la pierre a été enlevée du tombeau (Jn 20, 1-9)

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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean, chapitre 20, 1-9

Le premier jour de la semaine,
Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ;
c’était encore les ténèbres.
Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau.
Elle court donc trouver Simon-Pierre
et l’autre disciple,
celui que Jésus aimait,
et elle leur dit :
« On a enlevé le Seigneur de son tombeau,
et nous ne savons pas où on l’a déposé. »
Pierre partit donc avec l’autre disciple
pour se rendre au tombeau.
Ils couraient tous les deux ensemble,
mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre
et arriva le premier au tombeau.
En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ;
cependant il n’entre pas.
Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour.
Il entre dans le tombeau ;
il aperçoit les linges, posés à plat,
ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus,
non pas posé avec les linges,
mais roulé à part à sa place.
C’est alors qu’entra l’autre disciple,
lui qui était arrivé le premier au tombeau.
Il vit, et il crut.
Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris
que, selon l’Écriture,
il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

______

COMMENTAIRES

Elle voit.   Elle court.
Entre les deux, la pierre enlevée.
Quelle est cette pierre enlevée de mon cœur depuis que j’ai commencé mon carême, depuis que j’ai entendu l’invitation de revenir à Dieu?
Quel est ce VIVANT que je rencontre aujourd’hui, celui qui est pour moi, chemin de vie, source de joie?

Fernande

 …

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« On a enlevé le Seigneur de son tombeau,
et nous ne savons pas où on l’a déposé. » (Jean 20, 1-9)

Enlevé de son tombeau,
n’est-il pas vivant ailleurs?
Mais où donc?

Ne le cherchons pas parmi les morts, puisqu’Il est vivant: là où l’on souffre, là où l’on lutte pour plus de justice et d’équité.

Là où l’on marche au lieu de ramper; là où l’on doit quitter maison, terres et tout, en raison de guerres qui affligent ici et là notre monde dérouté;

là aussi dans les prisons, celle d’Asia Bibi et de tant d’humains enfermés en raison de la folie barbare;

oui vivant, Il visite jusqu’à celle de nos cœurs qui aspirent à sa Vie, à Sa Liberté…

Car « selon l’Écriture,
il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts. »

Marie-Hélène

ILS COURAIENT TOUS LES DEUX, MAIS LE PREMIER ARRIVÉ N’ENTRA PAS

…….parfois il m’arrive de courir pour connaitre davantage ce qui arrive à la vie de Jésus surtout en ces temps forts de la passion.  Mais une fois arrivé, la crainte s’empare de moi parce que je ne suis pas digne d’entrer dans ce grand mystère, et que ma vie doit s’accorder avec ce récit de foi, d’espérance et d’amour. J’ai devant moi toutes les preuves qu’Il est bien ressuscité, les bandes sont là enroulées attendant que je les porte en tant que sauvé et apôtre du Christ. Comme j’aimerais dire d’une façon aussi convaincante que ce disciple   » IL VIT ET IL CRUT « . Seigneur, il faisait encore nuit lorsqu’ils ont constaté que la pierre n’y était plus, accorde moi  cette lumière d’un ressuscité afin que je puisse éclairer à tout jamais ceux qui m’accompagne dans ce même cheminement.

Mariette

Il vit, et il crut.
Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris
que, selon l’Écriture,
il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.

tombeau-vide

C’est tellement grand! Ça dépasse tellement TOUT ce qu’il nous est possible d’imaginer ou de comprendre! Comme Jean, Simon-Pierre, et les autres apôtres, il ne me serait JAMAIS venu à l’esprit que notre maître devait traverser tous ces événements, ces ténèbres les plus profondes et des plus noires pour renverser la mort et faire triompher la Vie dans toute sa splendeur, et l’éclatante lumière et chaleur de l’Amour!!!

Cet Amour qui triomphe mais sans jamais s’imposer. Cette certitude si douce et si réconfortante que quelle que soit l’épreuve, la Lumière n’est jamais loin, l’Amour a déjà tout embrassé, il est au bout de tout, vient à bout de tout, et est au cœur de tout.

En ce jour, je suis remplie de gratitude, Seigneur, pour l’immense grâce d’avoir pu recevoir et accueillir cette petite semence de Ta Présence et de Ta Parole et de Ton Amour dans mon cœur. Merci de passer encore et encore chaque jour par ces sœurs et frères de cœur, mère, père, grand-mères et grand-pères, et aussi chacune des personnes que tu mets sur ma route. Pour me révéler Ta Présence et me faire connaître Ton visage.

De tout cœur, je veux m’offrir à toi et te demander de faire de moi aussi une semence qui témoigne de Ta présence, de Ton Amour, de ta compassion. Si non en paroles, par toute ma vie !

Solane

À la lecture de ce récit, une question s’est posée :  Aux côtés de quels personnages suis-je ?

– Du côté de ceux auxquels Jésus fait peur ?  Attachés à l’ordre établi, au pouvoir, aux privilèges qu’il confère, à l’héritage, à la propriété;  la Parole de Jésus leur est insupportable. Ils trouvent en cette Parole une justification pour mettre à mort Celui qui la profère, tout en évitant que le peuple, toujours versatile, se retoune contre eux : Tous les moyens sont bons pour que la loi de l’amour ne prévale pas.

– Aux côtés des indignés, ceux qui jugent de tout d’après leur propre idéal et qui ne voient, dans le geste de la femme qui honore Jésus en versant sur lui le parfum le plus précieux, qu’un flacon de « grand prix » versé en pure perte par une femme écervelée ?

– À côté de la femme fervente, absorbée toute entière par la louange du Seigneur qui ne cesse de jaillir en elle ?

Si, à l’appel du Seigneur, la tête a fait obstacle et a dit Non, je suis à côté des peureux et des indignés.
Si, à l’appel du Seigneur, le cœur a été atteint et a dit Oui, je suis au lieu de l’Amour et de l’offrande, à côté de la femme au parfum.

Pierrette

J’essaye de m’imaginer ce que Marie-Madeleine a pu vivre :

J’avais peur.

J’ai toujours eu peur de l’obscurité et il faisait encore noir.

Et pourtant je me sentais poussée à sortir dans la nuit, et à marcher dans l’obscurité jusqu’à sa tombe. Je ne voulais pas rester seule, je ne voulais pas laisser mon Seigneur seul.

Je ne voyais pas grand-chose, ou du moins autre que la voute étoilée et les pâles lueurs à l’horizon qui annonçaient le retour de la lumière.

Faut croire que même la lune était en deuil, elle s’était retirée sous son voile. Peut-être que comme moi, elle se cachait du regard des hommes, ne voulant pas montrer ses yeux rougis par les larmes.

C’est pleine de crainte que je marchais sur le sentier et mes pas étaient ralentis par les roches auxquelles mes pieds se frappaient.

J’arrivai enfin à l’approche des massifs de pierre dans lesquels la tombe avait été creusée.

La faible lumière du jour naissant éclairait les escarpements humides et en faisait ressortir le relief.

C’est alors que je vis…

… la tombe ouverte!

La pierre avait été enlevée. Il n’apparaissait plus qu’un trou béant qui semblait déboucher sur un immense mystère.

Malgré la pénombre, je sus immédiatement que le tombeau était vide. Le Seigneur n’y était plus.

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J’étouffai un cri.

Malgré la surprise et l’effroi, je ne pus réprimer un pincement furtif de joie dans mon cœur.  Comme si intuitivement j’étais déjà convaincue que le Seigneur ne pouvait rester enfermé entre quatre murs de pierre.

Des paroles d’espérance entendues auprès du Seigneur me soufflaient : « À Dieu rien n’est impossible, même l’inéluctabilité de la mort peut être vaincue.

Puis immédiatement la raison retrancha cette folie et je m’entendis murmurer pour moi-même : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. » Puis je courrai rapporter la nouvelles aux hommes.

Nénuphar

Le récit de Saint-Marc, réduit aux faits; me porte à voir que, devant un fait énigmatique qui heurte notre besoin de cause raisonnable, nous passons par plusieurs étapes :

– Sans approche, vu de loin, conclusion rapide et la plus plausible, annoncée comme vérité :
Marie-Madeleine, à la vue de la pierre enlevée, conclut et annonce « On a enlevé le Seigneur de son tombeau et nous ne savons pas où on l’a déposé » !

– À l’approche
_: naissance de l’interrogation, mort de la conclusion hâtive :
Le disciple que Jésus aimait *s’approche de l’entrée*du tombeau, se « penche »et voit les linges posés à plat, il s’interroge sur le sens possible de ce qu’il voit.

– Chercher
, voir tout ce qui est nécessaire à la mise en lumière espérée :
Pierre entre dans le tombeau, voit ce que Jean (l’autre disciple) n’a pas vu et ne peui rien conclure encore.

– Entrer de nouveau et éclairer
les faits avec les fruits de l’interrogation.
Jean, à la suite de Pierre, entre aussi  et, éclairé par les Écritures et la Parole de Jésus, il voit et il croit _*(que Jésus est ressuscité).

La foi permet à la raison humaine d’être éclairée par la Parole divine et de voir ce que seule elle ne peut voir. Que le Seigneur ne nous permette ni d’oublier ses dons, ni d’oublier d’en rendre grâce.

Pierrette

….          

tombeau-vide-5Ces quelques versets résonnent en moi comme le passage d’un regard à l’autre, comme le retournement en soi, et même un double retournement… en Lui, par Lui et avec Lui.

Il y a d’abord Marie Madeleine qui se rend au tombeau avant que les ténèbres fussent dissipées; elle aperçoit la pierre enlevée du tombeau et court prévenir Pierre et Jean, croyant que le corps de Jésus a été enlevé.

Les deux apôtres courent ensemble au tombeau et Jean arrive le premier et voit les linges posés à terre mais il n’entre pas…

« Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau; il voit les linges posés à terre, ainsi que le suaire qui avait recouvert la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part dans un autre endroit.
C’est alors qu’entra l’autre disciple, celui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. »

Il n’est pas dit ici que Jean crut d’après le fait qu’il ne vit plus Jésus… mais plutôt d’après ce qu’il vit…

Mais qu’est-ce que Jean vit pour croire ainsi? S’il vit la même chose que Pierre, il vit :

les linges posés à terre, ainsi que le suaire qui avait recouvert la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part dans un autre endroit.

C’est donc qu’il y avait quelque chose d’inusité dans cette scène… et qui déjà l’avait retenu en arrêt à l’entrée du tombeau? Est-ce que les linges étaient posés comme si Jésus avait disparu sans déranger en rien les linges qui l’entouraient? Le suaire qui avait recouvert sa tête était-il roulé avec un soin particulier en cet autre endroit? Mystère!

Mais il semble en tout cas que le regard de Jean s’ouvre à une lumière nouvelle, puisque juste après il écrit :

« Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts. »

Michaël

Les esprits scientifiques cherchent encore une réponse à ce tombeau vide et se demandent où sont passés les ossements de Jésus. C’est bizarre, vraiment bizarre, cette disparition. Avec la grâce qui nous a été donné, nous, les chrétiens de ce monde, nous donnons une réponse du cœur qui est celle de la Foi.  Marie-Madeleine et les disciples de Jésus nous ont légué l’héritage de la foi en Jésus ressuscité. C’est une grâce et une  certitude que nous avons expérimenté dans notre vie. OUI, Jésus est vraiment ressuscité. Les disciples de Jésus ont compris l’Écriture à partir de la résurrection de Jésus. Ils sont les témoins vivants de sa résurrection et deux mille ans plus tard nous confirmons ce que les disciples ont vu et entendu parce que Jésus est bien vivant dans notre vie et notre monde. Nous sommes les témoins du Christ.  Jésus se fait Présent tous les jours de notre vie et Il continue de frapper à nos portes dans nos moments d’égarement. Restons à l’écoute des Écritures pour que l’esprit de lumière et de vérité nous  ouvrent les yeux du cœur. Demandons à Jésus la grâce de la résurrection pour que nous puissions Le Rencontrer en nos cœurs et dans nos prochains et que sa sainte Paix  puisse nous revêtir d’humilité. Célébrons la Vie du Ressuscité et partageons la joie de Pâques.

Jésus, tu es vraiment le Fils du Dieu vivant.
Viens illuminer notre vie et notre monde
En ce matin de Pâques.

Jésus, Toi qui es ressuscité d’entre les morts
Fais rouler la pierre de nos tombeaux qui
Nous empêche de donner la vie en abondance.

Jésus, Toi, la lumière de Pâques
Viens réveiller le cœur du monde et saisir de Ta lumière
Ceux et celles qui sont sous le pouvoir du diable.

Jésus, Toi, l’Amour de notre vie
Donne-nous la Paix que le monde ne peut donner.
Fais de  nous des agents de paix, d’espérance et d’amour.

Le Seigneur est vraiment ressuscité, Alléluia!

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Où vas-tu Marie-Madeleine?
Je vais au tombeau voir celui que mon cœur aime.

Qui te roulera la pierre?
Je ne sais pas. Je veux être proche de mon Seigneur.
Mais… dis donc, la pierre a été enlevée du tombeau!

Qu’as-tu vu Marie-Madeleine?
Simon-Pierre, viens vite, vite,
On a enlevé le Seigneur de son tombeau.
Mais, je vois les linges et le suaire roulé à sa place.
L’autre disciple entra au tombeau :
Il vit et il crut.

Alléluia! Le christ est ressuscité.
Frères et sœurs dans  le Christ,
Croyons-nous à la Bonne Nouvelle de la résurrection?

Oui.  Nous croyons en Jésus de Nazareth. Il est vraiment ressuscité.
Après le baptême de Jean,
Dieu lui a donné l’onction de l’Esprit-Saint.
Là où il passait, il faisait le bien et guérissait
Tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable
Car Dieu était avec lui.

Oui. Notre point d’ancrage c’est le Christ.
Nous sommes ressuscités avec Lui.
Nous sommes les témoins vivant de son amour.
Le Seigneur a été Présent dans notre vie,
Il l’est encore aujourd’hui,
Il le sera jusqu’à la fin de nos jours et
Il nous a chargés d’annoncer
La  Bonne Nouvelle sur la terre des vivants.

Frères et sœurs dans le Christ
Crions de joie pour le Seigneur! Allons, acclamons-Le!
Oui. Le Christ est ressuscité. Alléluia!
Célébrons la Fête pascale, la victoire de l’Amour
Non pas avec de vieux ferments,
Mais avec l’Esprit de Jésus ressuscité d’entre les morts.

Frères et sœurs dans le Christ
Revêtons-nous d’humilité et marchons en présence du Seigneur.
Recherchons les réalités d’en haut, l’Amour divin.
Entrons dans la danse de la liberté et de  la Vie.
Soyons tout accueil et  miséricordieux.
Partageons  notre pain quotidien dans  la justice et la vérité.
Devenons une pâte nouvelle qui enrichie le monde
Avec la joie  et la paix du Ressuscité.

Joyeuses Pâques à chacun, chacune 

Karine

«Ce qu’elle pouvait faire, elle l’a fait.» (Mc 14, 1-15)

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Évangile de Jésus Christ selon saint Marc, chapitre 14, 1-15

La fête de la Pâque et des pains sans levain
allait avoir lieu deux jours après.
Les grands prêtres et les scribes
cherchaient comment arrêter Jésus par ruse,
pour le faire mourir.
Car ils se disaient :
« Pas en pleine fête,
pour éviter des troubles dans le peuple. »

Jésus se trouvait à Béthanie,
dans la maison de Simon le lépreux.
Pendant qu’il était à table,
une femme entra,
avec un flacon d’albâtre
contenant un parfum très pur et de grande valeur.
Brisant le flacon,
elle lui versa le parfum sur la tête.
Or, de leur côté, quelques-uns s’indignaient :
« À quoi bon gaspiller ce parfum ?
On aurait pu, en effet, le vendre
pour plus de trois cents pièces d’argent,
que l’on aurait données aux pauvres. »
Et ils la rudoyaient.
Mais Jésus leur dit :
« Laissez-la !
Pourquoi la tourmenter ?
Il est beau, le geste qu’elle a fait envers moi.
Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous,
et, quand vous le voulez,
vous pouvez leur faire du bien ;
mais moi, vous ne m’avez pas pour toujours.
Ce qu’elle pouvait faire, elle l’a fait.
D’avance elle a parfumé mon corps pour mon ensevelissement.
Amen, je vous le dis :
partout où l’Évangile sera proclamé
– dans le monde entier –,
on racontera, en souvenir d’elle, ce qu’elle vient de faire. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

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COMMENTAIRES

« Jésus leur dit :
« Laissez-la !
Pourquoi la tourmenter ?
Il est beau, le geste qu’elle a fait envers moi…
Ce qu’elle pouvait faire, elle l’a fait. »

Dans chacune de nos vies, n’y a-t-il pas de ces tournants décisifs qui engagent librement toute la personne?

Geste de DON en pure folie…  Qui change non pas tant Jésus, mais celle/celui qui l’accomplit… De l’ordre d’un « Oui » total et libre, une sorte de « saut qualitatif » qui signe un Amour transformant…

« Ce qu’elle pouvait faire, elle l’a fait. »

Marie-Hélène

« ETRE COMME LE PARFUM, TRÈS PUR ET DE GRANDE VALEUR. »

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Seigneur, comment peux-tu en connaitre la grande valeur si tu ne viens pas me briser pour en reconnaitre tout l’arôme. J’ai peut-être l’air d’un contenant comme tous les autres contenants, mais je suis fragile, difforme, aux couleurs fades, un contenant qu’on est tenté de tasser d’un coup de pied.

Mais toi, Seigneur, prends-moi dans tes mains, regarde attentivement ce flocon, dis… tu me reconnais, je suis ton enfant qui a perdu l’odeur de ton amour, je me suis laissée emballer par des paroles qui n’avaient aucune saveur et sinon regretté mon essence.

Jésus, en ce temps de carême, moi aussi j’aimerais parfumer ton Corps par des gestes et paroles tellement odorantes pour que l’univers entier perçoive ton approche en disant : ça sent la paix, l’amour, la miséricorde, la bienveillance, le pardon, et me faire dire « ce qu’elle pouvait faire, elle l’a fait… »

Mariette  

Comme on est vite à juger ceux qui sont différents et que l’on est vite à les marginaliser de nos sociétés. Ces gens bizarres, ceux qui étonnent, ceux qui dérangent, par leur simplicité, mais aussi par leurs gestes soudains, portés par un élan du cœur plein de tendresse, d’empathie, de vérité et d’amour.

Ces gens, comme cette femme qui a osé répandre le parfum sur les pieds de Jésus, sont nos guides. Merci Seigneur pour ces anges que tu envoies à notre rencontre pour nous enseigner le chemin qui mène à toi.

Merci de me donner de les imiter, d’écouter et de suivre les antennes de mon coeur, que cela paraisse complètement farfelu, ou que cela vienne bousculer les rêves, idées ou projets plus « sérieux », qui viennent logiquement sembler répondre à un projet plus grand. Donne-moi de simplement souhaiter te rendre grâce, te louer et te servir en tout temps.

Solane

Pendant que certains n’attendent que la mise à mort du corps de Jésus et son ensevelissement, cette femme – dont le cœur a été ouvert par Jésus – le glorifie plutôt en répandant sur lui un parfum précieux, et ce faisant, par son amour plutôt que par son savoir, elle le prépare à cette descente au tombeau qui ouvre tous les tombeaux, libérant non seulement nos âmes, mais aussi nos corps ensevelis sous le poids de nos divisions et autres savants calculs.

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Ce corps de Jésus que l’on continue à vouloir ensevelir à tout prix en ne retenant de lui qu’une idée, une philosophie, une morale, une sagesse, un symbole… voire un précieux parfum, c’est aussi nos propres corps que nous ensevelissons encore et toujours, car sans l’incarnation réelle et tangible de l’Amour de Dieu, quel est le corps qui peut rassembler tous les corps divisés – comme autant de membres dispersés – en un seul corps, non séparés et pourtant non confondus, et ainsi les rebrancher à l’Arbre de Vie?

Michaël

Seigneur pourras-tu dire cela de moi un jour; « ce qu’elle pouvait faire, elle l’a fait? » Ai-je le courage de poser des gestes qui me viennent du coeur mais qui sont à l’encontre du « bon sens », de l’ordre établi? Ai-je le courage, tout comme cette femme l’a eu, d’agir parfaitement selon mon coeur sans me conformer au monde, en faisant fi des opinions des autres? Et plus courageux encore, de faire fi de ce qui semble juste dans le regard du monde? Comme cette femme qui apparemment gaspille beaucoup d’argent en versant le parfum sur la tête de son Seigneur, elle aurait pu le donner aux pauvres…Seigneur permet que j’entende sans filtre l’élan de mon coeur et que sans tarder et sans peur, je le mette à exécution. Je te demande pardon pour toutes les fois ou j’agis comme ceux qui s’indignent et se conforment aux lois du monde en oubliant de Te servir le premier.

Merci pour cette femme qui éternellement verse le plus précieux parfum sur ta tête pour glorifier son Seigneur!

Mariette-Renée

Ce qu’elle pouvait faire, elle l’a fait

Cette fois, à Béthanie, Jésus n’est pas chez ses amis Lazare, Marthe et Marie, mais l’un des invités chez Simon le lépreux. Dans ce milieu-là, on sait que certains complotent pour faire arrêter Jésus, surtout depuis qu’il a ressuscité Lazare. Sa tête est mise à prix. Une odeur de mort rôde alentour mais on n’en parle pas.

Cette femme qui entre chez Simon va briser le silence en brisant le vase d’un parfum très précieux. Qui est cette femme « qui vint » chez Simon? Quelle que soit sa réputation – peut-être une exclue elle-même – elle a compris intuitivement que cet homme n’est pas comme les autres. À sa manière elle ose parler de sa mort prochaine, de la menace qui pèse sur lui. Jésus enchaîne, ouvre la bouche pour reconnaître qu’elle dit vrai, que son geste de don est sur le bon registre… tandis que les autres opinent sur ce qu’il eut mieux valu faire avec cette pièce de grande valeur. Oui, « ce qu’elle pouvait faire, elle l’a fait ». Par son geste, sans un mot, elle crie : ouvrez vos yeux, ouvrez vos cœurs et vous saurez qui est cet homme!

Comme ces invités qui invoquent la valeur de l’aumône en faveur des pauvres, nous nous situons souvent au registre des bonnes intentions et des bonnes pratiques alors qu’il nous est demandé de faire un saut dans la foi pour reconnaître qui est Jésus dans notre histoire humaine.

Aujourd’hui, à Béthanie, Jésus vit consciemment l’approche de sa mort. Il pressent qu’on ne le suivra pas dans la tourmente; plusieurs qui l’ont suivi et admiré quand il donnait des signes de sa puissance vont s’abstenir de plaider en sa faveur lorsqu’il sera contesté, accusé.  Suis-je « avec lui » dans la peine comme dans les beaux jours? Suis-je en voie de passer au registre de la compassion qui dépasse le convenu, les apparences pour ouvrir mon cœur et m’approcher de celui ou celle qui attend d’être libéré de la solitude et de la dépendance? Puis-je prendre dans mon cœur ces chrétiens persécutés dans le monde pour prier avec eux, faute de pouvoir être à côté d’eux pour partager leur peine et leur combat?

Quand je vois une maison s’ouvrir pour accueillir un jeune en danger, ou une municipalité accueillir une résidence pour des ex-détenus en période de transition, je me dis que l’amour est plus fort que la peur, et que ces gestes d’accueil valent plus que tout l’or du monde. Autant que le parfum que cette femme a répandu sur Jésus.

Gisèle

Pourquoi ai-je fait cela? Qu’est-ce qui m’a poussée à prendre ce parfum de grand prix et à en verser tout le contenu sur la tête de cet homme appelé Jésus de Nazareth? Aucune pensée, aucune raison ne peut justifier cette folie aux yeux du monde.

Et pourtant c’était impérieux, il fallait que je le fasse, et rien ni personne aurait pu arrêter la volonté qui m’animait à ce moment là.  Je l’ai fait, ou plutôt, ce geste a voulu se faire au travers de moi, bien au-delà de mon propre vouloir.

Oui, tout, tout ce flacon de parfum d’une valeur inestimable a voulu être versé sur la tête de celui qui a tout, tout, tout donné. Cela, je ne l’ai véritablement su que plus tard. Mais la présence à laquelle j’obéissais sur le moment même le savait très bien, même si moi, pauvre petite servante, je ne l’avais pas encore compris.

Nénuphar

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Ce passage d’évangile vient mettre en lumière la place du discernement dans nos choix de  vie. Ce qui est important ici, Jésus nous le rappelle, c’est l’amour. Cette femme n’est pas un disciple de Jésus mais voilà qu’elle sentait le besoin de montrer son affection envers Jésus en lui versant du parfum hors prix sur sa tête. C’était sa façon à elle de lui dire : « je t’aime. » Encore une fois l’argent est omniprésent dans nos vies et nous devons toujours discerner pour en faire un bon usage. « Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous » dit Jésus.

Des fois il nous est difficile de ne pas penser à notre mission, notre travail en délaissant ceux et celles qui partagent notre vie. Concilier travail-famille-amis devient un casse-tête au quotidien quand il s’agit de  donner du temps aux personnes qui nous sont chères. Combien de fois les parents doivent sacrifier le temps passé en famille pour répondre aux besoins de leur mission, de leur travail  ou pour joindre les deux bouts afin de gagner un bonus pour satisfaire les besoins de la famille.

Jésus prend plaisir aux gestes du cœur et Il nous rappelle l’essentiel : tous les petits gestes d’amour que nous pouvons faire pendant que la personne est encore proche de nous, bien vivante au milieu de nous, faisons-les de tout cœur. Alors, n’attendons pas la mort pour encenser, embaumer de parfum et de fleurs nos proches et amis. Prenons le temps pour vivre l’instant présent dans l’amour. Demandons à Jésus de nous conduire vers les valeurs qui nous élèvent vers son humanité et divinité.

Merci Jésus de nous ramener à l’amour.
Aide-nous à fixer notre regard sur Toi
Afin que  nous puissions t’aimer à travers nos prochains.

Mon Seigneur et mon Dieu,
Donne-nous la grâce du discernement.
Ne permets pas que l’argent soit le moteur de notre vie.
Donne-nous la paix du cœur qui nous sécurise et
nous délivre des tentations de ce monde.

 

Karine

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé » (Mc 9, 2-10)

Un nouvel extrait des Évangiles à écouter et à commenter…

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( Illustration inspirée d’icônes traditionnelles )

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc, chapitre 9, 2-1

En ce temps-là,

Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean,
et les emmena, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne.
Et il fut transfiguré devant eux.
Ses vêtements devinrent resplendissants,
d’une blancheur telle
que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille.
Élie leur apparut avec Moïse,
et tous deux s’entretenaient avec Jésus.
Pierre alors prend la parole
et dit à Jésus :
« Rabbi, il est bon que nous soyons ici !
Dressons donc trois tentes :
une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
De fait, Pierre ne savait que dire,
tant leur frayeur était grande.
Survint une nuée qui les couvrit de son ombre,
et de la nuée une voix se fit entendre :
« Celui-ci
est mon Fils bien-aimé :
écoutez-le ! »
Soudain, regardant tout autour,
ils ne virent plus que Jésus seul avec eux.

Ils descendirent de la montagne,
et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu,
avant que le Fils de l’homme
soit ressuscité d’entre les morts.
Et ils restèrent fermement attachés à cette parole,
tout en se demandant entre eux ce que voulait dire :
« ressusciter d’entre les morts ».

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
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COMMENTAIRES

« L’amour de mon père! Comme il m’aimait! » 

Hier, j’étais avec une personne de 98 ans.  Lors de la conversation, je lui demandai ce que la vie lui avait appris. Un court moment de silence. Puis son visage devint tout rayonnant.  Elle me dit: « L’amour de mon père! Comme il m’aimait! »
La transfiguration, si c’était cela?  Cette étincelle de lumière qui laisse pressentir la joie d’une présence qui m’a aimée et ne m’abandonnera pas. Surtout au creux de mes dépouillements.

Fernande

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le »

Se peut-il que dans chacunE de nos vies, ait lieu pareil moment décisif…

Que Jésus m/nous emmène seul à l’écart…

Qu’Il se manifeste?

Et que je/nous demeurions fermement attachés à sa Parole?

D’ailleurs, comment pourrait-il en être autrement pour la suite des choses ici-bas dans la foi?

Aujourd’hui et chaque jour, « Écoute-le… »

Marie-Hélène

jesus

« …ILS DESCENDIRENT DE LA MONTAGNE « 

…la montagne est une élévation du sol. Jésus a ressenti le besoin de faire la rencontre  avec Pierre, Jacques, et Jean au sommet de la montagne pour être dans une  liberté complète de contemplation et m’inviter à devenir moi-aussi « élévation »pour rendre grâce au Transfiguré. Dans ces moments d’éclatement lumineux, je voudrais me camper près de Lui, mais la nuée me couvre et m’incite à écouter ce Fils Bien-aimé, même si je ne comprends pas toujours le message. Seigneur, je bénis tout le lumineux que tu déposes en moi et je te dis merci.

Mariette

jesus-transfEn ce temps-là,
Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean,
et les emmena, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne.
Et il fut transfiguré devant eux.

À priori, le récit de la transfiguration peut ressembler beaucoup à une histoire de pêche, ou encore aux histoires de fin de soirée entre copains, où les mélanges d’alcool, d’euphorie, ou même de désespoir et d’incompréhension nous plongent un peu dans un état second.

Le passage me fait penser aussi à nos quotidiens de plus en plus remplis, comme pour nous perdre dans les nuages, et nous engourdir, et nous emmener loin, si loin de notre Seigneur.. Comme pour fuir la vision de la blancheur de ses vêtements resplendissant, de peur qu’ils ne révèlent nos failles. Si profondes, face à Sa grandeur.

Stp, Seigneur, permets moi de toujours chercher Ta face en toute personne, chose ou circonstance. Et de voir Ton vrai visage, ton visage d’Amour étincelant, capable de faire fondre le plus gros des icebergs, de réchauffer et ranimer nos coeurs perdus.

Solane

Par sa transfiguration, Jésus manifeste en son corps la communion de ce qui, en l’homme, avait été séparé… mais en acceptant la crucifixion au prix de sa propre vie, il réunit les branches verticale et horizontale de la croix pour toute la création, ouvrant chemin de résurrection pour chacun d’entre nous.

Seigneur, je t’en prie, que nous soyons dès maintenant transfigurés de ta transfiguration!

Michaël

C’est un moment d’exception que les trois disciples ont vécu. Il y avait tant à voir, à entendre, à recevoir ! Au centre, Jésus, ce maître qu’ils ont décidé de suivre même s’ils le trouvent déroutant à certaines heures. Ici, il n’y a plus de doute possible, ils ont bien entendu la voix qui disait « Celui-ci est mon fils bien-aimé, écoutez-le ».

jacques

Un tel moment dans une existence ne se présente pas tous les jours. Pour Jésus lui-même, c’est une révélation de son identité profonde. Quelle transparence entre lui et le Père, entre lui et les trois disciples : aucune frontière, mais la vérité de l’être qui se dévoile. Pierre, Jacques et Jean, captez bien cette lumière, prenez-la précieusement en vous, vous en aurez besoin un certain vendredi…

Les jours de lumière nous sont donnés pour tenir bon dans la confiance.

Gisèle

De villages en villages Jésus donne sa Parole à tous et pour tous, il  fait des miracles devant tous et pour tous ceux qui le demandent. Cependant, selon la sagesse divine, certains dons ne se donnent que dans le secret, à quelques uns préparés pour cela, et qui seront chargés de témoigner, de bouche à oreille, en temps voulu par le Seigneur.

C’est ainsi que Pierre, Jacques et Jean sont appelés à voir et à se taire sur ce qui leur a été montré, « jusqu’à ce que le Fils de l’Homme soit ressuscité d’entre les morts« . Alors ils auront à délier leur langue, même s’ils préfèreraient garder le silence. Ils ne sont pas appelés à demeurer en haut de la montagne, dans la joie de la révélation, ils sont ordonnés à l’écoute et à la transmission.

Peut-on écouter si l’on ne se tait pas, » à l’écart sur une haute montagne »et peut-on transmettre si l’on ne « descend » pas vers la multitude ?  Suivre Jésus c’est apprendre ce mouvement, cette grande respiration dans laquelle se taisent nos jérémiades de pécheurs. Peut-on mourir d’amour et se plaindre ou s’effrayer ?

Seigneur, ne nous laisse pas aveugles ni dans l’inimitié devant tes messagers et tes serviteurs.

Pierrette

jean

Une autre fois, sans aucune prétention, pour mieux vivre cette impressionnante scène de la transfiguration, je me suis permis de me mettre dans la peau de l’un des personnages y assistant, celui du jeune Jean, le disciple que Jésus aimait.

C’est vrai, j’ai eu tellement peur, d’une immense peur irrationnelle et contagieuse devant l’inexplicable, l’inconnu, devant ce qui échappe à toute raison humaine !

Pourquoi nous avait-il amené à l’écart sur la haute montagne? Savait-il qu’il allait ainsi se métamorphoser devant nous, revêtant un manteau de lumière insoutenable ? Savait-il que le parcours du temps serait momentanément suspendu et que sortiraient de cette faille les grands prophètes Moïse et Élie, vivants !

Il faut croire que la condition humaine appréhende avec une grande crainte le surgissement de Dieu dans notre monde terrestre : tous mes poils de pauvre mortel en étaient hérissés. Car, je l’ai compris plus tard, c’était bien en Dieu et par Lui que cela nous apparaissait.

En fait, je l’ai su avec certitude, lorsque m’étant jeté à terre pour me détourner de la lumière intolérable qui m’assaillait, je l’entendis de mes propres oreilles, Lui, Dieu, dire à haute voix :

« Celui-ci
est mon Fils bien-aimé :
écoutez-le ! »

Une seule parole, toute amour, tendresse, sollicitude et miséricorde ! Je savais qu’ayant entendu cette unique parole, j’étais désormais sauvé. J’avais touché à l’intangible, j’avais entendu de mes propres oreilles l’incommensurable amour de Dieu le Père pour son Fils, amour tellement immense qu’il nous englobe toutes et tous au-delà de nos différences, écarts et égarements.

Depuis, ces mots, « amour » et « écoute » ne cessent de résonner dans mon cœur. Et quand le doute et la crainte m’assaillent, je tends l’oreille en direction du cœur du Fils bien-aimé, comme un petit enfant se jette sur la poitrine parentale.

Nénuphar

Dans la transfiguration de Jésus sur la montagne, l’évangile de Marc nous raconte que Pierre, Jacques et Jean furent saisi de frayeur par le corps lumineux de Jésus et la blancheur de ses vêtements. Pierre dit à Jésus : «  Rabbi, il est bon que nous soyons ici! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. » Dans sa vision Pierre reconnaît que Jésus est un envoyé de Dieu, un prophète. Mais voilà que de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoute-le. »  Jésus n’est pas un prophète comme les autres, Il est le Fils de Dieu. Pierre, Jacques et Jean devinrent les témoins directs de la transfiguration et reçurent  la mission de se mettre à l’écoute de Jésus. Devenir disciple de Jésus, n’est-ce pas d’abord être à l’écoute de sa Parole pour qu’elle prenne racine en nos cœurs et y découvrir l’Amour d’un Père pour ses enfants?  Par le baptême de Jésus, Dieu nous a révélé que Jésus est son Fils bien-aimé en qui Il a mis tout son Amour et par la transfiguration, Il nous demande de nous mettre à l’écoute de son Fils bien-aimé, à  l’écoute de l’Amour et à Son école. L’Amour de Dieu a transfiguré le corps charnel de Jésus en un corps de lumière pour qu’Il accomplisse sa mission. Demandons à Jésus de nous libérer des tentations de  notre corps charnel et de nous vêtir de sa lumière.

pierre

Père très bon,Merci de révéler à l’humanité toute entière ton Fils Jésus.
Merci de nous révéler par ton Fils,
Notre identité de fille et fils de Dieu.
Merci de nous révéler par ton Fils, Jésus, que nous sommes
Tes enfants bien-aimés, frères et sœurs, sur toute la terre.

Ô Jésus, Fils du Dieu Vivant,
Conduis-nous au désert, sur ta montagne sainte
fin que nous puissions faire silence pour mieux t’écouter.

Ô Jésus, Fils du Dieu Vivant,
Fais tomber le voile sombre de nos yeux
Afin que nous puissions voir avec les yeux du cœur,
Ton amour, ta lumière dans les Écritures et dans toute la création.

Ô Jésus, Fils du Dieu Vivant,
Ouvre-nos cœurs à ta Parole et
Mets cette Parole de Vie sur nos lèvres
Afin  que nous puissions illuminer le monde.

Ô Jésus, Fils du Dieu Vivant,
Renouvelle en nous ton Esprit-Saint
Afin que nos corps rayonnent de ta lumière.

Ô Jésus, Fils du Dieu Vivant,
Saisi-nous par ta Présence miséricordieuse
Afin que nous puissions révéler au monde
on amour et ta paix.

Mon Seigneur et mon Dieu
Aide-nous à vivre dans la joie
Notre identité de filles et fils bien-aimés du Père.

 Karine

Jésus fut tenté par Satan, et les anges le servaient (Mc 1, 12-15)

 Un nouvel extrait des Évangiles à écouter et à commenter…

jesus-desert-Mc 1_ 12-15

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc, chapitre 1, 12-15

Jésus venait d’être baptisé.
Aussitôt l’Esprit le pousse au désert
et, dans le désert,
il resta quarante jours,
tenté par Satan.
Il vivait parmi les bêtes sauvages,
et les anges le servaient.

Après l’arrestation de Jean,
Jésus partit pour la Galilée
proclamer l’Évangile de Dieu ;
il disait :
« Les temps sont accomplis :
le règne de Dieu est tout proche.
Convertissez-vous
et croyez à l’Évangile. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

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COMMENTAIRES

Jésus vient d’expérimenter la tendresse de son Père: « Tu es mon Fils bien-aimé, celui en qui je me complais ».  Aussitôt vient l’épreuve où se vérifie sa confiance.  Fermement enraciné dans cet amour, Jésus témoigne que désormais Dieu, en Lui, est présent dans notre monde et le sera toujours. « Les temps sont accomplis. »  Au coeur de nos déserts, Dieu marche avec nous et soutient notre amour.

Fernande

 ..

Mc-1_-12-15-desert« Aussitôt l’Esprit le poussa au désert », qu’y a-t-il d’extraordinaire dans le désert, sinon un lieu aride et inhabité, un lieu qui  pourrait me  révéler l’évangile, et croire à la parole ? Serait-ce la façon que Jésus emploierait pour me convertir dans le silence de mon cœur, qui lui aussi ressemble au désert? Là où il y a de la sécheresse, de grands vents qui emportent mes bonnes dispositions, mon cœur qui semble parfois inhabité à cause d’évènements douloureux. À l’occasion, c’est  en toute intimité que la transformation se produit; faut voir que souvent, ces silences de quarante jours permettent de se solidifier devant les tentations, de voir qu’également toutes mes bêtes que j’avais cru éloignées pour toujours viennent rôder dans mon « bol de nourriture».

Ils savent que j’ai faim de Toi, Seigneur, et ils veulent me distraire par toutes sortes de convoitises. Seigneur, baptise-moi à nouveau afin que ta parole soit ma source de vie et devienne  un engagement en signe d’alliance avec Dieu et ma communauté.

Mariette

Aide-moi Seigneur à accueillir les déserts de ma vie

Le désert… ce lieu pour moi si mystérieux, où il me semble que nulle part ailleurs on ne peut voir le soir un ciel si majestueux, aux millions d’étoiles. Cette beauté, ce silence, cet espace à perte de vue. Aride, mais vivant! Vraiment tout ce qu’il faut pour bien perdre tous ses repaires, et, ainsi enfin retrouver une écoute profonde, vraie, et une rencontre avec ce qui nous habite au plus profond.

Et pour croire que « Les temps sont accomplis :
le règne de Dieu est tout proche.»

Et être prêt à oser répondre à l’invitation que tu nous lances:
«Convertissez-vous
et croyez à l’Évangile. »

Stp, aide-moi Seigneur à accueillir les déserts de ma vie, même s’ils sont loin de ces contrées lointaines que depuis toujours je rêve d’explorer. Aide-moi à accueillir ces périodes de sécheresse et de perte complète de repaires, avec la foi et la certitude que ce sont les passages privilégiés pour mener à la conversion du coeur, pour retrouver tout ce à quoi aspire mon for intérieur, et permettre la vraie rencontre avec toi, mon Seigneur.

Solane

 …  Mc-1_-12-15-jesus_anges-2

Et m’étant retrouvée sur son chemin… Il m’interpelle…

Jésus nous a ouvert à tous un chemin, lorsqu’investi de l’Esprit Saint, il fut poussé au désert pour un moment long, éprouvant: il vivait là parmi les bêtes sauvages….

Possiblement les mêmes qui menacent aujourd’hui de nous avaler tout rond si l’on n’y prend garde: l’avoir, le savoir et le pouvoir…

Or Jésus Lui, vivant au milieu d’elles, est demeuré entier/intègre, il ne s’est pas laissé entamer ou séduire…

Il avait mieux à faire, puisque « les anges (lui) servaient », à demeurer habité, connecté au divin en lui…

Et m’étant retrouvée sur son chemin… Il m’interpelle… M’ouvre les yeux du cœur: voilà que son Esprit me garde moi aussi, des séductions dévorantes…

Puis… Je reconnais … mes anges!! … « Ils me servent »… à demeurer ancrée dans le Vivant, quoi qu’il arrive, et à discerner les passages où Il me prend la main, car je le suis, de naissance.

Marie-Hélène

 …

« Convertissez-vous
et croyez à l’Évangile. »

À priori l’ordre à l’air simple, clair et précis mais…

Ô mon Dieu, viens à mon secours!

Tout mon être en appelle à cette conversion… mais comment?

Oui, cent mille fois oui, je veux croire à l’Évangile… mais est-ce que mon bon vouloir suffit?

Je vois bien que ma seule volonté ne sert à rien et que je ne peux rien de moi-même… Alors quelle est notre part puisque tu nous veux libre et participant à ton œuvre de rédemption?

Il est vrai qu’en Marie tu nous montres le chemin : comme elle, nous pouvons dire oui à ton incarnation dans notre corps, dans nos vies, dans le monde…

Oui, par la pratique de tes Sacrements

Oui, par la communion à ta Parole

Oui, par la transmission de ton Évangile

Oui, par la prière et la veille que tu nous demandes sans cesse

Oui, par le pardon… et l’ouverture du regard, des mains et du cœur

Oui, par le renoncement de tout ce qui se met en travers de ton Amour

Oui, par notre participation à ta Croix – Amour incarné qui transfigure le monde

Oui, par le témoignage de ton Œuvre à l’œuvre en nos œuvres

Oui, par l’engagement en ton Église… en obéissance à ton Esprit partout et toujours…

Et le reste, tout le reste t’appartient.

Michaël

Mc-1_-12-15-anges

À moi de croire et de reconnaître
que l’Esprit m’accompagne aujourd’hui

Les temps de transition ont toujours été dans ma vie des moments riches en découvertes, prises de conscience des étapes parcourues et des choix à faire ou à refaire.

Après son baptême, Jésus se retire au désert, il est acculé à des choix. Les appels de Jean-Baptiste à se convertir sont-ils la réponse aux questions qu’il se pose, entre autres sur le sort de son peuple assujetti à un pouvoir étranger? Quelle autre voie envisager? « Poussé par l’Esprit » il voulut prendre ses distances des solutions convenues pour entendre la voix du Père. Rejetant les voies extra-ordinaires, les pouvoirs magiques, il expérimente la force de la Parole. Cette Parole, il va l’annoncer sans fard ni trompettes. Jésus est ainsi revêtu de l’autorité spirituelle qui lui permet d’annoncer que le Règne de Dieu est proche. Dans cette apparente simplicité, il change la donne de l’histoire.

Le désert fait penser aux temps de transition que nous traversons dans nos vies. C’est un moment crucial qu’on est tenté de fuir : difficulté d’entrer en soi-même, crainte d’y découvrir une vérité qui fait mal; ou crainte d’entendre un appel plus exaltant mais pour lequel il y a un prix à payer. Entrer seul au désert est trop risqué, allons-y en présence de l’Esprit qui prend soin de nous accompagner. Ce qui viendra nous troubler ou nous décourager relève du mauvais esprit; ce qui est douceur, brise légère, piste d’espérance est la touche du bon esprit, de l’Esprit qui console et réconforte.

Jésus au désert en a fait l’expérience; à moi de croire et de reconnaître que l’Esprit m’accompagne aujourd’hui, comme il accompagne nos petites et grandes communautés humaines et toute l’Église.

Gisèle

 …

Même s’ils tombent, ils se relèveront

Quand Jésus, baptisé par Jean le Baptiste dans le Jourdain, sortit de l’eau, une parole « venue du ciel » Le nomma : « Fils de Dieu ». Parole apte à jeter l’effroi aussi bien que l’espérance. Or cela se fit devant la foule des hommes qui accouraient au baptême de Jean le Baptiste et c’est à ce moment précis que « Aussitôt l’Esprit pousse Jésus au désert ». Loin de toute atteinte des hommes mais sous le regard du Père , au-dessus du regard concupiscent de Mc-1_-12-15-malin_facheSatan tapi dans l’ombre, et entouré des bêtes sauvages qui, sous le regard de Jésus peuvent retrouver le lien fraternel qu’elles ont avec l’homme. Saint-Marc signale aussi la présence serviable des anges mais ne dévoile rien d’un dialogue ou d’une lutte qui aurait eu lieu entre Jésus et Satan durant les quarante jours de retrait au désert. Cette préparation à l’annonce publique de l’évangile demeure secrète.

(Comme l’Esprit Saint pousse Jésus au désert, l’Église nous pousse au carême chaque année quarante jours avant Pâques. En limitant la satisfaction de nos cinq sens ( vue, ouïe, goût, odorat, toucher), par l’abstinence, le partage et la prière, nous créons un manque à ne pas combler, un désert à ne pas fuir. C’est le lieu de l’humilité, de la rencontre et l’affinement des sens qui nous font voir ce que nous ne voyions pas, entendre ce que nous n’entendions pas, toucher ce que nous ne touchions pas, goûter ce que nous ne goutions pas, sentir ce que nous ne sentions pas, honorer ce que nous n’honorions pas.,,,,,,,,,,ce qui dormait s’éveille.)

Sorti du désert, apprenant l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu; il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. » L’arrestation de Jean-Baptiste est donc le premier signe de la victoire de Jésus au désert. Satan s’est retiré, vaincu et sachant que, dorénavant, il ne pourra plus corrompre les hommes qui se fieront au secours de Jésus, Fils de Dieu. Ceux-là pourront choisir librement de traverser le désert vers la délivrance de tout esclavage, en « terre promise ». Ceux-là souffriront mille morts plutôt que de se laisser séduire par les appâts du Tentateur. Même s’ils tombent, ils se relèveront.

Croyons à l’Évangile, qu’il retentisse en nous sans cesse !

Pierrette

Son règne est tout proche. Ne cherchez pas ailleurs

Jésus venait d’être baptisé quand l’Esprit le poussa au désert. À son baptême,  Dieu a révélé  son Fils, Jésus, à son peuple dans le Jourdain en disant : « Celui-ci est mon fils bien-aimé, écoute-le. » Quelle révélation! C’est toute une révélation pour l’Homme-Dieu qui a besoin de se retirer au désert pour se dépouiller de lui-même afin de laisser l’Esprit-Saint le pétrir à l’image de son Père. C’est au désert qu’on peut prendre le temps pour être face à soi-même, face à son Dieu afin de se laisser aimer par Lui et comprendre le sens de sa mission.  Révéler l’Amour de son Père au monde est tout un défi quand Satan ne cesse de guetter le petit instant d’égarement de l’ego. Jésus resta quarante jours au désert tenté par Satan et vivant parmi les bêtes sauvages. Il était sous l’emprise de l’Esprit de Dieu, de l’Esprit-Saint, c’est pourquoi Satan et les bêtes sauvages n’ont pas pu l’atteindre. Satan est toujours là pour nous séduire et nous faire dévier de notre mission. Mais centré sur l’Amour de Dieu et la prière, nous ne craignons rien parce que les anges du Ciel viennent à notre secours pour nous aider à apprivoiser nos démons intérieurs et extérieurs. Sous l’emprise de la grâce de Dieu nous pouvons traverser les pires épreuves de la vie et apprivoiser les bêtes sauvages qui nous entourent. Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu. Il disait : « Les temps sont accomplis, le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. » OUI, les temps sont accomplis parce que Dieu est présent sur Terre en son fils Jésus, son règne est tout proche. Ne cherchez pas ailleurs Celui qui doit venir nous sauver de la mort spirituelle. Il est là, Présent, tout proche de nous. Il se manifeste dans le quotidien de notre vie. Demandons à Jésus de nous ouvrir à l’Esprit de son Père, notre Père, afin de croire à son Évangile d’Amour et de Paix et demandons-lui de nous conduire au désert de son cœur.

 

Mc-1_-12-15-jesus_anges

Un cœur à cœur dans le désert de Dieu

Dans le désert de Dieu il n’y a que silence.
Entrer au désert c’est aller à la rencontre
De Celui que mon cœur aime.
C’est un temps d’écoute et de grâce.
Il m’attend au désert pour Le rencontrer.
Pas besoin de meubler le silence avec des mots.
Il se fait Présent dans le secret
Pour parler à mon cœur :

Mon enfant bien-aimé
Laisse-toi conduire au désert de mon cœur.
Laisse-toi habiter par le silence intérieur.
Laisse-moi te dépouiller du vieil homme et reviens à moi.
Viens, suis-moi au désert, je veux demeurer dans ton cœur.

Ô Esprit du Dieu Vivant
Conduis-moi au désert de ton cœur.
Pétris-moi de nouveau à ton image et à ta ressemblance.
Remplis-moi de ton Amour si doux
Pour que j’apprivoise mes démons intérieurs et
Les bêtes sauvages qui m’entourent.

Mon enfant bien-aimé
Ma grâce te suffit.
Mon royaume est tout proche.
Lève les yeux vers les cieux et
Regarde autour de toi. Je suis la Vie.
Laisse-toi aimer tel que tu es.
Tu as du prix à mes yeux et je t’aime.

Père infiniment bon
Je suis si faible et si lent à croire
Quand les ténèbres m’entourent et
Que tout chamboule autour de moi.
Je t’en prie ouvre mes yeux et augmente ma foi.

Mon enfant bien-aimé
Regarde-moi et laisse résonner ma Parole en ton cœur.
Crois seulement et tu verras la lumière de ton Dieu.
Alors tu marcheras le cœur joyeux vers ma lumière.

Père très bon
Reste avec moi au désert et fortifie-moi.
Libère-moi des biens de la terre et de l’amour marchand.
Fais germer ta Parole de Vie en mon cœur et
Enveloppe-moi de ta lumière divine.

Mon enfant bien-aimé
C’est ma paix que je te donne.
Sois riche de mon Amour divin et
Sois une bénédiction dans la vie de tes frères et sœurs.

Père très bon
Ton désert est plein de tendresse et de miséricorde.
Merci d’être toujours là à mes côtés.
Prends-moi dans tes bras et
Viens demeurer dans mon cœur à jamais.
Que tes paroles soient toujours à mes lèvres et
Que ma bouche proclame ta gloire sur toute la terre.

 

Karine

 

Pour mieux « vivre » l’extrait des Évangiles, je me permets de témoigner au nom de l’un des personnages présents durant les 40 jours au désert :

Je l’ai vu arriver de loin, il marchait tranquillement.

Je l’ai tout de suite senti, ce n’était pas un fils d’homme comme les autres. J’en ai vu des centaines depuis que j’ai quitté ma terre natale. Et je les ai côtoyés de près durant ma captivité. Je n’aurais fait qu’une bouchée de leur faible chair.

Celui-ci est différent. Il s’est assis sans faire de bruit au beau milieu du désert, sans peur ni malveillance envers les bêtes sauvages qui l’entouraient. La vipère et le scorpion ont retenu leur souffle, interloqués :

Qui est cet homme et d’où vient-il?

Il ne porte pas d’arme à sa ceinture. Ses hanches ne sont pas alourdies par ces pièces sonnantes de métal que les hommes gardent sur eux, les faisant valoir lors de leurs marchandages.

Mon flair ne me trompe pas : celui-là n’est pas venu pour lui-même.

Aucune odeur de corruption, il sent davantage cette autre nourriture que les hommes appellent  pain et vin.

Il est resté seul pendant longtemps, s’adressant le jour à la voûte céleste et la nuit au firmament étoilé. Ce fils d’homme sait parler à tout ce qui vit. Il me semble même avoir vu le soleil et la lune prêter tendrement l’oreille.

Et puis, il y a cet « autre » qui est apparu dans le décor. Presque rien, une ombre, mais une ombre jalouse. Virevoltant de ci et de là telle une chauve-souris, cette ombre brumeuse tentait de s’interposer entre l’homme venu d’ailleurs et la mystérieuse présence avec laquelle il dialoguait. J’ai vu ce rusé venir chuchoter je-ne-sais-quoi à son oreille, le flatter, lui susurrer des mots doux. Et chaque fois le malin retournait dans sa cache, non loin de là, ruminant et furieux à la suite de ses échecs.

Assurément un grand combat se tenait là devant mes yeux. Non pas à coup de griffes et de crocs, mais au moyen de quelque chose de plus terrible, de beaucoup plus insinueux.

Il n’était pas seul dans ce combat. De petits messagers ailés semblaient aller et venir entre lui et le ciel. Ils venaient l’encourager et repartaient ensuite pour rendre grâce des victoires contre les brumes malignes qui sans cesse cherchaient à prendre le dessus.

Combien de temps le fils d’homme est-il resté là? Certainement une quarantaine de jours et de nuits.

Je sus que la lutte était terminée lorsque qu’un souffle de réconciliation gagna le ciel et la terre, et que les messagers ailés entonnèrent un grand chant de grâce.

Voilà, je vous rapporte tout ce que j’ai vu.

Moi, la bête carnivore devant laquelle tous s’inclinent, moi le prédateur devant lequel les êtres vivants sont saisis d’effroi, je me suis couché docilement sur le sol. Je suis resté en silence, sans lever la patte ni rugir, tranquille comme un agneau à l’ombre de sa mère.

Mc-1_-12-15-animal_sauvage-

Je signe : Moi, le roi des animaux sauvages, venu de très loin pour rendre hommage au Fils de l’homme et témoigner de ce que j’ai vu à l’ensemble de mes sujets.

Nénuphar