Aimez-vous les uns les autres

aimez-vous-comme

Illustration inspirée d’une œuvre du peintre italien Duccio di Buoninsegna

Évangile selon Saint-Jean, chapitre 13, de 33 à 38

Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me chercherez, et comme j’ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez venir”, je vous le dis maintenant à vous aussi.
Je vous donne un commandement nouveau : vous aimez les uns les autres; comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres.
À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »
Simon-Pierre lui dit : « 
Seigneur, où vas-tu? » Jésus lui répondit : « Là où je vais, tu ne peux me suivre maintenant; mais tu me suivras plus tard. »
Pierre lui dit : « Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre à présent? Je donnerai ma vie pour toi! »
Jésus répond : « Tu donneras ta vie pour moi? En vérité, en vérité, je te le dis, le coq ne chantera pas que tu ne m’aies renié trois fois. »

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Commentaires

Pierre dit à Jésus: « Je donnerai ma vie pour toi. » Jean 13, 37
Et ailleurs, Jésus dit: « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie. » Or, donner sa vie, si c’était d’aimer avec tendresse la personne avec qui je vis, ou celle qui se sent moins aimée!  Faire le premier pas. Dire le premier mot.

Fernande

 » Vous aimez les uns les autres «  Aimer comme Lui c’est impassable pour moi, j’ai beau essayer, un peu comme Pierre à voulu lui démontrer, mais moi aussi non seulement le coq, mais toute la basse cour se met à chanter. Alors Seigneur tu vois bien la petitesse de mon amour. Aimer en toute liberté…. il n’y a que Toi.  Jésus, le souvenir de ta passion est à ma porte, tous les textes vont me démontrer la grandeur de ton amour, du pardon, si tu le veux bien, jette un regard de compassion sur mon » je t’aime Seigneur Jésus  » en regard de certaines  personnes de mon entourage, dont j’ai de la difficulté à regarder. Comme dit la chanson  « qu’il est difficile d’aimer, qu’il est difficile d’aimer…

Mariette

« Je vous donne un commandement nouveau : vous aimez les uns les autres; comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » C’est tout un programme, le défi d’une vie! Qui m’apparaît tellement irréalisable! Ton Amour, Seigneur, est si grand, si inconditionnel et renversant! Jamais intrusif, jaloux, ou contrôlant, il est doux, tendre, accueillant. Merci Seigneur de me donner de m’offrir à toi à chaque instant comme ton instrument. Je suis incapable d’aimer comme tu nous aimes. Je veux t’offrir mon cœur pour que ton Amour puisse l’habiter et passer par moi et envelopper chaque personne qui croise ma route!

Solane

« Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. »
Une seule phrase, à peine plus d’une dizaine de mots. Aisé à retenir, léger, peu encombrant, facile à emporter avec soi en toutes circonstances et lieux.
Et pourtant, si difficile à véritablement incarner, à pratiquer, à actualiser. Encore, s’il s’agissait de s’aimer les uns les autres à notre manière, selon notre définition du verbe aimer, de cet amour préférentiel et sélectif, peut-être que ce serait un peu plus envisageable. Bien que l’âme de l’être humain se montre rarement fidèle à l’usage. …Mais aimer à la manière dont il nous a aimés, impossible! Ou du moins impossible à l’homme moulé dans l’égarement du péché. Cette conversion de tout mon être n’est réalisable que par Dieu, en ayant la foi que celui-ci m’aime déjà de cet amour disproportionné, parce que là aussi, je sais que je ne pourrais jamais aimer Dieu comme lui, Jésus, l’a aimé.

Nénuphar

Voilà de nouveau Pierre, celui auquel échoit le rôle de dévoiler les faiblesses de l’homme. Toute son ardeur se réveille, neuve, lorsque Jésus annonce que là où il va, Pierre ne peut le suivre maintenant : Il s’élance : « Je donnerai ma vie pour toi! » et il entend cette atterrante réponse : « Tu donneras ta vie pour moi ? en vérité, en vérité, je te le dis, le coq ne chantera pas que tu ne m’aies renié trois fois. » C’est seulement dans la détresse, engendrée par l’accomplissement de cette prophétie, que Pierre puisera l’attachement indéfectible qui le mènera sur les pas de Jésus, sans remise en cause. Le commandement nouveau sera accompli et proclamé à travers lui, sans relâche, aussi loin que possible.

Prions pour que nous soit aussi révélé tout ce qui fait obstacle à la circulation de l’amour intarissable de notre Père. Mises au grand jour, nos lâchetés, nos jalousies, nos mesquineries, nos indignations, nos prétentions, nos vanités ne peuvent survivre. Le regard de l’amour lave et guérit toute chose de que ce qui ne lui appartient pas de toute éternité.

Pierrette

Jésus est venu révéler l’Amour du Père et sceller une nouvelle alliance avec le peuple Dieu. Il est venu nous ramener à la Source de Vie. Il est venu nous faire passer de la mort à la vie, de l’emprise de la loi à l’emprise de l’Esprit et donner la Vie en abondance. Voyant son heure arrivée, Jésus passa le flambeau à ses disciples en ayant soin de leur donner un commandement nouveau: « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » C’est un mot d’ordre très simple qui nous demande d’être toujours  branché à la Source pour bien mener la mission qu’il nous a confiée. Pour marcher à la suite  de Jésus, il nous faut nous aimer les uns les autres comme Lui nous a aimés, d’un amour plein de bonté et de miséricorde. L’amour que Jésus nous recommande est un amour divin. Un amour qui prend sa source qu’en Lui, en Dieu seul afin de donner la vie en abondance et de  ramener au bercail les brebis perdues. Les disciples du Christ seront visibles et attirant dans le monde que si nous mettons en pratique le commandement de l’amour et si nous devenons Celui que nous contemplons.

Karine

Nul ne peut aller là où Jésus va… s’Il ne nous prépare le chemin.

Nous ne pouvons pas le suivre de nous-même, comme nous ne pouvons pas nous aimer les uns les autre par nous-mêmes… sans être en communion intime avec Lui, l’Amour Incarné. Et comme l’a expérimenté Pierre, nul ne peut de lui-même lui donner sa vie dans l’assurance de sa volonté individuelle.

Le chant du réveil nous révèle providentiellement notre naturel humain qui, par réflexe de survie, se soumet à la dictature de monde aussitôt perdu le lien vivant avec notre véritable Seigneur.

Michaël

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140316-AimezVous

Seigneur, qui est-ce?

 derniere-ceneIllustration inspirée d’une œuvre du peintre italien Duccio di Buoninsegna

Évangile selon Saint-Jean, chapitre 13, de 20 à 31

En vérité, en vérité, je vous le dis, qui accueille celui que j’envoie m’accueille; et qui m’accueille, accueille celui qui m’a envoyé. »
Ayant ainsi parlé, Jésus fut troublé en son esprit et il attesta : « En vérité, en vérité, je vous le dis, l’un de vous me livrera. »
Les disciples se regardaient les uns les autres, ne sachant de qui il parlait.
Or, l’un d’eux était appuyé tout contre Jésus; c’était celui que Jésus aimait.
Simon-Pierre lui fait signe pour lui dire : « Qui est celui dont il parle? »
Le disciple, s’étant penché sur la poitrine de Jésus, lui dit : « Seigneur, qui est-ce? »
Jésus répondit : « C’est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper. » Et, ayant trempé la bouchée, il la donna à Judas Iscariote, fils de Simon.
Aussitôt que Judas l’eut pris, Satan entra en lui. Jésus lui dit alors : « Ce que tu fais, fais le vite. »
Aucun de ceux qui étaient à table ne comprit pourquoi il lui disait cela.
Comme Judas tenait la bourse, certains pensaient que Jésus voulait lui dire : « Achète ce qu’il faut pour la fête », ou : « Donne quelque chose aux pauvres. »
Judas, ayant pris la bouchée, se hâta de sortir.
Il faisait nuit.
Lorsque Judas fut sorti, Jésus dit : « Maintenant le Fils de l’homme a été glorifié, et Dieu a été glorifié en lui.

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Commentaires

Comme Judas tenait la bourse, plusieurs pensaient  que Jésus voulait lui dire:  « Achète ce qu’il nous faut pour la fête », ou qu’il lui commandait de donner quelque chose aux pauvres. Jean 13, 29. Un double appel: acheter ce qu’il faut pour la fête ou donner quelque chose aux pauvres.   Dans l’esprit de Jésus, le visage du prochain a deux traits: les siens et les pauvres.
Seigneur, aide-moi à être attentive aux deux.

Fernande

 » Jésus fut troublé en son esprit  »
À  la présence de Judas, la douleur de la trahison venait de s’emparer de Jésus. Un sentiment qui détruit l’être dans son entièreté. Le cœur peut-il aller au delà de ce geste?
Jésus, je connais ta compassion pour l’être humain et ça me rassure. Mais pour moi je doute  de ma capacité à un tel geste. Seigneur se pourrait-il qu’à l’occasion je te trahisse par des actes ou paroles. Alors prends pitié de cette pauvreté et accorde moi la grâce du pardon. Le temps du carême me prépare à déceler les petits judas qui se présentent à ma table en me faisant miroiter le pouvoir de l’argent. La semaine de la passion de Jésus est un temps  désigné pour reconnaitre ce geste ultime de son amour pour moi…

Mariette

« Seigneur, qui est-ce? »
Jésus répondit : « C’est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper. » Et, ayant trempé la bouchée, il la donna à Judas Iscariote, fils de Simon.
Ce passage qui me touche est, pour moi, encore une fois la preuve que non seulement on contrôle, mais qu’on est à l’origine de bien peu de choses. Il est si facile d’identifier Judas comme étant LE mauvais, le méchant, le coupable, celui à cause de qui notre Seigneur a pu être mis à mort.

Or voici que cet extrait d’évangile nous rappelle que c’est suite à ce que Jésus lui ait donné le bout de pain trempé dans le vin que Judas fut investi de sa mission. Pour que puisse se révéler la gloire de Dieu.

Judas, oui, je peux le voir comme le méchant. Je peux aussi le voir comme la marionnette qui pourra permettre l’accomplissement du dessein de Dieu. Au-delà des apparences. Et de voir qu’au bout des ténèbres, notre Seigneur vainc la mort. C’est le fait de ne pas y croire qui a conduit Judas à sa perte.

Et c’est drôle de voir comment les manques de foi dans la grandeur de l’amour et de la miséricorde de notre Seigneur pour nous, me conduisent aussi vers les ténèbres, dont il m’est impossible de sortir seul.

Merci Seigneur de me donner de pouvoir toujours aimer mon prochain, au-delà des apparences. Merci aussi de permettre de toujours me tourner vers toi et me plonger dans ta miséricorde, chaque fois que je voudrais m’attribuer le blâme pour tous les maux de l’humanité, ou simplement me considérer comme le pire monstre sur Terre. Je veux aussi participer, contribuer à l’avènement de ton règne. Comme bon te semblera. Merci de me donner d’être pleinement ton instrument, au-delà des apparences extérieures.

Solane

  » Qui accueille celui que j’envoie m’accueille; et qui m’accueille, accueille celui qui m’a envoyé « , et « je vous le dis, l’un de vous me livrera », telles sont les deux paroles qui sèment le trouble parmi les disciples et qui annoncent l’accomplissement de l’Écriture.
En quelques instants, au moment choisi par lui, Jésus donne l’ordre que le sacrifice de sa vie soit accompli. Il connaissait Judas depuis toujours mais il n’avait pas permis à Satan de prendre possession de lui. Or ce jour là, Satan entre en Judas « avec » la bouchée qui, donnée par Jésus, le désigne comme « Celui qui mange mon pain a levé son talon contre moi ».

Aussitôt, « Ce que tu fais, fais-le vite » est l’ordre donné à Satan, « envoyé » par Jésus en Judas, et c’est envahi par les ténèbres que Judas, soumis à Satan, va ouvrir le chemin à la Passion de Jésus. En « accueillant » en lui Satan des mains de Jésus, Judas perd sa liberté mais connaîtra la souffrance, la perte de toute espérance, lorsque ayant dénoncé Jésus, Satan se retirera. La vérité révélée lui sera insupportable. Il y a dans ce récit un terrible avertissement. L’hypocrisie ne trompe pas le Père, ni le Fils.

Pierrette

Le psaume (138/139) le dit si bien : « Tu me scrutes, Seigneur, et tu sais! Tu sais quand je m’assois, quand je me lève; de très loin, tu pénètres mes pensées. » Oui, Jésus, l’Homme-Dieu, savait que Pierre allait le renier tout comme Judas le livrer. Pourtant, Il les a laissé libre avec leur conscience et les aima jusqu’au bout. Jésus a marché avec ses disciples en connaissant bien leur force et leur faiblesse et en sachant que leurs yeux seront ouverts qu’à la résurrection avec une nouvelle compréhension de son enseignement. Imaginez la stupéfaction du groupe quand Jésus a révélé la pensée de Judas et anticipé son action. Malheureusement, Judas n’a pas su comment retourner vers Jésus après l’avoir livré aux bandits parce que son aveuglément l’a égaré en chemin. Son amour de l’argent l’a poussé à trahir son maître et Seigneur et c’était douloureux pour lui de se regarder et d’accueillir le regard des autres. Il ne s’est pas pardonné cette faute si honteuse et n’a pas su capter le regard aimant et miséricordieux de Jésus comme Pierre l’a fait.

Seigneur, Jésus, Toi le miséricordieux,
Me voici devant Toi, telle que je suis.
J’ai besoin de Toi. J’ai besoin de Ton amour.
Ouvre mon cœur à Ta Parole de vie et de liberté.
Pardonne-moi mes égarements qui m’éloignent de Ton amour.
Ramène-moi dans Tes bras réconfortants et si doux.
Pénètre-moi de Ton regard si aimant et miséricordieux.
Fais-moi demeurer dans Ton amour et donne-moi Ta paix et Ta joie.

Karine

Lorsque Judas fut sorti, Jésus dit : « Maintenant le Fils de l’homme a été glorifié, et Dieu a été glorifié en lui ». En lisant et relisant l’extrait d’Évangile, je reviens sans cesse à cette phrase. Pourquoi Jésus dit-il que le fils de l’homme a « maintenant été glorifié » et Dieu en lui, une fois que Judas est sorti pour le trahir. C’est comme si, dès le moment ou Jésus confirme lui-même l’intention de Judas en lui donnant la bouchée de pain trempée, Jésus a déjà dit oui. Il a déjà embrassé pleinement sa passion. C’est donc avec la permission de Dieu, et on pourrait presque dire avec sa bénédiction, que Judas accomplit l’action qu’il semble pourtant avoir prémédité à l’insu de Jésus et en quelque sorte contre lui.

Ce passage illustre parfaitement que même les volontés les plus sournoises et les plus cachées sont déjà connues de Dieu, avant même qu’elles se révèlent au travers de gestes et de paroles.

On peut même se demander si Judas aurait été jusqu’au bout, s’il aurait vraiment pu réaliser son projet de « vendre » le Christ aux anciens, si Jésus ne lui avait pas donné un coup de pouce. En invitant Satan à se joindre à la partie, Jésus a presque été chercher un renfort pour s’assurer que le plan de Dieu, celui qui permettra à son Fils bien-aimé de racheter les hommes de leur péché et de les sauver, puisse entièrement s’accomplir. Ainsi, même si Satan est un rebelle qui ne veut en faire qu’à sa tête, il ne peut faire autrement que se retrouver ultimement au service de Dieu lorsque Celui-ci le décide par amour.

Pour moi, l’ensemble du passage revient confirmer que tant que nous ne sommes pas entièrement donné à Dieu, à la fois dans nos vies personnelles et collectives, il y aura toujours l’un d’entre-nous ou une partie à l’intérieur de nous qui « livrera » Jésus-Christ. Ce faisant, nous « sortons dehors », nous cessons de partager le pain de l’Eucharistie, l’amour et la lumière du Messie, et nous rencontrons la nuit noire et froide.  Pardonne-nous Seigneur, pardonne nos égarements, permet à chaque graine de Judas en nous de revenir vers toi se jeter à tes pieds avant de te trahir, avant de te vendre, avant de te faire condamner par les puissants de ce monde!

Nénuphar

Dans ce passage d’Évangile, la tentation est grande de me dire que Jésus et Judas étaient complices, comme si Judas obéissait courageusement et par amour à la demande de Jésus d’aller le « vendre », tout simplement parce que l’heure était venue de manifester Sa Passion.

Mais voilà, il est dit aussi que Satan entre en Judas à ce moment-là…

Alors la tentation est grande aussi de me dire « Mais là, pauvre Judas! Que peut-il contre Dieu… si Dieu a décidé qu’il fallait quelqu’un pour livrer Jésus et que c’est lui, Judas, qui est tout désigné… sous prétexte qu’il est un peu plus calculateur que les autres? »
Mais pécheur, nous le sommes tous… et si ce n’est par la grâce de Dieu, Satan entre comme il le veut en chacun de nous.
Alors pourquoi Judas? Et que peut-il faire si Dieu lui-même lui donne cette bouchée qui ouvre la porte à Satan?

Mais voilà, Dieu connait les cœurs… et face à notre tiédeur, sa nourriture devient source de division plutôt que de communion.
Comme pour Pharaon, Dieu durcit notre cœur lorsque celui-ci ne bat que pour des idoles… ou plutôt, notre cœur s’assèche et se durcit de lui-même lorsqu’il se coupe de sa source divine. La providence de Dieu n’advient pas pour punir, mais plutôt pour révéler le mensonge, pour nous libérer de cet entre-deux où tout se confond et se banalise, où tout se justifie selon les lois d’un monde qui rejette Dieu et Son Amour.

Alors seulement… le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu en lui.

Michaël

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Heureux êtes-vous, si vous le faites

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Illustration inspirée d’une œuvre du peintre finlandais Albert Gustaf Aristides Edelfelt

Évangile selon Saint-Jean, chapitre 13, de 10 à 18

Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier.  Vous aussi, vous êtes purs, mais non pas tous. »  
Il connaissait en effet celui qui allait le livrer; c’est pourquoi il dit : « Vous n’êtes pas tous purs. »
Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son manteau, il se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je vous ai fait?
Vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous dites bien, car je le suis.
Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.
C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous.
En vérité, en vérité, je vous le dis, le serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni
l’envoyé plus grand que celui qui l’a envoyé.
Sachant cela, heureux êtes-vous, si vous le faites.
Ce n’est pas de vous tous que je parle; je connais ceux que j’ai choisis; mais il faut que l’Écriture s’accomplisse : Celui qui mange le pain avec moi a levé le talon contre
moi. 

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Commentaires


« Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres ». Merci, Seigneur de nous montrer Le chemin. Et surtout, merci de nous inviter à l’emprunter, et à servir, comme toi et avec toi. Oui, donne-moi, Seigneur d’aspirer, comme St-François, à chercher plus à aimer qu’à être aimé, de servir, plus que d’être servi,… Ce chemin, n’est pas très fréquenté ou valorisé en ces temps de grands bouleversements sur la planète. On se sent vite seul, sur ce chemin. Mais quand j’ose aller vers l’autre en t’emmenant avec moi, au-delà des apparences, des peurs et jugements, s’ouvrent immanquablement des horizons nouveaux! Je me sens moins seul, et suis témoin que la Vie veut renaître, en l’autre, et en moi, comme la sève monte au printemps! Merci, Seigneur, de me donner, encore et encore, de laver les pieds à mes sœurs, à mes frères.

Solane

Quelle preuve d’humilité! Quelle leçon Jésus nous donne, en nous rappelant que nous sommes tous pareils; qu’il n’y a pas de différence entre le serviteur et le maitre; qu’aux yeux de Dieu  nous sommes tous pareils! Je remercie Dieu de tout mon cœur de me rappeler ceci, surtout quand ma tête m’induit à juger autrui, à cause de son habit, ou de son odeur, ou de son infime contribution…

Rosa

En lisant la fin de ce texte, je pense à, et je prie pour toutes les personnes, et j’en fais partie, qui ne comprennent pas toujours que l’action ou l’omission d’une  action  va peut-être nuire à, ou  bloquer la vie, et qu’ultimement ca va se retourner contre lui et lui nuire dans le bonheur que chacun de nous recherche.

Léopold

 » Il se remit à table  » Qu’est-ce qui m’attire à recommencer à tous les jours de me remettre à table, qu’y a t-il sur la table pour avoir le goût d’y revenir?  Le PAIN QUOTIDIEN, en essayant de lui donner une saveur différente à chaque repas, le pain qui purifie, qui fait que je suis choisie par Jésus, le pain de l’amour, de la miséricorde, de l’abandon, de service, des pieds à laver. Il est dit « celui qui mange le pain avec moi a levé le talon contre moi, ce n’était pas » l’épine de Lenoir » mais l’épine de la Croix qui s’annonçait …

Mariette 

De ces versets je veux retenir une grande leçon de souplesse vis-à-vis des préceptes qui règlent l’ordre établi. Seul Jésus, qui n’agit que par amour, et pour lui donner la primauté en toutes choses, pouvait ainsi se dévêtir et s’agenouiller pour laver les pieds de ses disciples. Ce faisant il abolit l’importance des rôles et ce besoin lancinant qu’a l’homme d’être plus grand, plus puissant, plus respecté, plus adoré que l’autre. C’est alors le règne l’idolâtrie.
Cette scène, juste avant le dernier repas, met en mouvement le commandement nouveau que Jésus s’apprête à accomplir si totalement que l’humanité ne pourra pas l’oublier. Y compris « Celui qui mange le pain avec moi a levé le talon contre moi ».
Alors : Amour ou idolâtrie sous toutes ses formes ?

Pierrette

Combien sommes-nous Seigneur à avoir mangé le pain avec toi, et puis d’une façon ou d’une autre à avoir « levé le talon » contre toi? Nous avons mangé le pain de ta parole, nous nous sommes nourris de ton corps et de ton amour, et nous avons été comblés de ton pardon. Et puis fort de toute cette abondance, nous avons pêché par orgueil, relativisant ta filiation avec Dieu,  cherchant à te diminuer et à enfermer tes mystères dans de complexes explications. Enrichis de tout ce qui s’est révélé à la suite de ta venue en ce monde, nous avons levé le talon contre toi. Nous nous sommes moqués, nous t’avons fait endurer notre déni, et dans bien des cas renié. Je me demandais ce que signifiait cette parole de l’Écriture : Celui qui mange le pain avec moi a levé le talon contre moi. Tu viens de me souffler la réponse à l’oreille. Tu m’avais purifié dans le bain de ton amour, et voilà que sans même m’en rendre compte j’ai levé le talon contre toi. S’il te plaît, encore une fois, je te le demande en toute humilité, lave ce talon arrogant jusqu’à ce qu’il perde toute dureté et retrouve la tendresse du petit pied du nouveau-né.

Nénuphar

D’après ce que je comprends, Jésus ne lave donc pas les pieds des apôtres pour les purifier, car par Lui, avec Lui et en Lui – comme dans un bain de baptême – ils sont déjà lavés de tout péché.
Jésus précise qu’ils sont purs « tout entier ». Ce « tout entier » doit donc inclure les pieds. Alors pourquoi ce « sinon les pieds » qui n’est d’ailleurs pas mentionné dans toutes les traductions… Pourquoi est-il nécessaire qu’il leur lave tout de même les pieds?
Je crois qu’il les lave de ce qui pourrait les empêcher d’adhérer parfaitement à Son Corps qui est aussi cette terre, ce « tout en bas », ce « tout  petit »… et donc, comme il le dit lui-même, pour donner l’exemple de cette  pratique à laquelle il les convie tous… à laquelle il nous invite tous : se mettre au service les uns les autres dans les tâches les plus humbles au nom de l’Amour et de la Vérité, afin de devenir membres de Son Corps… de la même manière qu’il nous demande d’embrasser le plus petit et le plus humble, de nous aimer les uns les autres, de prier et d’intercéder les uns pour les autres, de soigner, nourrir, vêtir, etc., notre prochain… comme nous-mêmes.

Michaël

Heureux êtes-vous, si vous le faites

Heureux êtes-vous, si vous imitez le Christ.

Heureux êtes-vous, si vous revêtez l’habit de lumière.

Heureux êtes-vous, si le prochain est d’abord un frère.

Heureux êtes-vous, si votre devise est de Servir.

Heureux êtes-vous, si votre intention est pure.

Heureux êtes-vous, si l’humilité est une vertu.

Heureux êtes-vous, si votre regard est plein de compassion.

Heureux êtes-vous, si votre cœur reconnaît et honore Jésus en chaque être humain.

Heureux êtes-vous, si vous prenez le temps de laver les pieds douloureux de ceux et celles qui ont besoin d’être écouté et servi.

Heureux êtes-vous, si votre mode de pensée ne cherche plus à abattre, à rivaliser avec les autres mais plutôt accueille la différence  comme un don, une richesse pour le monde.

Heureux êtes-vous, si vous êtes en état de gratitude pour tout ce que la vie vous apporte et pour  tous ceux et celles qui croisent votre chemin de vie.

Heureux êtes-vous, si par votre témoignage d’amour, de paix et de joie, les gens se réconcilient  avec Dieu le Père, le Fils et Esprit.

Heureux êtes-vous, si vous le faites.

Karine

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140302-Heureux-etes-vous

Si je ne te lave pas…

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Illustration inspirée d’une peinture de Giotto

Évangile selon Saint-Jean, chapitre 13, de 1 à 9

Avant la fête de Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde à son Père, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’à la fin.
Au cours du repas, alors que déjà le diable avait mis dans le cœur de Judas, fils de Simon Iscariote, le dessein de le livrer,
Jésus, qui savait que son Père avait remis toutes choses entre ses mains, et qu’il était sorti de Dieu et s’en allait à Dieu,
se leva de table, posa son manteau, et ayant pris un linge, il s’en ceignit.
Puis il versa de l’eau dans un bassin et se mit à laver les pieds de ses disciples, et à les essuyer avec le linge dont il était ceint.
Il vint donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « Seigneur, toi, me laver les pieds? »
Jésus lui répondit : « Ce que je fais, tu ne le sais pas maintenant, mais tu le comprendras bientôt. »
Pierre lui dit : « Non, jamais tu ne me laveras les pieds! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras point de part avec moi. »
Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête! »

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Commentaires

« Ce que je fais tu ne la sais pas maintenant, mais tu comprendras bientôt » Oui c’est vrai souvent je ne comprends pas ce que tu fais Jésus, et j’essaie de me laver les pieds toute seule car je suis empressée de connaitre le résultat de ma demande qui tarde à venir. Les pieds peuvent ralentir d’aller de l’avant lorsque le mal se présente. Seigneur enlève les cellules mortes qui font souffrir, afin que je comprenne là ou tu veux m’amener.

Mariette 

Dieu est descendu sur terre pour laver nos pieds, ceux-ci ayant été salis à force d’errance et d’égarements sur les chemins d’ici bas. Alléluia, Dieu est grand et sait se faire petit!

Nénuphar

« Seigneur, toi, me laver les pieds? » Oui, Seigneur, j’en ai tant besoin! Et j’ai tout autant besoin de laver aussi les pieds de celles et de ceux qui croisent ma route, au quotidien. Merci de me donner l’humilité de m’agenouiller devant l’autre, en qui Tu demeures (je l’oublie tout le temps!). Oui, s’il-t-plaît donne-moi de t’aimer et de te servir en l’autre, en cet autre qui est rejeté, souffrant, différent. Cet autre qui est jugé, et qui est pourtant le reflet de ce qui, en moi, est mal-aimé, bafoué… et qui est devenu paralysé.

Solane

Avant de partir de ce monde, Jésus se lève de table et  dépose son manteau… comme s’il dépose le vêtement qui lui donne son identité ou son rôle de maître… pour se faire le serviteur de tous dans le service le plus humble, laver les pieds… et les pieds de ses propres serviteurs, les pieds qui sont sans cesse en contact direct avec le sol et portent donc les traces de la poussière du chemin, la marque de ce qui est le plus bas, le plus rejeté. Mais les pieds sont aussi la partie du corps sur laquelle se forme de la corne, un genre d’écorce de protection. En les lavant, Jésus les lave non seulement de ce qu’ils ont récolté sur les chemins, mais il les lave aussi de leur dureté, de ce qui pourrait faire obstruction à l’enracinement à Sa Vigne… comme autant de pieds de sarment qui, pour se greffer à la vigne et ainsi bénéficier de la circulation de la sève, doivent d’abord être lavés de leurs écorces, ouverts…

Michaël

Si Je ne te lave pas tu n’auras, point de part avec moi

Jésus sachant que son heure était venue les aima jusqu’à la fin. Le simple geste du lavement des pieds vient révolutionner toute une mentalité chez les disciples de Jésus : « Seigneur, toi me laver les pieds? », « Non, jamais tu ne me laveras les pieds! ». N’est-ce pas là une fermeture d’esprit et de cœur? En d’autre mots, toi le maître et Seigneur, le supérieur qui s’abaisse pour me laver les pieds? C’est impossible! Je ne suis pas digne d’être aimé à ce point.

La réponse de Jésus vient nous interpeller : « Si je ne te lave pas, tu n’auras point de part avec moi. »  Si je ne te lave pas, tu n’auras point de part à cet héritage spirituel, à cet héritage d’amour que je vais vous léguer. Jésus fait les choses autrement parce qu’Il veut guider ses disciples sur la voie de l’amour.  Pour prendre part à cet héritage nous devons être disponibles, ouvert pour accueillir l’amour inconditionnel de Jésus qui nous élève à son esprit et nous purifie de l’intérieur. Jésus, par le lavement des pieds, a changé le regard vertical de ses disciples en un regard horizontal, fraternel et communautaire. Jésus nous invite encore, aujourd’hui,  à changer notre regard sur les autres et sur le monde.

Karine

Contempler en soi la scène ici décrite fait entrer dans un silencieux mouvement d’infinie tendresse qui scelle à jamais la communion entre Jésus et ses disciples et, dans ce mouvement, nous sommes appelés à entrer nous-mêmes tandis que toute tendance diabolique est mise au loin, hors de portée, anéantie  :  là où l’autorité est confondue avec l’amour, la corruption n’a plus de prise et un verbe inattendu, renouvelé, demande à se faire entendre. Le vieil  ordre des choses tombe en ruines. La raideur fait place à la souplesse et la peur à la joie.

Pierrette

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