Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur…

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Comment illustrer le double commandement d’amour de Jésus? Nous avons tenté de créer un dessin dans le style des anciennes enluminures, assez simple pour que les enfants puissent le comprendre et le colorier (Utiliser le fichier à imprimer à la fin de cet article)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 22,34-40.

Les pharisiens, apprenant que Jésus avait fermé la bouche aux sadducéens, se réunirent,
et l’un d’entre eux, un docteur de la Loi, posa une question à Jésus pour le mettre à l’épreuve :
« Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? »
Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit.
Voilà le grand, le premier commandement.
Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Tout ce qu’il y a dans l’Écriture – dans la Loi et les Prophètes – dépend de ces deux commandements. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

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 COMMENTAIRES

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Aimer les autres comme soi même… Il y a des autres pour qui cette parole me demande plus d’effort. Seigneur aide-moi à aimer cet autre comme moi.

Marcel

Quel est le plus grand des commandements?  Jésus pour répondre, prend ceux qui résument, et qui redonnent l’ordre vers lequel diriger nos efforts.  La grandeur n’est pas tant la lettre de la loi, mais a ceux à qui cela sert.  L’Amour de Dieu pardessus tout, et du prochain comme pour soi.

Sylvie

Ce sont des préceptes admirables. Pas faciles à mettre en pratique. Pourtant principes d’une paix sociale extraordinaire si on réussissait à les vivre. Et dire que le Christ va encore plus loin, (aimer ses ennemis)  … à partir de cette base qu’il est déjà difficile d’appliquer dans la société en bloc. Cela peut se mettre en pratique dans une cellule réduite. Pourtant, il doit exister des exemples vécus où ces principes de l’amour de Dieu et l’amour du prochain sont exemplaires.

Gilles

 » MAITRE, QUEL EST LE PLUS GRAND COMMANDEMENT  » le Seigneur s’adresse à mon cœur, mon âme et mon esprit. L’amour fait toujours appel  au cœur et l’expression qui dit :  « cette personne à le cœur sur la main »  veut dire aimer  s’occuper  de son entourage,  et reconnaitre  Dieu dans toute les personnes que je côtoie. Mon âme se repose dans l’action qui fait suite et en m’associant à l’amour de Dieu, je partage ce désir qui m’est suggéré pour la plus grande gloire du Seigneur. Comme c’est un idéal à atteindre d’aimer Dieu et mon prochain, je demande à l’Esprit Saint de commencer  par découvrir l’amour qui m’habite,  ensuite je pourrai découvrir que tout le reste me sera donné de surcroit. Père au nom de ton Fils Jésus, regarde avec amour tous les gestes qui se font dans le monde pour te reconnaitre dans l’humain, mon voisin…

Mariette  

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Pendant longtemps, chaque fois que j’entendais ou que je lisais ce passage, ça sonnait dur à mon oreille : trop loin de ce que je suis, je me sens un peu comme si c’est pour moi inaccessible, comme si je devais performer, être comme Jésus, alors que je suis si loin!! Pourtant, ce commandement reflète tout ce à quoi j’ai toujours aspiré, du plus profond de mon cœur !

Mais en fait, n’était-ce pas notre nature profonde, à chacun?

Si cet amour si  grand, si total, de notre Seigneur, et de nos frères et sœurs était la clé de notre bonheur,  plutôt qu’un commandement qui vise à juger et faire peur?

Seigneur, merci d’avoir déposé en moi et en chacun, les germes de cet Amour, même si on peut mettre une vie entière à le découvrir ! Merci de nous donner ce commandement comme lampe, pour éclairer notre route !

Oui, merci de nous rappeler avec ce commandement que c’est LE chemin qui conduit au Bonheur dans sa plénitude !

Solane

À ceux qui veulent le mettre à l’épreuve, à tous ceux qui veulent le prendre en défaut, aux docteurs de la loi qui rusent en quête de la faille pécheresse, Jésus répond avec cette parole centrale et incontournable, pierre d’angle sur laquelle reposent toutes les écritures et révélations. Le double commandement se résume en un seul, en un seul et unique verbe : Aime! Verbe que Jésus incarne intégralement pour nous, sans le moindre écart, du début à la fin!

Plus rien à dire. Jésus avait fermé la bouche aux sadducéens, il boucle la boucle, et la ferme aux vaines discussions de l’ensemble des pharisiens du monde, aussi présents autour de nous qu’à l’intérieur de nous. Les pensées sont traversées d’une flèche de lumière et d’amour, la langue est désarçonnée, et moi-même je ne peux plus que me taire.

Amen

Nénuphar

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Comme il est difficile à l’âme pharisienne de concevoir que la loi tombe en poussière, inutile, là où l’amour s’incarne, se fait entendre, voir et obéir ! Le moraliste et le légaliste en nous, s’insurgent contre cette vérité, faute de l’avoir approchée suffisamment pour connaître la magnifique et libre exigence qu’elle demande. Jésus effraie celui qui trouve sa place dans le cadre rigide de la loi, autant que celui qui la transgresse. Les premiers par attachement à l’ordre établi, les seconds séduits et esclaves de la loi du plus fort, des rivalités et des plaisirs jamais satisfaits.
Dans ce passage de l’évangile de Saint Mathieu, les pharisiens, que l’attitude de Jésus empêche sans doute de dormir en paix, tentent de nouveau de le prendre en défaut publiquement ou de le faire entrer dans leur cadre.

À la question :   » Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement? »
La réponse de Jésus est ce double commandement d’amour qui n’en fait qu’un seul et qu’aucune flèche ne peut blesser ni amoindrir :
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit.
Voilà le grand, le premier commandement.
Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Tout ce qu’il y a dans l’Écriture – dans la Loi et les Prophètes – dépend de ces deux commandements. »

Obéir à ce commandement s’est être blessé de l’heureuse blessure, la blessure du grain qui meurt. Puisse-t-elle nous être infligée !

Pierrette 

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Encore et toujours vouloir mettre à l’épreuve Jésus… qui par le fait même nous révèle, non seulement qu’il a les paroles de la vie éternelle… mais aussi qu’il est lui-même Parole de Vie Éternelle.

Est-ce que moi aussi j’essaie encore et toujours de mettre Jésus à l’épreuve… en mettant en doute le fait qu’il est lui-même Verbe Incarné, que Sa Parole est  Vie, Voie et Vérité?

Est-ce que comme les pharisiens, je tends à réduire Jésus à ma propre dimension…  en me donnant le droit de l’évaluer selon mes petites mesures, non pour apprendre ou comprendre, mais pour me faire juge de celui qui seul peut pour juger de par sa démesure?

Et comment juger avec ma petite tête celui qui juge par le simple fait d’être lui-même l’Amour Incarné?

Et comment même songer à évaluer l’Amour avec un esprit qui ne peut saisir Son Esprit?

La réponse que Jésus donne au docteur de la Loi pour nous tous est pourtant la seule qui peut remettre sur la voie les petits esprits perdus dans les labyrinthes  des questions théoriques :

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit.
Voilà le grand, le premier commandement.
Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Tout ce qu’il y a dans l’Écriture – dans la Loi et les Prophètes – dépend de ces deux commandements. »

Michaël

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« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit et tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Ce commandement de Dieu semble si facile à mettre en pratique mais en réalité il est si complexe et si difficile parce que nous sommes des êtres blessés qui ont besoin d’aimé et d’être aimé en retour.  Comment aimer son prochain quand nous sommes habités par le « vieil homme », c’est-à-dire quand l’orgueil, la convoitise, la jalousie, la rivalité,  la colère, la haine, la vengeance… dictent notre comportement. Comment aimer son prochain quand nous avons été blessés au plus profond de notre être où le cœur a été déçu, bafoué, humilié, abusé, jugé, anéanti et que nous ne savons même plus comment nous aimer nous-mêmes sans nous détruire et sans étouffer l’autre. Comment vraiment aimer son prochain quand nous cherchons nos propres intérêts et quand il doit mériter notre amour. Comment vivre la gratuité de l’amour non seulement avec ceux et celles que nous aimons tout naturellement ou choisissons d’aimer mais  aussi avec ceux et celles que  nous avons la difficulté à aimer. Comment vivre la gratuité de l’amour si nous n’avons pas goûté l’Amour et le pardon de Dieu au plus profond de notre être.

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit et tu aimeras ton prochain comme toi-même. » N’est-ce pas une grâce à demander au Seigneur? Jésus ne nous parle pas de l’amour humain qui se donne et se reprend mais bien de l’amour divin. Un amour gratuit qui se donne à cœur joie, qui ne connait pas de frontières et qui ne disparaît jamais. C’est si bon d’aimer le Seigneur de tout son cœur et d’aimer son prochain comme il nous a aimés mais c’est seulement avec  sa grâce qu’il est possible de vivre cet amour divin une journée à la fois. Nous n’avons rien fait pour mériter l’Amour de Dieu puisqu’Il nous accueille tels que nous sommes. Nous nous avons du prix à ses yeux et c’est merveilleux. Demandons au Seigneur de nous dépouiller du « vieil homme » pour que nous puissions l’aimer plus que tout et d’aimer nos prochains avec tendresse et compassion.

Mon Seigneur et mon Dieu,
Viens guérir nos blessures intérieures, nos insécurités
Qui nous empêchent de t’aimer plus que tout.

Ô Jésus, Fils du Dieu vivant,
Donne-nous la grâce de l’Amour divin,
Ce regard divin qui ne connaît pas de frontières.

Ô Esprit du Dieu vivant,
Embrase-nous du feu sacré de ton amour et
Fais vibrer nos cœurs au rythme du cœur de Dieu.

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Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu

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Illustration d’après une œuvre de James Tissot

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 22,15-21.

Les pharisiens se concertèrent pour voir comment prendre en faute Jésus en le faisant parler.
Ils lui envoient leurs disciples, accompagnés des partisans d’Hérode : « Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le vrai chemin de Dieu ; tu ne te laisses influencer par personne, car tu ne fais pas de différence entre les gens.
Donne-nous ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à l’empereur ? »
Mais Jésus, connaissant leur perversité, riposta : « Hypocrites ! pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ?
Montrez-moi la monnaie de l’impôt. » Ils lui présentèrent une pièce d’argent.
Il leur dit : « Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles ?
– De l’empereur César », répondirent-ils. Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

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COMMENTAIRES

« Montrez-moi la monnaie de l’impôt. Ils lui présentèrent une pièce d’argent.  »
Jésus est aussi très pragmatique…Il revient aux choses même : quel chemin de sagesse pour dénouer les impasses de tous ordres!

Marie-Hélène

Quel beau portrait de Jésus:  « Tu es toujours vrai;  tu enseignes le vrai chemin de Dieu;  tu ne te laisses influencer par personne;  tu ne fais pas de différence entre les gens. » Seigneur Jésus, donne-nous de te regarder longuement dans ta transparence pour pouvoir nous maintenir, dans une harmonie créative, entre nos devoirs envers l’État et envers Dieu.

Fernande

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Que répondre à des gens qui cherchent à vous prendre au piège? Jésus respecte la réalité de la situation mais surtout il lit dans les cœurs.

Cœur de Jésus, vous voyez le cœur de chacun, avec douceur et dans la vérité. Vous reconnaissez nos échappatoires, notre besoin de manipuler pour nous rassurer, mais vous savez aussi notre besoin d’être libérés de toutes ces attaches qui retiennent l’élan de la vie. Vous êtes toujours branché sur notre soif de vivre plus librement. C’est ainsi que vous touchez les cœurs. Vous leur faites entrevoir que la bonté est plus efficace que le calcul, la vérité plus libératrice que le mensonge, et le geste fraternel plus fécond que la rigueur et l’intolérance.

Gisèle

 » Est-il permis oui ou non  »  Je ne veux pas le mettre à l’épreuve mais il m’arrive souvent  de dire au Seigneur, montrez-moi donc la pièce de monnaie qui intriguait les pharisiens du temps, en d’autres mots montrez-moi donc la parole de la bible qui correspond à mon inquiétude et m’indique la marche à suivre  devant un événement. Il y a tellement de paroles à monnayer dans la vie courante, je me dois de te consulter pour être à l’affût des échanges en vivant connecté à ta source inépuisable . Seigneur je ne veux pas t’imposer mon manque de confiance, mais dans ta grande générosité accorde moi les grâces nécessaires afin de parvenir à l’effigie de la « monnaie » que tu attends de moi…

Mariette 

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Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.

C’est très bien dit et c’est très clair, sauf que… ce n’est pas si évident de le mettre en pratique dans la vie de tous les jours.

Dans les grandes lignes, je m’y retrouve plus ou moins. Oui je peux payer mes impôts…

Mais dans les petites lignes, comment  faire la part des choses? Qu’est-ce qui est à César et qu’est-ce qui est à Dieu? À priori tout est à Dieu… sauf que Dieu Lui-même nous donne cette liberté de Le rejeter en dehors de nous-même et même de Le nier… jusqu’à se croire Dieu à la place de Dieu. Et c’est la chute dans l’inversion. Et c’est la création d’un monde dont l’esprit n’est pas l’Esprit de Dieu.

Cela repose la question des deux maîtres : à qui est-ce que j’obéis? À Dieu ou à César? De qui est-ce que je me reconnais : de l’Esprit de Dieu ou de l’esprit du monde qui se veut pour lui-même?

Quelle est la part de mon être qui se laisse séduire par l’esprit du monde? Cet esprit du monde qui en se voulant libre de Dieu devient esclave d’idoles en tout genre… que ce soit une idée, un idéal ou une idéologie, un individu ou un groupe à qui l’on s’identifie, une pensée, un sentiment, une émotion ou une passion, les grandes causes, la santé, la sagesse, la science, l’art pour l’art, le plaisir d’un désir, etc.

En fait, tout ce que j’ai acquis de par cet esprit du monde, je dois en payer le prix… ou le rendre : La gloire ou tout autre notoriété, ne fut-ce que celle de la gloire d’être pauvre et sans gloire; toute sagesse ou science qui se veut maître à bord ;  toute richesse qui n’est pas donnée et redonnée à Dieu et à mon prochain d’une manière ou d’une autre, que ce soit richesse de biens matérielles ou spirituelles, richesse de talents, de vertus ou autres valeurs.

Tout ce qui m’attache à l’esprit du monde et à sa lumière fait écran à L’Esprit de Dieu et à Sa Lumière.

Et c’est de cet esprit du monde que…

Les pharisiens se concertèrent pour voir comment prendre en faute Jésus en le faisant parler.

Michaël

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« Rendez à César  ce qui est à César, et à Dieu  ce qui est à Dieu. » Deux plans d’un même monde : le plan matériel et le plan spirituel. À chaque plan sa mission.  Dieu est à l’origine du monde et Jésus par sa réponse vient nous concilier avec ces deux plans. Si nous restons au niveau de cette dualité nous passons à côté du message de Jésus. Nous sommes l’expression de la matière dans le monde physique. César représente ce monde par lequel l’homme et la femme sont responsables de son  devenir, du bien commun et Dieu représente la Source qui nourrit son  peuple tant au niveau physique que spirituel. Accepter le pouvoir de César, c’est reconnaître que nous sommes les bâtisseurs de ce monde. Accepter  le pouvoir de Dieu, c’est reconnaître que le monde est sacré. Cette réalité divine n’est pas divisible. Nous ne formons qu’un seul corps, un seul esprit avec Dieu, notre Créateur. Tout nous vient de Dieu. Tout fut créé par Lui et en Lui.  Il nous a remis le monde entre les mains pour bâtir son royaume de justice et de paix. Jésus est venu dans le monde pour nous révéler l’Amour de Dieu et nous montrer comment demeurer dans son amour. Il nous montre la voie à suivre pour transcender les lois injustes qui nous déshumanisent et qui nous empêchent à révéler notre humanité et  notre divinité.

Ô Toi, Source de paix et de joie,
Ouvre nos yeux à la dimension de Ton cœur.

Ô Toi, Source d’amour et de miséricorde
Viens étancher notre soif d’aimer et d’être aimé.

Ô Toi, Source de Lumière
Rempli-nous de ta lumière qui nous unifie au cosmos.

Ô Toi, Source de l’univers visible et invisible
Nous avons besoin de Toi.
Aide-nous à bâtir ton royaume de justice et de paix.

Karine

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Tenter de prendre en défaut celui dont la parole ébranle l’enceinte de « ma » petite cité est une réaction presqu’inconsciente parmi les hommes. Qui renonce facilement au monde qu’il s’est construit, au sein duquel il a pris ses habitudes de confort et les justifie ?

Les pharisiens et les partisans d’Hérode aimeraient bien, en accusant Jésus, soulager le malaise qu’Il provoque lorsqu’Il guérit les pêcheurs en leur révélant qu’ils sont aimés du Père, tout pécheurs qu’ils sont. Les pharisiens, ne reconnaissent que les commandements et les préceptes qui conditionnent la guérison de nos cœurs et de nos âmes. Le salut par la voie de l’amour les effraie, comme si l’amour manquait de direction, de sens. Quant aux partisans d’Hérode ils devinent bien que l’amour ordonné par Jésus n’autorise ni l’abus de pouvoir ni l’abus des plaisirs charnels, ni la fourberie, toutes attitudes qu’ils tentent de s’autoriser ou de justifier. Par contre celui qui, en larmes, se reconnait porteur de malheur pour soi et pour autrui, est pardonné, redressé, redirigé.

Où prendre pied face à Jésus ?

Les pharisiens tendent leur piège par la bouche de leurs disciples et, dans ce cas-ci au moins, avant de mettre Jésus sous la question, ils commencent par le flatter. En somme ils lui disent : toi qui est parfait , «  Donne-nous ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à l’empereur ? » D’après eux, s’il dit oui il se met en faute vis-à-vis des autorités juives et s’il dit non il se met sous le jugement de César.

La lumineuse réponse de Jésus nous aurait-elle été révélée sans cet acharnement, de la part des pharisiens et partisans d’Hérode, à le classer parmi les hors la loi ?
Notre discernement est éveillé, l’homme qui craint son Seigneur, et mieux encore celui qui L’aime, ne trouve nulle part la permission ni le désir d’être un citoyen tortueux.

Pierrette

Une autre parole de lumière et de vérité de Jésus-Christ, à la fois tranchante comme un couteau et tendre comme la main d’une mère! Devant ceux qui veulent le confondre, en réponse à ceux qui cherchent à semer la confusion pour édicter leurs propres lois et chemins, Jésus vient remettre chaque chose à sa place, clarifier ce qui était confondu, et ce au moyen de quelques simples mots.

Où se situe cette confusion en moi? Que je cherche à idéaliser ce qui ressort de ce monde, ou que je veuille « mondaniser » ce qui est du domaine de l’Esprit, c’est vrai qu’il m’est difficile de réellement distinguer ce qui appartient à Dieu et ce  qui appartient à « César ».

Les incessants questionnements en moi apparaissent souvent lorsque ces deux dimensions sont  mêlées, embrouillées, mélangées, et que je ne distingue plus l’appel de Dieu de ce qui m’apparait raisonnable et souhaitable dans le monde. Et manifestement les volontés de Dieu ne sont pas celles que j’aurais tendance à privilégier en fonction de mon propre confort ou « bien-être » selon mes perceptions d’ici bas.

Qui est ce « César » en moi? Certainement celui qui veut se bâtir un empire, même si cet « empire » se cantonne dans des proportions très modestes entre les frontières du fief de mes besoins personnels. Qu’il s’agisse du besoin de sécurité, du besoin d’être reconnu ou de celui de  performer selon mes propres valeurs et idéaux. Dès que je cherche à maîtriser une situation ou à dominer une impasse, ou même à rayonner dans mon entourage, l’aspirant empereur en moi pointe le bout de son nez. Et s’il parvient moindrement à consolider son empire, cela se fera inévitablement en bout de ligne au détriment des autres, en empiétant sur leur liberté et leurs biens. À ce que je sache, aucun empereur de ce monde n’a bâti sa domination en se dépossédant au service de son prochain.

Pour moi, bien avant la question de l’impôt à remettre ou à garder, le « rendre à César ou à Dieu ce qui lui appartient » m’invite à reconnaître en moi ce qui d’une part vient de l’Esprit, et d’autre part ce qui encore est sous l’emprise des peurs et des désirs, sous le contrôle de ce petit tyran égocentrique qui cherche à me dominer et à m’éloigner de la communion avec mon Seigneur.

N’est-ce pas là que le malin cherche encore à nous mettre à l’épreuve, en faisant en sorte que la démarcation entre nos intérêts personnels et ceux de Dieu devienne de plus en plus floue?

Ce qui m’émerveille au-delà de tout ça, c’est que ce qui s’oppose à Dieu, ce qui lui résiste et il lui tient tête, le fait (inconsciemment) en fin de compte pour la plus grande gloire de Dieu.

Le Fils bien aimé de Dieu n’est-il pas sorti entièrement glorifié de toutes les manigances de ceux qui s’opposaient à lui et cherchaient à le faire mourir?

L’empire de César et de Rome n’a-t-il pas ultimement servi à faire rayonner la chrétienté bien au-delà des murs de Jérusalem?

Et à plus petite échelle dans le passage des Évangiles qui nous intéresse, les pharisiens et partisans d’Hérode n’ont-ils pas involontairement suscité, en cherchant à mettre Jésus à l’épreuve, une de ses paroles les plus incontournables?

Nénuphar

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Tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les au repas de noce

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Pour les enfants

Certaines paroisses impriment le dessin de la semaine et invitent les enfants à le colorier. Cette semaine, nous avons expressément créé un dessin à leur intention pour illustrer la parabole des invités à la noce. Utilisez le fichier pdf des contours en noir et blanc disponible à la fin de l’article pour l’imprimer.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 22,1-14. 

Jésus disait en paraboles :
« Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils. 
Il envoya ses serviteurs pour appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir. 
Il envoya encore d’autres serviteurs dire aux invités : ‘Voilà : mon repas est prêt, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ; tout est prêt : venez au repas de noce. ‘
Mais ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent, l’un à son champ, l’autre à son commerce ; 
les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent. 
Le roi se mit en colère, il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers et brûla leur ville. 
Alors il dit à ses serviteurs : ‘Le repas de noce est prêt, mais les invités n’en étaient pas dignes. 
Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les au repas de noce. ‘
Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils rencontrèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives. 
Le roi entra pour voir les convives. Il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce, 
et lui dit : ‘Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ? ‘ L’autre garda le silence. 
Alors le roi dit aux serviteurs : ‘Jetez-le, pieds et poings liés, dehors dans les ténèbres ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents. ‘
Certes, la multitude des hommes est appelée, mais les élus sont peu nombreux. » 

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

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COMMENTAIRES

Le Père nous invite au repas de noces, à cette intimité avec Jésus dont l’amour seul peut combler notre soif d’aimer. Qui que nous soyons, les mauvais comme les bons, l’AMOUR nous attend.  Et si notre vocation était d’aller aux croisées des chemins, rappeler à tous ceux que nous rencontrons, l’AMOUR qui les attend au dedans.

Fernande

Dans cette parabole des invités au repas de noces, la grande majorité d’entre nous avons été touchés, frappés, ou à tout le moins intrigués, par l’histoire de l’homme qui ne portait pas le vêtement de noce. Les commentaires suivant livrent une belle réflexion de l’ensemble des participants sur le  même sujet.
À lire!

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…Et lui dit : ‘Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ? ‘ L’autre garda le silence.

Face à la demande d’amitié du Seigneur, qu’elle est ma réponse?  Es-ce que je garde le silence,  ou si je suis prêt à entrer en dialogue avec Lui?  Comment entrer dans la noce, sans nous laisser revêtir dans un cœur à cœur, sans communion, sans relation d’amitié avec Lui?

Sylvie

Ce texte aux premiers abords semble dur. Mais moi j’y vois là une incitation à revoir les manières dont je réponds à des invitations. Est-ce que j’y vais parce que je ne peux faire autrement? Est-ce que j’y vais sans me préparer pour (en guenilles) le cœur en lambeaux? Est-ce que j’ai à cœur de répondre à une invitation en tenant compte de la personne qui invite. En respectant sa culture, ses manières de faire, ses attentes  de m’avoir gentiment invitée?

Jocelyne

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   » Voila mon repas est prêt nous dit le roi  « les invitations se font mais personnes n’a le temps d’y aller. Moi aussi je suis  tellement occupé, que souvent je décline des invitations parce que ma salle intérieure est occupée avec des passants de rue, mauvais ou bons peu importe, ils s’en trouvent aussi qui ne sont pas digne…Mais moi, suis-je digne de m’approcher au repas offert par le Roi ? C’est évident qu’il n’y avait aucun d’entre eux vêtu convenablement pour le repas de noce, comment se fait-il que celui qui était sans vêtement de noce aie été sorti violemment? Est-ce de la même violence que nous  sortons  Jésus de notre vie, des salles publiques, sans égard à ce qu’il est?  J’ai vraiment  de la difficulté à comprendre le message, comment faut-il que je sois vêtu pour être admise à la noce, faut-il être dépouillé de tout…tout…tout, ai-je bien saisi? Seigneur donne- moi un vêtement qui t’appartient, je le porterai avec amour…!

Mariette     

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!!! Le déroulement de cette parabole apparait clair et logique jusqu’à l’apparition de « l’homme qui ne portait pas le vêtement de noce » et qui, interrogé, garde le silence.
Qui est-il ? Il ne fait pas partie des nantis, premiers invités qui, attachés à leurs pouvoirs et à leurs biens, s’imaginent indépendants de leur roi; ni des envieux qui maltraitent les serviteurs, ni de la masse des derniers invités reconnaissants et vêtus de l’habit de noce.
Il est l’imposture qui a fait un pas de trop : dans le royaume ses proies sont hors de sa portée, elle ne fait plus illusion, « les pleurs et les grincements de dents » l’attendent ! ? Sous l’imposture démasquée, y a-t-il encore quelqu’un pour grincer des dents et pleurer ?

« Certes, la multitude des hommes est appelée, mais les élus sont peu nombreux. » Est-ce dire que les volontaires sont peu nombreux ?

Pierrette

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Qui donc, n’aurait pas le goût d’aller au repas de noces ?

Sommes-nous à ce point préoccupé, et stressés et perdus dans nos préoccupations, nos peurs et nos pensées, que nous avons même oublié l’essentiel, et même le goût de joindre la fête, de participer à la Joie des époux ?

Comment puis-je passer tout à côté, perdue que je suis, hantée par mes pensées, peur et désirs, par le passé, le futur, et tout le brouhaha du quotidien ?

Et si je me réveille, et que je me rends à la noce, quel est ce vêtement que je n’ai pas revêtu ? Seraient-ce toutes ces préoccupations que j’ai emportées, incapable de m’en séparer le temps de la fête, par peur qu’elles ne disparaissent, qu’elles se résolvent d’elles-mêmes, à leur façon, ou simplement, par peur de perdre le contrôle ?

Et si j’osais le vêtement blanc tout simple ?  Si j’osais dire oui, Seigneur, je veux venir au repas de noces, et laisser à la porte tous mes bijoux, toutes ces parures qui m’encombrent tant, pour me revêtir de l’essentiel, et prendre part à Ta Joie, et la laisser m’emplir le cœur et me nourrir !

Merci Seigneur de m’aider à tout t’abandonner ce qui m’encombre et prendre part à ton festin.

Solane

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Comme dans cette parabole, je reconnais malheureusement que moi aussi je donne priorité à toutes sortes de choses qui m’empêchent trop souvent de répondre à l’invitation de participer aux noces divines.

Et lorsque j’y réponds, j’ai bien peur d’être comme l’homme qui ne porte pas l’habit de noce, en ce sens que je me retrouve là comme en étant ailleurs, ni vraiment présent, ni vraiment recueilli, vêtu de tous mes vieux vêtements habituels –  tissés de mes divisions – plutôt que du vêtement de noce de l’union avec le Fils, de la communion à Son Corps Glorieux.

Et que répondre à Celui qui m’appelle « mon ami » en me demandant  comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce?  …puisque n’étant à l’écoute que de moi-même, je ne L’entends tout simplement pas.

Alors oui, je me retrouve aussitôt pieds et poings liés, dehors dans les ténèbres… non parce que Dieu me punit en me fermant sa porte, mais parce que moi-même je n’entre pas vraiment. Or il n’y a pas d’entre-deux : ou je lui donne mon cœur et ma vie et donc je suis enfin libéré, délié, paré de mon habit de noce pour m’unir à Lui, ou je ferme la porte à Son Amour… et à la vraie liberté. C’est l’un ou c’est l’autre!

Les noces se font en totale conscience, présence et liberté… ou ne se font pas. Je ne peux m’unir à Lui inconsciemment, comme malgré moi.

Ce n’est ni le mérite ni aucune autre de nos qualités qui font que nous sommes partie intégrante de la noce… mais c’est notre oui, entier, authentique et fidèle.

Il y a ceux qui refusent carrément l’invitation et il y a ceux qui, à la croisée des chemins, entrent dans la grâce de ce oui marial… mais pour celui qui dit oui à l’invitation, mais sans amour, c’est-à-dire sans son habit de noce, il ne peut rester dans l’intimité de l’intérieur, et se jette lui-même dans ce monde du dehors où il n’y a que « des pleurs et des grincements de dents ».

Michaël

Dans cette parabole, Jésus nous dit que le  royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils. J’imagine que les premières invitations sont lancées d’abord à ceux qui partagent le même rang social que le roi. Ils ont refusé de venir au repas de noce. L’invitation du roi est lancée plusieurs fois mais les invités s’inventent toujours des excuses pour ne pas venir aux noces de son fils. Ils ne veulent tout simplement pas rencontrer le roi ni célébrer les noces.  Alors le roi demande à ses serviteurs d’inviter tous ceux qu’ils vont rencontrer sur leur chemin, les mauvais et les bons, pour le repas de noce. Ces personnes devraient être surprises d’une telle invitation et sont sûrement excités de rencontrer le roi. Ils ne vont pas manquer cette occasion unique de rencontrer le roi pour célébrer les noces de son fils. Ils sont invités au repas de noce et c’est tout un honneur d’être considéré digne de prendre part à cette fête.

Dire oui à cette invitation c’est d’abord accepter de s’habiller le cœur pour rencontrer le roi et son fils, communier à l’esprit des noces, partager et faire partie des convives qui seront là pour manger et  festoyer ensemble.  Les convives réunis, le roi entra pour les voir, les saluer à tour de rôle. Mais voilà qu’il rencontre un homme qui ne portait pas le vêtement de noce. Il lui dit : « Mais comment es-tu entré ici sans avoir le vêtement de noce mon ami? »

L’homme ne put répondre, il garda le silence. Cet homme m’intrigue parce qu’il me fait penser à Judas, le traitre. Il est là mais le cœur n’y est pas.  Cet intrus est peut-être là juste  pour se faire voir ou défendre ses intérêts, pour espionner ou médire du roi et de son fils. Il représente tous ceux et celles qui viennent au repas de noce pour des motifs autre que  la rencontre, le partage, la communion des cœurs. Dieu nous invite au repas de noce, est-ce que le cœur est au rendez-vous? N’avons-nous pas une obligation d’inviter tout le monde, sans exception, à ce repas de noce? Sommes-nous prêts à rencontrer le Roi et son Fils? Voulons-nous vivre la communion des cœurs, être une présence vivifiante pour partager ensemble ce repas de noce?

Père très bon,
Tu nous invites tous à Ta table.
Quelle bénédiction!
Revêt-nous du vêtement de noce
Qui habille nos cœurs pour aller à Ta Rencontre.

Père très bon,
Tu nous invites chaque jour au repas de noce.
Montre-nous le visage de ton fils Jésus et
Fais-nous communier à son esprit de partage et de paix.

Père très bon,
Tu nous connais et tu pénètres nos pensées.
Délivre-nous de tout mal et
Saisi-nous de ta Présence
Quand le cœur n’est  plus au  rendez-vous.

Karine

Que peut vouloir bien dire « porter le vêtement de noces »?

En écoutant à l’intérieur de moi, j’ai l’impression que porter le vêtement de noces, dans ce cas-ci, c’est de prendre entièrement part aux épousailles de son fils.

Il est dit au début de la parabole : « Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils. » Mais il ne nous est pas dit avec qui le fils se marie. Il est bien l’époux, mais qui est l’épouse?

Et si l’épouse, c’était moi, et aussi mon frère, ma sœur, mon prochain, toute l’assemblée des invités qui est conviée à reconnaître dans le Fils de Dieu l’époux? Alors la parabole prendrait un tout autre sens

Jésus ne se présente-t-il pas lui-même comme étant « l’époux », cet époux que l’on célèbre et en compagnie duquel ses amis n’ont point besoin de jeûner?

« Porter le vêtement de noces » signifierait dès lors beaucoup plus qu’assister aux noces de quelqu’un d’autre. Cela signifierait de participer aux repas des noces à part entière, c’est-à-dire en tant qu’épousée et à titre de premier invité au banquet de l’amour. Car quel serait le sens de ces noces et de ce banquet d’abondance si ce n’est pas pour y célébrer un grand mariage, par amour et pour l’amour? Par amour pour l’époux et par amour pour le Père, puisque come nous le dit son fils : « celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »

Quand est-ce que je ne porte pas l’habit de noces? Il me semble que c’est chaque fois que je me crois tout seul, étant dès lors convaincu que je ne peux compter que sur moi-même pour assurer ma propre survie.  Dès cet instant, je ne perçois plus que ma propre personne et mes propres intérêts. Je ne me reconnais plus comme invité au banquet. J’arrive presqu’en voleur à la table, remplissant mes bras de tout ce dont je peux m’emparer et puis je m’enfuis à toutes jambes.

Pour me rendre compte un jour que ces bras et ces jambes ne me servent plus à rien, qu’en dehors de la communion libératrice avec l’époux, je suis paralysé, les « pieds et poings liés » par mes propres peurs et convoitises. Dans la colère de me sentir pris à mon propre piège, je « grince des dents » et je pleure sur mon infortune.  Je suis comme un sarment qui voudrait ne vivre que par et pour lui-même, en dehors du Cep qui donne vie à l’ensemble de la vigne. Je me dessèche sans porter de fruits.

Nénuphar

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La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire

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Dessin inspiré d’illustrations médiévales

Lecture du dimanche 5 octobre 2014

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 21,33-43.

Jésus disait aux chefs des prêtres et aux pharisiens : « Écoutez cette parabole : Un homme était propriétaire d’un domaine ; il planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde. Puis il la donna en fermage à des vignerons, et partit en voyage
Quand arriva le moment de la vendange, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de la vigne. 
Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l’un, tuèrent l’autre, lapidèrent le troisième. 
De nouveau, le propriétaire envoya d’autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais ils furent traités de la même façon. 
Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : ‘Ils respecteront mon fils. ‘
Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : ‘Voici l’héritier : allons-y ! tuons-le, nous aurons l’héritage ! ‘
Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. 
Eh bien, quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? » 
On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il donnera la vigne en fermage à d’autres vignerons, qui en remettront le produit en temps voulu. » 
Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire. C’est là l’œuvre du Seigneur, une merveille sous nos yeux ! 
Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à un peuple qui lui fera produire son fruit. 

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

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COMMENTAIRES

Voici ce qui monte en moi à la lecture de Mt 21, 33-43:
Dieu insuffla en moi son souffle et ce souffle retournera à Dieu qui me l’a donné.
Entre les deux, le moment des fruits de l’amour.

Fernande

« La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire. »

Je crois bien que ce qui est vrai dans l’histoire universelle est aussi vrai dans ma petite histoire, dans mon petit monde intérieur…

Donc quelle est cette pierre que je rejette et qui devient par le fait même pierre angulaire?

Il me semble que ce que je rejette le plus, c’est la croix du Fils. Je voudrais l’Amour sans la croix. Cela revient à dire que moi aussi je veux garder les fruits de la vigne qui m’est confiée… et rejette ce qui vient me demander le vin de la vigne… mon sang… ma vie…

Cette croix que je rejette sans cesse devient pourtant – je ne sais par quel mystère –  ce qui rassemble en moi toutes les parties dispersées.

Michaël

 » IL RESPECTERONT MON FILS  » confiance illimitée de la part de Dieu, avoir égard à ce qu’il désire me faire comprendre qu’Il est la pierre d’angle, celui qui unit tous les hommes qui veuillent bien se mettre à l’œuvre du Seigneur. Mais le royaume de Dieu peut vous être enlevé pour le donner a un peuple qui produira du fruit…  Seigneur, suis-je de ce peuple choisi ? Planter une vigne dans mon cœur qui produira des fruits assez savoureux pour remplir l’espace des deux lignes de l’angle. Dans mon enfance, lorsque j’étais turbulente ma mère m’envoyait réfléchir dans un coin de la cuisine. Avait-elle saisi que c’est de ce point de vue …face à un coin de mur… en silence, qui serait donné l’occasion de comprendre  l’importance de l’angle du respect, de paix et d’amour à ma vigne familiale, par la présence de cette pierre qui appartient à Jésus…. Père, au nom de ton Fils Jésus, aide-moi à faire le joint nécessaire pour arriver au Royaume …

Mariette

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Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire. C’est là l’œuvre du Seigneur, une merveille sous nos yeux ! Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à un peuple qui lui fera produire son fruit. »

La pierre rejetée,  me fait penser à cette autre Parole (tirée de 1Cor. 1,  26-29) :

Frères, vous qui avez été appelés par Dieu, regardez bien : parmi vous, il n’y a pas beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni de gens puissants ou de haute naissance. (26)
…….
ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est ; (28)

ainsi aucun être de chair ne pourra s’enorgueillir devant Dieu. (29)

Une foule de « choisis » comme ça  avec qui et par qui, Dieu peu passer pour travailler, ils n’ont pas le pédigrée, ni le cv, souvent méprisés, mais si ils sont pauvres d’eux mêmes,  ils sont riches de Lui, et c’est plus souvent Lui qui passe à travers eux.

Cela me rappelle encore ce verset:

Mais ce trésor, nous le portons comme dans des vases d’argile ; ainsi, on voit bien que cette puissance extraordinaire appartient à Dieu et ne vient pas de nous. (2Cor. 4,7)

Sylvie

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La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire.

Je suis fascinée par cette parabole. Jésus nous dit que  le propriétaire planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit un tour de garde. Il la donna en fermage à des vignerons et partit en voyage. Le maître fait confiance à ses vignerons et leur laisse le champ libre pour faire fructifier sa vigne. Cette parabole me fait penser à l’histoire de la création où Dieu plaça l’homme et la femme dans le jardin d’Éden pour le cultiver et le garder. Mais le malin est entré dans leur cœur parce qu’ils voulaient être comme Dieu et Le chasser de leur univers. Ils ont rompu l’alliance d’amour avec Dieu.  Il en est ainsi pour ces vignerons. Ils décidèrent de ne pas respecter leur contrat quand le maître de la vigne leur envoya ses serviteurs et son fils au moment de la récolte. Tout comme Adam et Ève, les vignerons ont rompu une alliance de confiance et d’amour. C’est la rupture totale. Ils n’ont plus besoin du maître de la vigne puisqu’ils se sont enrichis.  Au lieu de donner  au maître ce qui lui est dû et de montrer un peu de gratitude, ils démontrent au contraire une attitude de cupidité et d’avidité. Ils veulent tout garder sans qu’il y ait  possibilité de partage. La richesse les aveugle et les entraîne dans une mort spirituelle qui se traduit par la fermeture du cœur et un aveuglement à outrance. Que fera le maître à ces vignerons?

Jésus nous le rappelle à travers les écritures : La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire. C’est là l’œuvre du Seigneur, une merveille sous nos yeux! En effet, la merveille est sous nos yeux parce que Jésus est bien la pierre angulaire, le sommet qui relie les deux plans d’un même monde : le plan matériel et le plan spirituel. Homme-Dieu, Il est à l’origine du monde et sa vision du monde révèle une réalité tout autre qui vient réveiller les consciences et les cœurs de ceux et celles qui se laissent toucher par sa présence et sa parole. Rejeté, humilié, sa mort ne sera pas vaine parce qu’Il ressuscitera dans  toute sa gloire. Tous ceux et celles qui sont humbles de cœur, reconnaîtront qu’Il est l’envoyé de Dieu, le Fils de Dieu. Jésus devient le chemin, la vérité et la vie. C’est Lui qui nous conduit au Père et nous réconcilie avec le maître de la vigne. Il nous ouvre à l’Amour et à la miséricorde de Dieu. Ressuscités avec Lui, nos yeux se sont ouverts et nous entrons par la grâce dans une nouvelle alliance d’Amour avec le Père, le Fils et l’Esprit. Jésus est la pierre angulaire qui illumine le monde.

Père très bon,
Dans ta gratuité, tu nous as tout donné.
Tu nous remets le monde entre les mains.
Délivre-nous de l’avidité, de la cupidité et
Aide-nous à bâtir ton royaume de justice et de paix.

Père très bon,
Dans ta bonté, tu nous as envoyé ton Fils Jésus.
Ouvre nos cœurs à sa Parole de Vie et
Donne-nous ton cœur universel et généreux.

Père très bon,
Dans ta miséricorde, tu nous as ramené vers ta lumière.
arde tes enfants dans l’humilité et la paix.

Karine

Pendant que les médias rapportent des échos de la persécution des chrétiens en plusieurs pays, je reçois cette parabole comme un avertissement. Il m’arrive de me comporter comme un possesseur tranquille d’un bien précieux sans chercher à le faire fructifier. J’oublie trop souvent que la foi que j’ai reçue m’est parvenue à travers des générations d’ancêtres croyants qui se sont souciés de la transmettre jusqu’à nous, au prix parfois de dures épreuves voire du martyre.

Jésus, le Christ, l’envoyé du Père a connu le rejet, la persécution et une mort horrible pour avoir voulu dire jusqu’à la fin une parole d’amour qu’il avait entendue du Père. C’est ainsi qu’il est devenu la pierre de fondation de toute une communauté de croyantes et de croyants édifiée au long des âges. Est-ce que  je ne laisse pas trop aux autres la mission de révéler au monde son nom et son amour? Je sais pourtant que son message peut cimenter la famille humaine dans le respect mutuel qui garantit la paix.

Je reconnais aujourd’hui que je devrais plus souvent rendre grâce avec les paroles mêmes du Psaume que les chefs des prêtres et les pharisiens avaient récité sans en comprendre la portée: « La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire. C’est là l’œuvre du Seigneur, une merveille sous nos yeux! »

Gisèle

Prend garde, Ô mon âme de ne pas te laisser séduire par l’esprit de convoitise des vignerons de cette parabole. Souviens-toi et demeure attachée au Seigneur du domaine plutôt qu’aux fruits de la vigne. Ne brigue pas le siège du Seigneur. S’il n’y a plus en toi aucun désir de demeurer attachée à Son œuvre, tu auras choisi la mort et le Seigneur respectera ton choix.
Prend garde, Ô mon âme, tu n’as qu’un seul Seigneur, Il ordonne tes désirs les plus contradictoires vers le bonheur qui n’as pas de fin. Si tu jettes son envoyé au dehors de la vigne qu’Il t’a confiée, sache que cette vigne périra pour renaître en prenant appui sur celui que tu as jeté dehors.

« Dieu fit la liberté, l’homme a fait l’esclavage » (Marie-Joseph Chénier)

Pierrette

3-ou-est-il-en-moi

Seigneur, aide-moi, il est où en moi le « bâtisseur »? Où est-il celui qui croit savoir? Où se tient celui qui, à force d’études et d’érudition, prétend  savoir comment construire ton temple?  Où est-il celui à force de réflexion, à force d accumulation de connaissances, en finit par oublier de t’écouter, de te consulter et de te suivre docilement?

Où est-il celui qui s’accroche à l’ancien, qui repose sa tête avec arrogance sur les œuvres des hommes, et qui refuse de s’agenouiller devant le nouveau-né dans l’étable?

Où est-il ce « bâtisseur » qui, tellement fier d’être de ceux qui ont construit la grande cité des hommes, ne voit pas qu’il rejette la pierre d’angle, la pierre sans laquelle toute construction est appelée à s’effondrer tôt ou tard. Où est-il en moi celui qui s’appuie sur le tronc d’un arbre mort alors que bourgeonne le cep de la vigne de vie?

Seigneur, aide-moi à sortir de la cité des bâtisseurs, appelle-moi afin qu’à ta suite, j’accepte de fouler les terres arides et les déserts, de traverser les mers démontées et les villes hostiles. Ouvre mes oreilles afin que j’entende entièrement ton commandement d’amour, ouvre mon cœur pour je reconnaisse enfin, un par un et au gré de ton souffle, tes véritables enfants, ceux qui te sont fidèles sarments de vie, en toute liberté et par choix! Permets-moi de devenir pierre vivante de la seule véritable construction de vie, ton église, de me reconnaître comme membre indissociable de ton corps, de ce peuple sans frontières qui se rassemble autour de ton nom, de ces petits agneaux sans éclats auxquels tu ne cesses de confier la fructification de ton royaume!

Nénuphar 

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