Vivre les Évangiles de l’intérieur – Bartimée

Une illustration inspirée de photos d’une participante dans le rôle de l’aveugle Bartimée et d’un autre participant, Shane, qui encourage Bartimée, avec en arrière-plan un image tirée d’une représentation traditionnelle.

Cette fois-ci c’est nouvelle participante, de la région de Sherbrooke, qui a choisi de se mettre dans la peau d’un autre personnage des Évangiles : l’aveugle Bartimée. Elle a vécu de l’intérieur l’appel persistant de Bartimée envers Jésus. Elle témoigne à propos de cette expérience :

« En me mettant dans la peau de Bartimée, je ressens la pauvreté de l’humanité. Je suis rejetée par le monde, aveugle, pauvre, je n’ai rien. Mon seul espoir c’est Jésus. Je jette mon manteau, j’en ai plus besoin maintenant que j’ai Jésus. Maintenant je me demande ce que je peux laisser dans ma vie pour avoir plus de confiance en Jésus, mon seul espoir ».

Shane, qui de son côté incarne le personnage qui dit à Bartimée :  » Confiance, lève-toi; il t’appelle! », partage à son tour :

« Je suis émerveillé parce que je vais voir les miracles de Dieu en personne. Notre salut est là! »

Merci à Clarisse qui a animé la rencontre!

Choisissez un personnage rencontré par Jésus dans les Évangiles, et prenez un temps pour le vivre de l’intérieur en mimant son attitude vis à vis de Jésus. Demandez à une personne de prendre quelques photos. Faites-nous parvenir vos photos accompagnées de votre témoignage à propos de ce que vous avez vécu intérieurement lorsque vous vous êtes mis dans la peau du personnage.

Contact : alecoutedesevangiles@gmail.com

Pour en savoir plus sur l’activité pour « vivre les Évangiles de l’intérieur »! :
https://alecoutedesevangiles.art/2023/10/14/une-nouvelle-activite-pour-vivre-les-evangiles-de-linterieur/

Pour lire l’article à propos de la rencontre entre Jésus et Bartimée :
https://alecoutedesevangiles.art/2022/07/10/rencontres-avec-jesus-laveugle-bartimee/


Rencontres avec Jésus – Le sourd-muet

Illustration librement inspirée d’une icône russe

Une nouvelle invitation à rencontrer Jésus, au travers de la guérison du sourd-muet!

À L’ÉCART, UN SOURD QUI S’OUVRE : Marc 7, 31-37

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc – Chapitre 7

31 Jésus quitta le territoire de Tyr ; passant par Sidon, il prit la direction de la mer de Galilée et alla en plein territoire de la Décapole.

32 Des gens lui amènent un sourd qui avait aussi de la difficulté à parler et supplient Jésus de poser la main sur lui.

33 Jésus l’emmena à l’écart, loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et, avec sa salive, lui toucha la langue.

34 Puis, les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit : « Effata ! », c’est-à-dire : « Ouvre-toi ! »

35 Ses oreilles s’ouvrirent ; sa langue se délia, et il parlait correctement.

36 Alors Jésus leur ordonna de n’en rien dire à personne ; mais plus il leur donnait cet ordre, plus ceux-ci le proclamaient.

37 Extrêmement frappés, ils disaient : « Il a bien fait toutes choses : il fait entendre les sourds et parler les muets. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris


Commentaire de l’Évangile

Par Daniel Cadrin, o.p.

Dans les Évangiles, Jésus rencontre et guérit plusieurs personnes : des aveugles, des boiteux, des paralytiques, des lépreux, des muets. En Matthieu 15, 29-31, il est mentionné, en général, que Jésus guérit ces gens. En Mt 9, 32-34, il libère un muet qui se met à parler; en 12, 22, il guérit un aveugle-muet qui se met à parler et à voir. Mais qu’en est-il des sourds? En Mc 9, 17-29, Jésus libère un enfant possédé par un esprit sourd et muet; mais l’accent est mis sur la question de l’esprit impur. Finalement, c’est dans un récit propre à Marc (7, 31-37) que Jésus rencontre et guérit un sourd, qui parle difficilement. À la fin (v.37), les gens disent à propos de Jésus : « Il fait entendre les sourds et parler les muets ». Cela réfère à Isaïe (35, 4-6), annonçant le salut de Dieu qui vient.

Cette scène de guérison se passe à la frontière, en terre païenne (Sidon). Au centre du récit, se trouve la rencontre personnelle, à l’écart, entre Jésus et le sourd-muet. Comme il arrive fréquemment en Marc, plus que dans les autres évangiles, le contact physique de Jésus avec le corps des personnes en difficulté est souligné : il touche ses oreilles et sa langue, là où sont les blocages. Et voici que la communication est rendue possible, l’homme est délivré des liens qui le retenaient prisonnier en lui-même. Cette transformation lui permet, à l’époque, de redevenir pleinement membre de la communauté sociale et religieuse. Jésus accomplit un signe de libération, redonnant à quelqu’un sa dignité et sa place, transformant sa vie.

Cette guérison est pour Jésus un travail qui demande prière et effort. Il lève les yeux au ciel et il soupire, il gémit. Ce n’est pas un geste automatique et indifférent mais un engagement personnel, dans une rencontre intime avec l’autre. L’expression araméenne Ephphata, appelant à l’ouverture, est encore utilisée aujourd’hui dans la liturgie du baptême.

La recommandation finale, celle de la discrétion, se situe et se comprend à l’intérieur de l’ensemble de l’évangile de Marc, où l’identité messianique de Jésus est dévoilée progressivement. Jésus n’est pas seulement un guérisseur et il n’est pas une figure messianique de style royal. Le sommet de la révélation sera sur la croix. Pour éviter les ambiguïtés dans l’interprétation des signes, Marc invite à ne pas s’énerver trop vite et à poursuivre le parcours jusqu’au bout.

En Marc, ce récit est situé dans une section montrant le cheminement des disciples, qui ont de la difficulté à voir, à entendre et à témoigner. Les diverses guérisons disent la compassion de Jésus envers des personnes souffrantes mais aussi elles suggèrent les transformations auxquelles les disciples sont appelés. Devenir disciple de Jésus, c’est apprendre à écouter et à parler. Et cela se fait dans une rencontre personnelle avec Jésus le vivant, loin des foules.

Nous pouvons nous reconnaître dans ce sourd-muet et dans les disciples bloqués. Qu’est-ce qui nous empêche d’entendre les voix près de nous et au loin et de dire des paroles de vie? Qu’est qui bloque notre communication? À quelle ouverture Jésus nous appelle-t-il, par-delà nos surdités et nos mutismes, personnels et communautaires, familiaux et sociaux?

Peut-être avons-nous sur les oreilles des écouteurs qui ne répètent que nos propres mots et nous empêchent d’écouter les autres? Peut-être avons-nous sur la bouche un micro fermé où nous ne faisons que murmurer des sons inaudibles, ne parlant que de nous-mêmes? Ou peut-être simplement hésitons-nous à nous éloigner des foules pour entrer plus profondément en cet espace sacré où nous pourrions être touchés par celui qui fait entendre et parler.

Parfois, comme le sourd-muet, il faut nous laisser amener au Verbe de vie, par d’autres qui ont à cœur notre santé spirituelle. Il vaut la peine de leur faire confiance. Le Dieu vivant, que Jésus montre à l’œuvre, n’est pas un bureaucrate blasé ou un parent possessif. Il nous veut debout, capables de marcher et de voir, mais aussi d’entendre et de parler, dans la communauté humaine. Cela est réjouissant.

Comme le rappelait le pape François (Audience du 12 décembre 2023) : « Dans le baptême, le célébrant dit, en touchant les oreilles et les lèvres du baptisé : ‘Que le Seigneur Jésus, qui fait entendre les sourds et parler les muets, t’accorde d’entendre bientôt sa parole et de professer ta foi.’… Nous aussi, qui avons reçu l’effatà de l’Esprit dans le baptême, nous sommes appelés à nous ouvrir. »

Images

Les images de cette guérison ne sont pas surabondantes. Mais cet évangile est celui du 23e dimanche de l’Année B. Ainsi, dans les séries d’images qui couvrent le cycle de l’année liturgique, on peut le retrouver. Nous en verrons quelques unes dans celles présentées.

Par ailleurs, sur des sites où cet évangile est commenté, l’image associée au récit est parfois celle d’une autre guérison : un aveugle, un lépreux, un muet, etc. Il ne suffit pas que Jésus soit à l’écart avec un malade pour qu’il s’agisse de la guérison du sourd. Un autre critère est nécessaire : Jésus lui touche les oreilles et la langue.

Jésus voyage avec ses disciples; des gens amènent le sourd à Jésus; une foule est présente et réagit à la fin. Ces groupes peuvent être montrés, à proximité de l’évènement ou plus à distance. Dans certaines œuvres, on ne voit que Jésus et le sourd.

Jésus est montré dans son action guérissante, touchant le sourd. Celui-ci est habituellement un jeune homme. La scène se passe en territoire païen, vers la mer de Galilée, sans indication précise du lieu : ce contexte est rarement développé.

Voici quelques œuvres, du 9e au 21e siècle, de la Suisse à la Suisse.

  1. Meister von Müstair, fresque, c.830, Église de l’Abbaye Saint-Jean, Müstair, Suisse. L’église de ce monastère bénédictin, dans la vallée des Grisons, contient un ensemble de fresques bibliques, bien conservées, qui est unique pour l’époque carolingienne. Les deux disciples, à gauche, sont près de Jésus; à droite, une foule qui exprime son étonnement. Au centre, Jésus, nimbé et tourné vers nous, touche la langue du sourd-muet de sa main droite; sa main gauche tient le rouleau de la Parole. Le jeune homme, en mouvement, est penché vers Jésus.
  1. Mosaïque, 1315-1321, Église Saint-Sauveur-in-Chora, Istanbul, Turquie. Dans cette église de Constantinople, au nom ancien de Byzance, les nombreuses mosaïques montrent l’art byzantin à son sommet. Après la prise de la ville par l’Empire ottoman, qui en fait Istanbul, l’église devint une mosquée (1510) et les mosaïques furent recouvertes de chaux. En 1948, elle devint un musée et les mosaïques furent restaurées. En 2020, le Président Erdogan en a fait à nouveau une mosquée. Jésus et les deux disciples, Pierre et Jean, sont en mouvement, tournés vers le sourd, un jeune homme, avec sac et bâton, qui touche lui-même son oreille. Jésus, le Seigneur, bénit d’une main et tient dans l’autre le rouleau de la Parole.
  1. Miniature, 15e siècle, Codex Vindobonensis Palatinus 485,folio 86, Bibliothèque nationale autrichienne, Vienne, Autriche. Ce manuscrit, une vie illustrée de Jésus Christ, contient des extraits des Évangiles et des Actes, en langue tchèque, avec sous-titres en latin. Le style des miniatures est celui de la Bohème. Les disciples, nimbés et nombreux, sont proches de Jésus; Pierre tient précieusement en main un livre rouge, Jacques et Jean à ses côtés. La foule, nombreuse et chapeautée, accompagne le jeune sourd, qui a un bâton. Jésus, élégamment nimbé, touche son oreille et sa langue. Un arbre et quelques édifices sur un escarpement évoquent le lieu.
  1. Bartholomeus Breenbergh, 1635, Musée du Louvre, Paris, France. Ce peintre hollandais a travaillé à Rome, puis à Amsterdam. Il a abondamment peint les paysages italiens et les ruines antiques. Il y a beaucoup de monde dans ce tableau! Mais les gens à l’écart, à gauche, bien visibles, ne sont pas Jésus et le sourd mais une famille. Jésus, à droite, est entouré d’une foule et lève la tête vers le ciel; le sourd est agenouillé, avec son bâton par terre. D’autres figures de guérison sont présentes dans la scène : à l’avant un paralytique; près de Jésus, une femme aveugle et guidée. L’environnement est ici imposant et premier; c’est peu dire! Mais il est d’ailleurs : les ruines s’inspirent de celles de la Villa de Mécène, à Tivoli, près de Rome.
  1. Icône, 1908, Musée d’Art Radichtchev, Saratov, Russie. Cette icône a été commandée pour une école de sourds-muets; son iconographe est inconnu mais elle est datée. Saratov est une ville au sud-ouest de la Russie. En haut, se trouve le titre : La guérison du sourd-muet. En bas : de Marc chapitre 7 verset 31; les chiffres sont écrits en lettres cyrilliques. Le sourd est un jeune garçon; il tient une fleur dans la main droite, ce qui est singulier. Jésus, dont l’expression est plus douce que dans les Pantocrator habituels, a les yeux tournés vers le ciel et touche la langue et l’oreille du garçon. Les trois apôtres, Pierre, Jean et Jacques, sont derrière Jésus. En haut, à droite et à gauche, sont nichés deux saints dont les noms sont écrits mais qui restent à identifier.
  1. Steve Erspamer, 1993, Clip Art for the Year B, Liturgy Training Publications, Chicago, États-Unis. Cet artiste américain, qui a été un marianiste (s.m.) pendant trente années, est devenu bénédictin (o.s.b.) en 2005, à l’Abbaye de St. Meinrad en Indiana. Il y a pris le nom de frère Martin. Ses illustrations des évangiles, d’inspiration médiévale, couvrent tout le cycle liturgique des trois années. Jésus et le sourd sont seuls. Les deux sont pieds-nus. L’homme est agenouillé et plus âgé que les sourds habituels. Mais la guérison de sa surdité ne fera pas nécessairement repousser ses cheveux!
  1. Cerezo Barredo, 1999, site missale.net. Ce claretain (c.m.f.) espagnol a vécu dans plusieurs pays d’Amérique latine. Son oeuvre met en relief le peuple, ses espoirs et ses luttes. Il a été surnommé le peintre de la libération. Il a illustré tous les dimanches du cycle liturgique. La foule est présente, à gauche, au bord du lac, dans un paysage de montagnes. Jésus est à l’écart de la foule, avec le jeune homme sourd, dont il touche la langue et l’oreille.
  1. Elisabeth Wang, c.2000, site radiantlight.org.uk, Angleterre. Cette artiste britannique s’est convertie au catholicisme en 1968, quand elle était jeune adulte. Elle est décédée en 2016. Ses scènes bibliques ont des couleurs vives et des lignes simples. Ici, on ne voit que les deux figures de Jésus et du sourd, allongées et vêtues de tuniques. Aucun autre élément n’est ajouté. Jésus touche la langue et l’oreille, dans l’harmonie des couleurs.
  1. Richard Caemmerer, 21e siècle, site grunewaldguild.com, Leavenworth, État de Washington, États-Unis. En 1980, avec son épouse Liz, cet artiste et professeur en art, décédé en 2016, a fondé le Grünewald Guild. Ce centre, situé en campagne, offre des activités (ateliers, retraites, formations, …) portant sur les relations entre l’art, la foi et la communauté. On voit ici deux visages, expressifs, au regard intense, avec ombres et lumières; et les mains fortes de Jésus qui ressortent.
  1. Robert Theodore Barrett, 21e siècle, site achristianpilgrimage.wordpress.com, États-Unis. Cet artiste américain a illustré plusieurs livres religieux. Il est membre de l’Église de Jésus-Christ des Saints-des-Derniers-Jours (Mormons). Père de dix enfants, il a enseigné les arts à l’Université Brigham Young du Utah. La scène est située dans un cadre de route; le lac est proche. Jésus touche la langue et l’oreille du sourd, un homme adulte, qui le regarde. Les deux sont vêtus avec les mêmes couleurs.
  1. Ganesh Kelagina Shenoy, c.2015, site artist-ganesh-shenoy.tumblr.com, États-Unis. Cet artiste originaire de Mangalore, dans l’Inde du Sud, réside au Qatar. Il est membre de la Société théosophique. Son style s’inspire de l’expressionisme et des mosaïques. Le sourd, agenouillé, est vu de dos. Jésus, nimbé, lui touche les oreilles. Là aussi, les deux figures portent les mêmes couleurs.
  1. Berna, 2019, site évangile-et-peinture.org, Suisse. Les œuvres de Bernadette Lopez couvrent tous les dimanches du cycle liturgique, avec un grand sens des couleurs. Elle apparaît fréquemment dans cette chronique. On ne voit que le sourd, aux yeux grand-ouverts, et les mains de Jésus, vêtu de bleu. Celui qui va entendre et parler est un homme âgé, comme l’indiquent sa barbe et ses cheveux, dont le blanc s’allie à celui des ongles de Jésus. À tout âge, l’ouverture, l’effatà, est possible …

Daniel Cadrin, o.p.


​Dessin à tracer et à colorier

Ci-dessous un dessin simplifié à tracer et à colorier, librement inspiré d’une ancienne icône russe.

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Rencontres avec Jésus – Sur les bords de la mer de Tibériade

AU BORD DU LAC, LE GROUPE DES SEPT : Jean 21, 1-19

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean – Chapitre 21

01 Après cela, Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment.

02 Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre, avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), Nathanaël, de Cana de Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples.

03 Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, cette nuit-là, ils ne prirent rien.

04 Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui.

05 Jésus leur dit : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? » Ils lui répondirent : « Non. »

06 Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons.

07 Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau.

08 Les autres disciples arrivèrent en barque, traînant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres.

09 Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain.

10 Jésus leur dit : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. »

11 Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré.

12 Jésus leur dit alors : « Venez manger. » Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur.

13 Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson.

14 C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples.

15 Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. »

16 Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. »

17 Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis.

18 Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. »

19 Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Sur ces mots, il lui dit : « Suis-moi. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris


Commentaire de l’Évangile

Par Daniel Cadrin, o.p.

Les Douze accompagnent Jésus dans son ministère et y collaborent. Mais, à la toute fin de l’Évangile de Jean, nous avons une rencontre de Jésus avec les Sept. Voici un long récit, autour d’une histoire de pêche. Il commence en mer (dans la Bible, un lieu de danger), la nuit, avec une pêche qui échoue : la mer, la nuit, l’échec. Il nous montre des visages précis (Pierre, Nathanaël, …), qui forment un groupe de sept : des pêcheurs au travail, qui ont des liens entre eux et partagent une histoire commune. Et puis vient le matin, par-delà la nuit, et un inconnu est présent sur le rivage. A son appel à jeter le filet, le groupe tente un nouvel essai de pêche; cette fois-ci, c’est la surabondance de poissons, et le filet résiste.

Mais cela ne s’arrête pas là : il y a un feu sur la grève, avec du poisson et du pain. L’inconnu est reconnu : c’est le Seigneur ressuscité qui prépare le repas pour ses amis. Ce repas est suivi d’un dialogue entre Jésus et Pierre sur l’amour et la responsabilité du pasteur. Puis il est question d’un abandon à accepter et du don de soi jusqu’au bout. Enfin, une finale, claire, qui dit tout : suis-moi.

Voici un récit long et vif, chargé d’allusions et de symboles (mer, barque, pêche, pain, repas, ceinture) qui vient en appendice à la fin de l’évangile de Jean. Une fin qui est un commencement. Un récit de transition, entre le départ de Jésus et la mission des disciples. Il est significatif qu’ils soient retournés à leur ancien métier, en Galilée, là où l’aventure avait commencé, quand Jésus était venu les appeler à le suivre, en plein milieu de leur travail de pêcheur. Ils sont retournés en arrière, s’imaginant peut-être que l’affaire Jésus, cela ne les concernait plus. Mais Jésus va les chercher à nouveau, les ré-appeler, en plein coeur de leur vie. C’est un nouveau commencement, pour une mission universelle (153 poissons).

Il y a aussi allusion au passé récent, à la triple trahison de Pierre : m’aimes-tu, répété trois fois. Mais du triple reniement, on passe à une responsabilité : Pierre est chargé de mission, pour les petits (agneaux) et les grands (brebis) qui ne sont pas à lui mais au Christ (mes). Il y a du nouveau dans la vie de ces disciples. Le Jésus inconnu sur la rive, qui les attend, c’est plus que Jésus l’homme de Nazareth : c’est l’Emmanuel, le Seigneur avec nous tous les jours, qui nous devance et continue de nous appeler. Suis-moi : cette fois-ci, on va aller plus loin encore, et ce ne sera pas facile. Tu ne pourras plus contrôler ta vie comme avant, un autre te ceindra. Expérience d’abandon et de confiance, qui s‘apprend tout au long d’une vie; apprendre à s’en remettre à d’autres que soi et à un Autre.

Et nous dans tout cela? Comme dans tous les récits des évangiles, nous sommes là, quelque part. Comme les Sept, nous retournons parfois en arrière, car ce que nous avons essayé (engagement, couple, travail, projet …) n’a pas abouti. On retourne alors à ce qu’on savait déjà, laissant les rêves de changements, de vie nouvelle. Vaut-il la peine de poursuivre l’aventure avec Jésus, avec les autres? Mais même dans nos retours en arrière, le Seigneur vient nous chercher, nous appeler à reprendre route, à reprendre vie.

C’est nous aussi qui apercevons cet inconnu sur nos rivages. Pour le reconnaître, ce n’est pas évident. Nos yeux de disciple bien-aimé doivent s’ouvrir, être attentifs aux signes offerts, qui peuvent venir d’un proche, d’une jeune, d’un aîné, d’une parole, d’une prière. C’est nous aussi que Jésus appelle en communauté, ce groupe de sept, qui ont partagé une histoire, qui croyaient que l’heure de la retraite était venue, mais qui reçoivent une nouvelle mission.

C’est nous aussi dans cette histoire de Pierre, avec nos reniements, nos distances, devant la croix de Jésus. Et qui nous faisons dire que le service du berger, le soin des autres, c’est plus qu’une tâche. Cela suppose un lien personnel au Christ vivant, un amour qui nous habite et nous rende capables de nous donner et de nous abandonner, parce que c’est une histoire d’amour et d’amitié.

Ainsi, dans ce récit, nous nous retrouvons en barque et sur le rivage, avec les Sept et avec Jésus, au repas et au dialogue; pour entendre l’appel final à suivre Jésus. Dans tout cela, où suis-je, où en suis-je? Et quelle nouvelle mission m’attend?

Images

Ce récit a suscité des œuvres, ici et là, au long de l’histoire de l’art chrétien, mais rien de comparable à la chronique précédente (entrée de Jésus à Jérusalem). Par ailleurs, on trouve plusieurs images autour des diverses histoires de pêche et/ou de barque dans les Évangiles: l’appel des premiers disciples (Mc 1, 16-20), l’appel de Pierre (Lc 5, 1-11), la tempête apaisée (Mc 4, 35-41), la marche sur les eaux (Mt 14, 22-33). Et parfois, ils sont combinés, emmêlés, dans certaines œuvres, pour indiquer des liens, ou par confusion.

Des éléments sont communs à plusieurs récits: le lac, la barque, les poissons, les filets, Pierre dans l’eau, la présence de Jésus. Mais, visuellement, pour Jean 21, trois sont spécifiques : les Sept disciples, Jésus sur la grève avec le feu, l’aparté entre Jésus et Pierre. Ce qui rejoint les trois moments du récit: les Sept en barque sur la mer de Tibériade, pour la pêche; les Sept avec Jésus sur le rivage, pour un repas autour du feu; Pierre et Jésus à l’écart pour un dialogue. Les œuvres peuvent se centrer sur l’un de ces moments ou intégrer des éléments des trois.

Sept figures de disciples s’y trouvent, en action ou assis, mais deux ressortent : Pierre le leader et le disciple bien-aimé. Divers visages de Jésus sont présents : aperçu de loin, reconnu, actif au repas, en conversation. Et cela dans un environnement naturel qui est intéressant : la mer, le rivage, les paysages au proche et au loin. Autour de la barque et du repas, des gestes sont accomplis et des objets sont utilisés. Ces divers matériaux peuvent être plus ou moins développés, selon la composition et le style de l’œuvre.

Dans les œuvres qui suivent, entre Sienne et Singapore, on retrouve certains habitués de cette chronique (Duccio, Tissot, Hole), mais aussi des nouveaux venus. Mais il n’y a pas d’oeuvre du Groupe des Sept, ce groupe d’artistes canadiens formé à Toronto en 1920, célèbre pour ses paysages. Ils ont peint des lacs et rivages mais pas de scènes religieuses, sauf à l’Église anglicane St. Anne de Toronto en 1924 : J.E.H. MacDonald (Transfiguration, Tempête apaisée, Crucifixion), Franklin Carmichael (Adoration des Mages, Entrée à Jérusalem), et Frederick Varley (Nativité, Prophètes).

  1. Duccio di Buoninsegna, 1308-1311, Museo dell’Opera del Duomo, Sienne, Italie. Cette scène fait partie d’un panneau arrière du fameux retable Maestà, grande œuvre du peintre siennois, alliant l’art nouveau de Cimabue et Giotto à la tradition byzantine. Nous voyons bien les Sept. Pierre se jette à la mer (v.7). Le filet est tout à fait rempli de poissons et trois disciples le tirent. Le bien-aimé est probablement celui au centre, main levée. Jésus les attend sur le rivage, main levée vers ses disciples. Il est solennel, dans son vêtement rouge et bleu, aux lignes dorées, comme à la Transfiguration. Ses mains portent la marque des clous. C’est vraiment le Seigneur!
  1. Konrad Witz, 1444, Musée d’Histoire de l’art, Genève, Suisse. Ce peintre d’origine allemande (Souabe) s’est installé à Bâle en 1431. Cette œuvre a été faite un an avant sa mort. Son art est à la frontière du gothique et de la Renaissance. Ce panneau faisait partie d’un retable pour la cathédrale de Genève. Il intègre plusieurs scènes évangéliques de pêche. Mais il y a sept disciples et Pierre se jette à l’eau, devant Jésus près du rivage. Le filet toutefois ne semble pas encore contenir les 153 gros poissons! À noter : le paysage est très précis, ce qui est innovateur dans l’art de l’époque : il s’agit du Lac Léman, du Mont-Blanc à l’arrière, des monts Le Môle et Petit Salève, de quartiers particuliers de Genève à droite. L’Évangile se passe ici et maintenant.
  1. Miniature, c.1480-1490, Vita Christi, vol. 1, folio 134v, University of Glasgow Library, Écosse. Ce manuscrit, en quatre volumes, a été écrit par Ludolphe de Saxe, en 1324-1328, quand il était dominicain; par la suite, il est devenu Chartreux. Il comprend les Évangiles, les Actes, des textes de Pères de l’Église. Il a été très populaire et traduit en plusieurs langues; il a influencé Ignace de Loyola. Cette miniature est attribuée à Jacques de Besançon. Les 140 miniatures sont réputées pour leur finesse et leurs couleurs. Pierre et Jean, à l’avant, portent le filet. Jésus sur le rivage est majestueux.
  1. Jacopo Siculo, fresque, c.1535, chapelle de l’Assomption, Cathédrale Santa Maria Assunta, Spoleto, Italie. Cet artiste sicilien a travaillé en Ombrie. Il a fait plusieurs fresques dans cette chapelle. Nous retrouvons ici les éléments familiers : les sept disciples, le filet tiré, Pierre dans l’eau, Jésus sur le rivage qui bénit, un paysage au loin.
  1. James Tissot, c.1886-1894, Brooklyn Museum, États-Unis. Cet artiste français, ayant vécu en Terre Sainte, a porté attention aux lieux bibliques. Nous avons ici les trois moments du récit : les sept disciples qui ramènent la barque remplie de poissons et Jésus qui les attend; le cercle des disciples avec Jésus, autour du feu, pour le repas de pain et de poissons; l’entretien de Jésus avec Pierre. Le tout dans le même paysage, avec montagnes, au bord du Lac de Tibériade.
  1. William Hole, 1906, The Life of Jesus of Nazareth: eighty pictures, Eyre & Spottiswoode, London. Comme Tissot, ce peintre écossais a vécu en Terre Sainte et a illustré la Bible. Le point de vue ici est original. C’est celui depuis la barque des disciples, qui s’avance vers le rivage. On y voit les montagnes et Jésus le ressuscité, vêtu de blanc, qui fait signe. Un feu est derrière lui.
  1. David Lindsley, 21e siècle, Lovest Thou Me More Than These?, site churchofjesuschrist.org, États-Unis. Ce peintre et illustrateur, originaire de Californie, est membre de l’Église de Jésus-Christ des Saints-des-Derniers-Jours (Mormons). On voit ici l’échange, à l’écart, entre Jésus et Pierre; Jésus le prend par l’épaule. Pierre est attentif et réfléchit. On voit aussi la marque des clous sur la main et le pied de Jésus. Les nombreux poissons sont là, et la barque. Deux disciples, assis par terre, ne sont pas loin; l’un d’eux est intéressé à cette conversation, probablement le bien-aimé (21,20).
  1. Kate Cosgrove, Breakfast on the Beach, 21e siècle, site brethren.org, États-Unis. Cette jeune et réputée illustratrice de livres d’enfants réside au Canada. L’image est sur un site mennonite. Nous voyons seulement quatre disciples, mais dans la barque avec les poissons. Et surtout, Jésus est sur le rivage, avec feu et poisson, ce qui est propre à Jean 21. Les couleurs sont vives et l’œuvre joyeusement expressive.
  1. Icone maronite, site interruptingthesilence.com, États-Unis. Cette icone se trouve dans les archives de l’Archéparchie des Maronites de Chypre, à Nicosie. Plusieurs scènes sont présentées et Pierre y apparaît trois fois : le groupe des Sept dans la barque, avec le filet qui se remplit de poissons; Jésus sur le rivage avec le feu et le repas de pains et poissons; Pierre dans l’eau, référant à un autre récit; Pierre, clés en main, devant Jésus qui lui confie des responsabilités. Jésus, nimbé et tenant en main le rouleau de la Parole, est le Seigneur crucifié (marques des clous) et ressuscité. L’icône est image et enseignement.
  1. Joseph McNally, cuivre et bronze, 2001, The Breaking of Bread, Lough Carra, Comté de Mayo, Irlande. Ce peintre et sculpteur irlandais, frère des Écoles chrétiennes, a enseigné les arts en Malaysie et à Singapore. Il est mort en 2002. Cette sculpture, de grandeur nature, est au bord d’un lac (Lough ou Loch en irlandais) dans le comté d’où venait McNally. Jésus rompt le pain, une miche irlandaise traditionnelle. Le feu est allumé, avec les poissons. Voici une œuvre dépouillée et éloquente.
  1. Mike Moyers, Breakfast at Dawn, site illuminationsbymike.blogspot.com, 21e siècle, États-Unis. Pour cet artiste catholique du Tennessee, l’art fait partie de sa quête spirituelle et de son engagement chrétien. Cette peinture lui a été commandée par un mécène de Singapore. « Dans ce tableau, écrit-il, j’ai essayé d’imaginer ce beau repas du matin … Le frère soleil se lève sur l’horizon du monde, illuminant la mer d’une lumière dansante. Les reflets s’amplifient jusqu’au rivage où l’on aperçoit le bateau abandonné et un cercle de fraternité. En regardant de près, on peut voir une communion de grâce. »
  1. Pat Marrin, Stranger on The Shore, 2022; Do You Love Me?, 2023; site ncronline.org, États-Unis. Cet illustrateur a travaillé au National Catholic Reporter et en d’autres publications. Ses caricatures sur le pape François sont bien connues. Ces deux dessins, faits au crayon, sont dans sa chronique Pencil Preaching, qui commente les Évangiles. Dans celui du haut, les Sept et leur barque avancent vers Jésus, debout sur le rivage, qui a préparé le feu. Dans l’autre, Jésus et Pierre, assis sur une bûche, près du feu, sont en pleine conversation. On a envie de les rejoindre …

Daniel Cadrin, o.p.


Dessin à tracer et à colorier

Une tracé inspiré de peintures traditionnelles

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Vivre les Évangiles de l’intérieur – Zachée

Une illustration inspirée d’une photo de Josiane dans le rôle du Zachée et de Mathieu incarnant un récriminant de la foule, avec en arrière-plan un image tirée d’une représentation traditionnelle.

Cette fois-ci c’est Josiane, de Sherbrooke, qui a choisi de se mettre dans la peau de Zachée. Elle a vécu de l’intérieur l’empressement de Zachée face à l’appel de Jésus. Josiane (qui porte toujours un masque en public parce qu’elle a une santé fragile) témoigne à propos de cette expérience :

« Je suis contente qu’il y ait quelqu’un qui se soucie de moi malgré ce que j’ai fait. Je suis repentante de tout le mal que j’ai fait. Comme Zachée, je suis de petite taille. Quand on est de petite taille, on est rejeté, c’est ce que j’ai souvent vécu. Le fait que Jésus me parle et s’intéresse à moi, c’est très valorisant, je suis soulagée!. »

Josiane

Mathieu, qui de son côté incarne un des personnages qui assiste à la scène, partage à son tour :

 » En me mettant dans la peau des récriminants de la foule, ce que je ressentais c’était de la jalousie et de l’envie. Je me suis reconnue dans un examen que j’ai passé et où d’autres ont eu une meilleure note que la mienne. Je trouvais que c’était frustrant. Ça m’a fait réfléchir à rendre grâce au Seigneur pour ce que j’avais déjà. J’ai réussi aussi. Dieu est bon pour tous! « 

Mathieu

Merci à Clarisse qui a animé la rencontre!

Choisissez un personnage rencontré par Jésus dans les Évangiles, et prenez un temps pour le vivre de l’intérieur en mimant son attitude vis à vis de Jésus. Demandez à une personne de prendre quelques photos. Faites-nous parvenir vos photos accompagnées de votre témoignage à propos de ce que vous avez vécu intérieurement lorsque vous vous êtes mis dans la peau du personnage.

Contact : alecoutedesevangiles@gmail.com

Pour en savoir plus sur l’activité pour « vivre les Évangiles de l’intérieur »! :
https://alecoutedesevangiles.art/2023/10/14/une-nouvelle-activite-pour-vivre-les-evangiles-de-linterieur/

Pour lire l’article à propos de la rencontre entre Jésus et Zachée :
https://alecoutedesevangiles.art/2022/09/12/rencontres-avec-jesus-zachee/