance poétique. Une manière de dire : « Je ne me rends pas. Pas aujourd’hui. »
Alors voilà. On vit dans une colonie plurielle. Superposée. Entrelacée. Certains jours, sous tutelle régionale. D’autres, sous occupation mentale. Une souveraineté purement administrative, parfois folklorique. Une indépendance qui prend l’eau dès qu’on lui pose une question un peu sérieuse. On survit entre deux frappes, deux ministres en cavale, deux illusions carbonisées. On enseigne encore la géographie du pays à nos enfants, tout en leur apprenant à rêver ailleurs. Très vite. Très loin. En silence.
Peut-être qu’un jour, on deviendra un vrai pays. Avec une armée libre, un territoire qu’on n’efface pas sur les écrans tactiques, une justice qui ne demande pas la permission, un art qui ne soit pas une tentative désespérée de beauté dans un champ de ruines. Peut-être. Dans trois, quatre générations. Et encore, là, c’est l’optimisme qui parle. Si les drones, missiles, et kalashnikovs laissent quelque chose. Si le cynisme ne finit pas par tout étouffer.
Pamela Chrabieh est chercheuse, activiste, écrivaine, et cofondatrice et directrice de Kulturnest, un espace culturel basé au Liban. Avec de plus de 25 ans d’expérience pluridisciplinaire et internationale, elle a enseigné dans des universités au Canada, au Liban et aux Émirats arabes unis (2004-2021), mené des recherches académiques (2001-présent), et travaillé en direction artistique, communication créative et gestion de projets dans des domaines variés tels que l’éducation, les arts, la bioéthique et les dialogues interreligieux et interculturel. Docteure en sciences des religions et théologie (Université de Montréal, 2005) et d’un DESS en Arts plastiques-Restoration des icônes (ALBA, Université de Balamand) et titulaire d’un master et de nombreuses certifications, elle est aussi une artiste pluridisciplinaire ayant exposé dans plusieurs pays. Lauréate de nombreux prix, elle est également une activiste engagée pour la paix et la justice. Son art hybride reflète les intersections identitaires dans un contexte global, visant à rendre visible l’invisible et à tisser des récits culturels inclusifs.