« Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. » (Jn 15, 1-8)

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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean, chapitre 15, 1-8

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Moi, je suis la vraie vigne,
et mon Père est le vigneron.
Tout sarment qui est en moi,
mais qui ne porte pas de fruit,
mon Père l’enlève ;
tout sarment qui porte du fruit,
il le purifie en le taillant,
pour qu’il en porte davantage.
Mais vous, déjà vous voici purifiés
grâce à la parole que je vous ai dite.
Demeurez en moi, comme moi en vous.
De même que le sarment
ne peut pas porter de fruit par lui-même
s’il ne demeure pas sur la vigne,
de même vous non plus,
si vous ne demeurez pas en moi.

Moi, je suis la vigne,
et vous, les sarments.
Celui qui demeure en moi
et en qui je demeure,
celui-là porte beaucoup de fruit,
car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.
Si quelqu’un ne demeure pas en moi,
il est, comme le sarment, jeté dehors,
et il se dessèche.
Les sarments secs, on les ramasse,
on les jette au feu, et ils brûlent.
Si vous demeurez en moi,
et que mes paroles demeurent en vous,
demandez tout ce que vous voulez,
et cela se réalisera pour vous.
Ce qui fait la gloire de mon Père,
c’est que vous portiez beaucoup de fruit
et que vous soyez pour moi des disciples. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

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COMMENTAIRES

sarment-1

Le printemps nous rappelle l’unique condition pour que les bourgeons éclatent : demeurer sur la branche.

Cette branche, ô Jésus, c’est toi, le vivant, le Christ au cœur de mon cœur, mystère d’intimité et de communion d’où jaillit le don de ma vie pour les autres.

Fernande

À vrai dire je ne peux rien sans Lui.

Et je ne suis rien sans Lui.

C’est Lui qui me donne vie, qui me ranime, qui me vivifie, qui me nourrit, qui me donne la direction, c’est Lui qui m’insuffle compassion et miséricorde, et surtout c’est par Lui et seulement par Lui que j’aime.

Enfin, c’est uniquement en Lui, avec Lui et pour Lui que le fruit prend forme.

Signé : un tout petit sarment de la Vigne du Seigneur

Nénuphar

Seigneur, je reconnais que je suis comme un sarment qui ne peut vivre s’il n’est solidement branché à ta vigne, à ton corps…

Je reconnais que je ne peux  porter du fruit par moi-même, mais seulement s’il vient de ta vie qui circule en chacun de nous…

Je reconnais pleinement que je me dessèche aussitôt que je me ferme à toi…

Alors je t’en prie, du fond du cœur je te le demande, garde-nous bien branchés à ton corps, ouverts à la circulation de ton sang, et s’il te plait que nous portions ton fruit, fais- nous œuvrer à ton œuvre!

Amen

Michaël

« … tout sarment qui porte du fruit,

il le purifie en le taillant pour qu’il en porte davantage… »

Purifier, c’est enlever tout ce qui n’est pas essentiel…

« Purifier en taillant », c’est séparer l’humain d’avec l’image qu’il a de lui-même, afin qu’en jaillisse une vérité tout autre que celle qu’il pourrait concevoir.

Le Fils de la Vie est un orfèvre, il taille jusqu’à la fine pointe l’âme disponible et ouverte, afin de la rendre semblable à Lui, et qu’elle porte « un fruit qui demeure ».

Les martyrs de tout temps ne vivent-ils pas « en accéléré » ce processus se déroulant au fil des jours et des années dans un cœur qui se laisse transformer?

Marie-Hélène 

sarment-2Si vous demeurez en moi,
et que mes paroles demeurent en vous,
demandez tout ce que vous voulez,
et cela se réalisera pour vous.

Tellement pas facile de demeurer en Toi Seigneur !

Toujours, à chaque instant, un tourbillon nous attend au détour : préoccupations, idées, liste de choses à faire, toutes les plus importantes et les plus pressantes les unes que les autres ! Ce tourbillon balaie tout au passage, même Tes paroles, que j’aimerais bien garder en moi.

Comment demeurer dans Ta paix, et la rayonner, même au cœur de la tourmente ?

Stp Seigneur, donne-moi, donne-nous de demeurer en toi et de porter beaucoup de fruits !

Et d’être tes disciples.

Solane

 » CE QUI FAIT LA GLOIRE DE MON PÈRE, C’EST QUE VOUS DONNIEZ BEAUCOUP DE FRUITS  »

jesus-mainOn prend une vigne en exemple à cause de son fruit, symbole de ce qui s’en vient en vue du dernier repas de Jésus avec ses disciples. Pour donner beaucoup de fruits une vigne à besoin de prendre solidement pied pour se tenir debout .Si on jette un regard sur la vie de Jésus, on voit bien que ses pieds sont de toute évidence ce qui l’a conduit d’un village à l’autre;  déjà il laissait la trace d’une vigne à surveiller pour en attendre les fruits. En route parfois Il secouait ses pieds, sûrement pour ne pas transporter inutilement une lourdeur. Il me fait comprendre que les pieds doivent être libres pour travailler à sa  vigne et être branchés à Lui.

On se rappelle le lavement des pieds de ses apôtres, quelle délicatesse pour confirmer leur mission : « Tout sarment qui donne du fruit, Il le nettoie pour qu’il en donne davantage. » Tu me dis que les sarments secs sont jetés dehors et on les brûle. Oui, Seigneur, il y a de la sécheresse dans ma vigne, les feuilles tombent comme  l’aridité de mes prières… J’aimerais tellement te servir mon nouveau vin dans la joie, l’amour et le partage.

MES PIEDS LAISSERONT-ILS UNE TRACE ?…. ME RECONNAITRONT-ILS COMME DISCIPLES DE LA VIGNE DE JÉSUS  …….

Mariette

sarmentsCe passage de l’évangile de Jean nous révèle le degré d’intimité que Jésus veut avoir avec chacun de ses disciples. Jésus invite ses disciples à entrer en communion avec Lui, à demeurer en Lui pour porter beaucoup de fruit.  Il  leur dit: « Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments… Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche.» Dans la logique du monde moderne, l’être humain doit être laissé à lui-même pour gérer tout seul sa vie en dehors du plan divin. En atrophiant l’être spirituel, les hommes et les femmes de notre temps se créent un grand vide intérieur et se dessèchent parce qu’ils pensent assouvir leur soif de bonheur que par des besoins terrestres. En dehors du Dieu de la Vie nous sommes comme les sarments qui ne portent pas de fruit parce que nous sommes  coupés de la Source qui donne Vie à toute chose. Sommes-nous branchés à la vraie source de vie? Dans le langage techno, les jeunes se disent branchés 24h/24 parce qu’ils dorment avec leur gadget. En informatique nous  savons que si nous ne sommes pas branchés sur le bon serveur nous ne pouvons pas accéder à aucune information pour bien gérer nos fichiers. Il en est de même pour nous chrétiens dans le domaine spirituel. Si nous embrassons la logique du monde et si nous ne sommes pas branchés 24h/24 sur Jésus qui est la Source de vie, nous devenons comme une terre asséchée et aride. En suivant la logique du monde nous nous enlisons dans nos divisions et nos laideurs qui entrainent la mort sur notre passage. Par contre si nous suivons la logique de Dieu qui est Amour et qui donne le vrai bonheur à ses enfants,  notre aveuglement s’estompe. Si nous restons  branchés sur Jésus qui nous a rachetés de la mort spirituelle et qui nous donne sa paix et sa joie et si nous faisons confiance à l’Esprit-Saint qui éclaire nos chemins ténébreux, notre âme s’élèvera à la grandeur du cœur de Dieu pour donner la vie en abondance.

Seigneur Jésus, Toi la source de vie,
Saisis-nous de Ta lumière.
Ne permets pas que les escadrons de la mort
Nous entrainent dans notre laideur.
Aide-nous à demeurer en ton Amour.

Seigneur Jésus, Toi, notre arbre de vie,
Garde-nous branchés à l’Esprit créateur de l’univers.
Fais que cette énergie d’amour,  de paix et de miséricorde
Nous propulse vers nos frères et sœurs afin de faire advenir
Ton règne de justice et de vie abondante.

Karine

jesus-visageSeigneur, si tu ne demeurais pas déjà en moi, le désir de ta compagnie pourrait-il m’habiter sans cesse tandis que, discrètement, sans dire un mot, tu observes mes allées et venues hors de ta demeure ? Combien de fois encore, irai-je te chercher où tu n’es pas, sans que s’épuise ta patience ni ton respect de la liberté accordée aux hommes ?

« Demeurez en moi, comme moi en vous. » Je te prie, Seigneur de graver en mon cœur ce commandement à fin qu’aucun de mes prétendants au pouvoir ne puisse me convaincre de non-obéissance. Hors de toi toute vertu se pervertit, délivre-moi de toute volonté qui ne soit pas la tienne. Hors de toi, tristesse et stérilité sans fin, mais n’est-ce pas toi qui crée la nostalgie du Royaume céleste dès que le temps est venu pour qu’elle soit bénéfique ?

« Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples », Fait donc de nous tes disciples, ceux qui ne parlent et n’agissent qu’en Ton Nom, ceux qui ne voient rien nulle part sauf Dieu dans tous les états qu’Il Lui plaît de nous montrer. Fait de nous tes messagers du fol Amour, ceux qui ne craignent ni les larmes, ni la joie, ni le silence.

Pierrette

 

 

« Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis » (Jn 10, 11-18))

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Illustration inspirée de peintures traditionnelles

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean, chapitre 10, 11-18

En ce temps-là,
Jésus déclara :
« Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger,
qui donne sa vie pour ses brebis.
Le berger mercenaire n’est pas le pasteur,
les brebis ne sont pas à lui :
s’il voit venir le loup,
il abandonne les brebis et s’enfuit ;
le loup s’en empare et les disperse.
Ce berger n’est qu’un mercenaire,
et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui.
Moi, je suis le bon pasteur ;
je connais mes brebis,
et mes brebis me connaissent,
comme le Père me connaît,
et que je connais le Père ;
et je donne ma vie pour mes brebis.
J’ai encore d’autres brebis,
qui ne sont pas de cet enclos :
celles-là aussi, il faut que je les conduise.
Elles écouteront ma voix :
il y aura un seul troupeau
et un seul pasteur.
Voici pourquoi le Père m’aime :
parce que je donne ma vie,
pour la recevoir de nouveau.
Nul ne peut me l’enlever :
je la donne de moi-même.
J’ai le pouvoir de la donner,
j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau :
voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

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COMMENTAIRES

« Voici pourquoi le Père m’aime :
parce que je donne ma vie,
pour la recevoir de nouveau.
Nul ne peut me l’enlever :
je la donne de moi-même. »

Quelle liberté infinie sans cesse à l’œuvre chez le Fils de la Vie… Liberté à l’œuvre aussi chez toute personne qui devient brebis du Bon Pasteur… Lui dont nul ne prend la vie puisqu’Il l’a donnée de lui-même: Il nous invite à Le suivre sur ce chemin du Don qui rend libre et que nul ne peut nous enlever.

Marie-Hélène 

Plusieurs choses m’interpellent dans ce passage.

D’abord, c’est si bon de relire qu’aucun loup (donc aucune épreuve, blessure, tempête ou faute) ne pourra faire peur à mon berger !

Ça me touche que mon berger donne sa vie pour moi, sa petite brebis fragile.

Me frappe aussi aujourd’hui : « je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau ».

brebis-2C’est tellement mystérieux, pour nous, à cette époque, comment le don total de soi peut conduire autre part qu’à la mort (à tout le moins celle de l’ego)! Ce que Tu nous enseignes, Seigneur, par le don de Ta vie, est tellement révolutionnaire, et vient complètement chambouler toute logique: c’est en donnant, et même en se donnant qu’on reçoit! Ça me rappelle la prière de saint François d’Assise.

De tout cœur, merci Seigneur d’être mon berger! Stp, donne-moi le courage et la force de me donner sans compter, confiante que c’est le chemin vers la Vie en abondance !

Solane

« S’IL VOIT VENIR LE LOUP, IL ABANDONNE LES BREBIS ET S’ENFUIT; LE LOUP S’EN EMPARE ET LES DISPERSE. »

Bien moi, j’ai peur des loups. À ce qu’on dit ce sont des carnivores, ils aiment la chair et abattent leurs proies pour se nourrir.

Mais le loup mentionné dans cette lecture peut être vu différemment et être aussi dangereux. Il y a mes loups intérieurs, ceux qui mangent toutes les connaissances que j’ai acquises sur la vie de Jésus en semant le doute; il y a le loup du jugement qui est nourri par ce que je lui mets sous la dent –  « le petit chaperon rouge »  rougirait de sa galette. Le loup de la culpabilité vient saboter tout ce que j’avais acquis de paix, de joie, dans mon quotidien. Et encore le loup de la comparaison qui m’amène beaucoup de déceptions et me rend envieuse, et alors j’hésite à pousser mes énergies à sauver mes brebis.

Cependant je pense bien que mes brebis ont encore confiance en moi, elles voient ma faiblesse, mais aussi ma grande générosité. Elles aussi se permettent de sortir pour vérifier leur sécurité, elles m’aident à partager la confiance et se voient dignes de  revenir débordantes  de désirs, de projets et de confiance. Seigneur, prends mes brebis sur tes épaules, console-les et fortifie-les par l’assurance que TU ES LE BON PASTEUR ….

Mariette

Seigneur, je t’en prie, toi notre bon pasteur, notre vrai berger…

Conduis-nous toujours toi-même, et ne nous  laisse pas suivre un faux berger.

Fais-toi connaitre et reconnaître malgré notre aveuglement.

Fais-nous entendre et écouter ta voix malgré notre surdité.

Et par la vie que tu donnes pour nous, donne-nous de nous donner entièrement par toi, avec toi et en toi.

Amen

Michaël

….

brebis-jesusJésus est le bon berger, le bon pasteur qui donne sa vie pour ses brebis. Il connait ses brebis et ses brebis Le connaissent comme lui connait le Père et le Père le connait. Ses brebis savent qu’Il est dans le Père et le Père est en Lui et qu’Il est Amour et miséricordieux. Elles reconnaissent sa voix et Le suivent par amour. Les brebis font confiance au bon berger parce qu’elles savent qu’Il part à leur recherche et sera toujours là pour les accueillir après avoir fait fausse route dans les vallées de la mort. De plus, Jésus donne sa vie pour les autres brebis qui sont en dehors de son enclos parce qu’Il veut aussi les sauver de la mort. Il veut les sauver de tout ce qui enferme l’homme et la femme dans un carcan, dans une spirale de mort qui empêche l’être humain de resplendir dans sa dignité de fils et fille de Dieu. Jésus a la certitude que les brebis qui sont en recherche de leur route et qui ont soif d’amour, de justice et de paix écouteront sa voix qui ne rejoint que le cœur. Ce passage de Jean remet l’être humain au centre de la mission de Jésus. Il est envoyé par son Père pour nous faire goûter l’amour incommensurable de Dieu et sa miséricorde. Jésus est inclusif parce qu’Il veut que tous aient la vie en abondance comme l’a voulu son Père, notre Père. Il va jusqu’au bout de l’Amour pour nous rassembler en un seul corps et un seul esprit. Jésus entre dans la logique du Père qui ne veut perdre aucun de ses enfants parce qu’il y a un seul troupeau et un seul pasteur. Tous ceux et celles qui reconnaissent en Jésus le Fils de Dieu et qui écoutent sa voix entrent en communion avec le Père, le Fils et l’Esprit. Ceux et celles qui ont fait une expérience avec le Christ ressuscité connaissent le Père pour sa bonté divine et Le remercient d’avoir envoyé son Fils pour nous délivrer de la mort spirituelle qui n’est autre qu’une rupture du lien d’amour qui nous unit au Père et à  l’Univers visible et invisible.

Jésus, Toi le bon berger,
Tu as donné ta vie pour nous ramener au bercail de l’Amour.
Merci Jésus pour la gratuité de ton amour.
Ne permets pas que les mercenaires de notre monde viennent
Nous détourner de ton regard d’amour et miséricordieux.

Jésus, Toi le bon pasteur,
Ouvre grandes nos oreilles
Pour que nous puissions être à l’écoute de Ta Parole et
Reconnaître ta voix qui nous appelle à te suivre
Dans l’amour, la paix et la joie.

Karine

….

On sait que tout être humain porte en soi la crainte d’être abandonné. Heureusement, l’enfant qui reçoit les soins et l’affection dont il a besoin dès sa naissance peut bâtir assez de confiance en soi et en l’autre et s’affranchir du sentiment d’abandon.

brebis-1Pour nous dire à quel point il nous porte dans son cœur, Jésus se présente comme le bon pasteur qui n’abandonne jamais son troupeau.  À l’encontre du mercenaire prêt à s’enfuir devant le danger, le vrai berger reste au poste de garde, prêt à payer de sa propre vie pour sauver ses bêtes. Nous ne sommes jamais abandonnés. Quelle chance que les premiers disciples nous aient transmis ce visage de Jésus!

Il y a plus dans ce récit de Jean : Jésus « connaît » ses disciples comme le vrai berger connaît chacune de ses brebis. Qui n’aspire à être connu-e, compris-e de celui ou celle qu’on aime? C’est l’une des expériences humaines les plus comblantes d’être ainsi connu-e et reconnu-e pour qui je suis vraiment. Or les premières communautés qui se réunissaient au nom de Jésus attestent de cette parole fondatrice : « Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent ».

J’entends aussi cette autre parole de Jésus : « Comme le Père me connaît et que je connais le Père… » Est-ce à dire que cette forme divine d’intimité, liée à la connaissance réciproque, serait aussi accessible entre Jésus et nous? Et accessible même à tous ceux et celles qui ne le connaissent pas encore, dont Jésus dit : « Il faut que les conduise… et elles écouteront ma voix »? Quelle perspective sans limite pour nourrir nos aspirations à l’amour et au don de soi dans la réciprocité!

Au-delà de toutes les voix qui sollicitent notre attention, arrêtons-nous en communauté pour mieux entendre et accueillir la voix du vrai Pasteur afin de mieux nous imprégner de sa connaissance et de son amour. Une écoute qui change la vie, sans doute, et nous rendra plus attentifs à celles et ceux qui, dans la vie ordinaire ou dans la détresse, espèrent être connus et reconnus à la manière du bon Pasteur.

Gisèle

….

Je sais que tu m’aimes. Moi qui était perdue, moi qui m’était complètement égarée sur des sentiers escarpés loin de tes chemins de berger, moi qui avait quitté depuis longtemps le troupeau, moi qui tremblante de peur me cachait dans les anfractuosités rocheuses, moi qui avait oublié jusqu’à ton existence.

Toi, tu t’es souvenu de moi, ou plutôt tu ne m’as jamais oubliée, me gardant sans cesse dans ton cœur. Tu n’as jamais cessé de me nourrir de ton amour, même si je me suis révoltée contre toi et tout le troupeau, voulant agir à ma guise et selon ma propre  boussole. Tu m’as tendrement laissé m’éloigner, respectueux de ma volonté, m’accordant toute la liberté que je réclamais. Plus encore, tu m’as accompagnée fidèlement sur les routes, veillant sur moi, prenant diverses formes pour me prévenir du danger, offrant la source à mon gosier desséché, la touffe d’herbe à mes entrailles affamées, et le répit lorsqu’à bout de force je m’écroulais sur le sol.

Mieux que quiconque, je sais la grandeur de ton amour. Dès le premier bêlement de détresse tu m’as entendue, tu as arrêté ton pas, tu as levé ton regard et tu as tendu l’oreille. Au second appel, tu t’es mis en marche. Et depuis tu n’as cessé de veiller, épiant le moindre signe de ma part, jusqu’à ce que tu me retrouves.

brebis-3Comment te dire l’immensité de ma reconnaissance ? En mon cœur je n’ai jamais cessé d’être la brebis qui tend de tout son être vers tes lèvres, vers le miel de ta parole, la frêle brebis qui repose sur ton propre cœur, à l’écoute de son battement réconfortant, ainsi que celle qui se repose sur ton épaule entre chaque gambade dans tes prés et pâturages.

Et pourtant je t’ai tenu tête comme un vieux bouc endurci, je t’ai délibérément tourné le dos, je t’ai trahi dans mes pensées et paroles, je me suis éloignée de toi et emprunté les sentiers de mort.

Dans ton océan d’amour, tu m’as déjà pardonné avant que je te le demande. Depuis je n’ose bouger, je garde ma tête dans la poussière à tes pieds, sachant que le loup n’est jamais loin, sachant que le mouton noir en moi n’attend qu’une seule pensée de ma part pour reprendre son bras de fer.

Quoi dire d’autre que je t’aime, …mais cela, c’est encore toi qui me l’as dit le premier!

Signé : ta brebis égarée

tel que rapporté par Nénuphar

 

 « À vous d’en être les témoins » (Lc 24, 35-48)

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc, chapitre 24, 35-48

En ce temps-là,
les disciples qui rentraient d’Emmaüs
racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons
ce qui s’était passé sur la route,
et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux
à la fraction du pain.
Comme ils en parlaient encore, 
lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit :
« La paix soit avec vous ! »
Saisis de frayeur et de crainte,
ils croyaient voir un esprit.
Jésus leur dit :
« Pourquoi êtes-vous bouleversés ?
Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ?
Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi !
Touchez-moi, regardez :
un esprit n’a pas de chair ni d’os
comme vous constatez que j’en ai. »
Après cette parole,
il leur montra ses mains et ses pieds.
Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire,
et restaient saisis d’étonnement.
Jésus leur dit :
« Avez-vous ici quelque chose à manger ? »
Ils lui présentèrent une part de poisson grillé
qu’il prit et mangea devant eux.
Puis il leur déclara :
« Voici les paroles que je vous ai dites
quand j’étais encore avec vous :
“Il faut que s’accomplisse
tout ce qui a été écrit à mon sujet
dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes.” »
Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures.
Il leur dit :
« Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait,
qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour,
et que la conversion serait proclamée en son nom,
pour le pardon des péchés, à toutes les nations,
en commençant par Jérusalem.
À vous d’en être les témoins. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

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COMMENTAIRES

« Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures… »

Voilà un fait: Jésus n’étant plus « de corps » parmi nous, l’est d’esprit: ainsi chaque jour pour qui le veut bien, Il s’invite « à demeure », conviant cœur et intelligence à entrer dans la découverte des Écritures: une lettre d’Amour et de sens à nulle autre pareille qu’il nous offre comme en direct, dans un cœur à cœur renouvelé au fil de nos jours. 

Marie-Hélène 

pierreRaconter ce qui s’était passé sur la route et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux.

La route, c’est mon aujourd’hui où le Christ vient à ma rencontre. Et sur cette route tant de signes qui laissent transparaître sa présence invisible. Quelle joie de  rencontrer un frère, une sœur, une communauté, pour parler de Lui!  C’est une réponse à  son appel:  À vous d’en être les témoins.

Fernande

Comme les disciples, je reste saisi d’étonnement devant le corps du Christ ressuscité, n’osant pas encore y croire, la joie encore en veilleuse, et surtout sans mots, sans paroles pour dire l’indicible…

Nénuphar

 

apotres-1

Je comprends si bien la crainte
et la frayeur des disciples ! 

Comment Te reconnaître, Seigneur, en ce monde, en nous ?

Comment ne pas être bouleversés, envahis que nous sommes par ce flot incessant de pensées et d’idées qui déforment ton visage, et nous arrachent à Ta paix, à Ta présence?

S’il te plait, donne-nous, Seigneur, de pouvoir voir Tes mains et Tes pieds !

Donne-nous de pouvoir Te toucher !

Donne-nous la foi. Donne-nous Ta paix !

Solane

« À vous d’en être témoins. » Quelle mission Tu m’as confié, en serais-je capable? Attester ta réalité, témoigner de ta présence dans l’Eucharistie, te retrouver sur le chemin d’Emmaüs, quand ceux qui t’ont côtoyé ne t’ont pas reconnu immédiatement, sinon à la fraction du pain. Ça prenait du sensible, ils ont vu la manière de ce geste  familier et ils ont  cru.

Seigneur, moi aussi je suis sur ce chemin d’hésitation; donne- moi le pain de ta résurrection, afin que je puisse  partager les propos que révèle la livre de la Parole avec mes compagnons de route. DONNE-MOI QUELQUE CHOSE À MANGER.

Mariette

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« À vous d’en être les témoins. »

Oui, il nous appelle à être témoins de Sa Résurrection, de Sa Vie, de Son Amour, de Sa Lumière, de Sa Miséricorde, témoins de Sa Présence en chacun en vérité. En vérité, parce que nous ne pouvons pas témoigner de Sa Présence dans le mensonge; si nous ne reconnaissons pas Sa Présence en nous-même et en notre prochain, en chaque prochain sans exception, nous ne sommes pas ses témoins en vérité. Si nous n’aimons pas comme il nous a aimés, nous ne sommes ni ses disciples ni ses témoins.

Nous ne pouvons pas non plus être ses témoins sans aller « proclamer l’Évangile à toute la Création » comme il l’a demandé… et à « toute la création », c’est à toute la création sans exception, les frères et sœurs de notre humanité mais aussi le brin d’herbe sur le chemin, le rayon de soleil et la goutte d’eau dans lequel il se reflète, le chant de la grenouille et le souffle sans cesse redonné…

Seigneur, je ne peux être ton témoin si tu ne vis en moi, si je ne vis en toi…

Alors je t’en prie, comme tu l’as fait pour les apôtres, soit présent au milieu de nous… et surtout fais-toi reconnaitre bien vivant, bien incarné, afin que je cesse de te prendre pour un esprit qui n’a pas de chair ni d’os…

Michaël

Avant sa crucifixion déjà , Jésus nous a demandé de croire à son incroyable et souvent obscure parole. Croire sans expliquer. Croire ce que nos yeux ne voient pas, nos oreilles n’entendent pas, nos mains ne touchent pas et ouvrir ainsi l’intelligence du coeur, réceptacle du royaume des cieux.

Ressuscité, Il s’annonce en disant : « La paix soit avec vous ! » comme s’Il disait : « Ne laissez pas s’agiter le vieil homme.  Je suis avec vous, écoutez, voyez, touchez, partagez avec moi votre repas. Sachez que je suis vivant et dites-le.

Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures. Le doute est devenu impossible et la foi affermie, prête à œuvrer sous la conduite du Saint Esprit.

Que le vieil homme expire et ressuscite dans le corps du Christ !

Pierrette

apotres-2

 « La paix soit avec vous ! » dit Jésus à ses disciples.

Il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures et leur dit « à vous d’en être les témoins. » Ce  passage d’évangile s’adresse à chacun, chacune d’entre nous qui avons fait l’expérience avec le Christ ressuscité. Saint Paul disait : «  Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile. » La rencontre avec le Ressuscité est une expérience personnelle qui nous donne la paix intérieure et une nouvelle compréhension des Écritures. Cette rencontre nous donne aussi la joie de témoigner de ce que nous avons vu et entendu.  Enracinés dans la foi en Jésus-Christ et dans les Écritures les apôtres nous ont transmis la certitude de la résurrection. Il n’y a plus de doute dans leur esprit et dans leur cœur parce que  Jésus est bien vivant au milieu d’eux. C’est une certitude qui va au-delà de l’intellect. De par notre expérience spirituelle avec le Christ nous continuons la mission des apôtres qui est d’annoncer l’Évangile et de témoigner la paix et la joie que le Seigneur nous a transmis par sa présence et par le don de l’Esprit. Nous sommes tournés vers le Christ parce que nous sommes ressuscités avec Lui. Nous vivons par Lui et en Lui afin de faire advenir son royaume de justice et de paix. Oui, le Christ est vraiment ressuscité. Nous en sommes témoins. A toi qui es encore dans le doute, Jésus te dit : Crois seulement et tu verras la gloire de Dieu.

Mon Seigneur et mon Dieu,
Augmente en nous la foi.
Fais tomber le voile de nos yeux
Pour que nous puissions Te voir et comprendre les  Écritures.

Mon Seigneur et mon Dieu,
Délivre-nous des tentations de ce monde
Pour que nous puissions  garder
La paix et la joie intérieure dont tu nous as comblés.

Karine

Jésus est là, c’est vraiment Lui. L’impensable se produit. Jésus le confirme : voyez mes mains et mes pieds ; venez déjeuner; rappelez-vous les Écritures; c’est vous les témoins. Et la joie s’empare de la communauté des disciples réunis, eux qui cherchaient à comprendre ce qui est arrivé aux disciples d’Emmaüs venus les trouver.

À partir de ce moment, le rayonnement de la communauté va dépendre aussi de la foi de chacune, chacun.

Jésus, tu viens raviver notre foi, ma foi.
Tu m’invites à voir, à entendre, à comprendre, à te reconnaître, à prendre le relais.
Tu secoues mes doutes.
Tu m’invites à passer de l’intelligence au cœur pour mieux partager ton être et ta mission.
Tu ouvres pour moi les Écritures afin que je puisse y reconnaître tes traces, toi l’aboutissement des siècles d’alliance de Dieu avec ton peuple. Toi, le point charnière de notre histoire.

Avec toi, le Vivant, je veux sortir des prisons …
qui m’empêchent de reconnaître ta voix, et celle de tes témoins;
qui me privent de la joie de te savoir si uni au Père et à l’Esprit;
qui me font hésiter à dire ton nom, en privé ou en public, alors que je pourrais rendre compte de tout ce que tu m’as donné si gracieusement.
Augmente ma joie de croire que tu es vivant, le Vivant!

Ainsi de ma personne tu te serviras pour que je témoigne du dynamisme qui jaillit de ta vie de Ressuscité, cette vie que tu es venu partager avec tous les humains.

Julie

jean

 

« Cesse d’être incrédule » (Jn 20, 19-31)

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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean, chapitre 20, 19-31

C’était après la mort de Jésus.
Le soir venu, en ce premier jour de la semaine,
alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples
étaient verrouillées par crainte des Juifs,
Jésus vint, et il était là au milieu d’eux.
Il leur dit :
« La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté.
Les disciples furent remplis de joie
en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau :
« La paix soit avec vous !
De même que le Père m’a envoyé,
moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux
et il leur dit :
« Recevez l’Esprit Saint.
À qui vous remettrez ses péchés,
ils seront remis ;
à qui vous maintiendrez ses péchés,
ils seront maintenus. »

Or, l’un des Douze, Thomas,
appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau),
n’était pas avec eux quand Jésus était venu.
Les autres disciples lui disaient :
« Nous avons vu le Seigneur ! »
Mais il leur déclara :

« Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous,
si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous,
si je ne mets pas la main dans son côté,
non, je ne croirai pas ! »

Huit jours plus tard,
les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison,
et Thomas était avec eux.
Jésus vient,
alors que les portes étaient verrouillées,
et il était là au milieu d’eux.
Il dit :
« La paix soit avec vous ! »
Puis il dit à Thomas :
« Avance ton doigt ici, et vois mes mains ;
avance ta main, et mets-la dans mon côté :
cesse d’être incrédule,
sois croyant. »
Alors Thomas lui dit :
« Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Jésus lui dit :
« Parce que tu m’as vu, tu crois.
Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Il y a encore beaucoup d’autres signes
que Jésus a faits en présence des disciples
et qui ne sont pas écrits dans ce livre.
Mais ceux-là ont été écrits
pour que vous croyiez
que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu,
et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

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COMMENTAIRES

Nous sommes souvent Cénacle, verrouillé. On a peur. De dire notre foi.

Jésus vient, quand même on lui barre les portes.
Il te donne des preuves de son amour et te demande juste de croire.

Jeannot

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Jésus était là au milieu d’eux.
Jésus est ici au milieu de nous.

Empruntant notre cœur pour aimer, nos yeux pour admirer, nos oreilles pour écouter,  nos lèvres pour bénir, notre voix pour chanter, nos paroles pour consoler, nos mots pour pardonner, nos mains pour aider, nos bras pour embrasser.

Il est au milieu de nous, lui, le Ressuscité, le Vivant, qui désormais a la capacité de vivre en nous.

Fernande

« OR L’UN DES DOUZE, THOMAS, N’ÉTAIT PAS AVEC EUX QUAND JÉSUS ÉTAIT VENU. » 

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Je l’aime ce Thomas, il me ressemble. Le doute nous habite et ce n’est pas facile de toujours confirmer sa foi en se portant à la défense de ses convictions dans un monde rempli d’agressivité contre la religion catholique. Si Thomas a pu exprimer son malaise devant ses frères, pourquoi ne pourrais-je pas moi aussi allonger mes réflexions et demander à Jésus : montre-moi tes blessures, fais-moi rencontrer des apôtres ardents qui ont reconnu tes plaies à travers la souffrance vécue dans le monde. Seigneur, si les clous ont pu soutenir ton Corps en Croix, comment ne me serait-il pas possible de te porter au bout de mes bras et de te présenter à tous ceux qui m’entourent et leur dire : « Voici Celui qui vous aime, Il est ressuscité! »  ….Alléluia…Alléluia

Mariette

 

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« Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous,
si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous,
si je ne mets pas la main dans son côté,
non, je ne croirai pas ! »

Si je me mets dans la peau de Thomas, qu’est-ce qui se vit dans ma tête?

C’est que je ne veux pas me faire avoir. Je ne veux pas croire à l’impossible avant que cet impossible me soit confirmé. Je veux des preuves avant de croire en toute confiance.

Je veux être certain que les bras de la foi en lesquels je suis à la veille de m’abandonner entièrement ne vont pas se dérober et que je vais retomber, seul, dans le néant.

Oui j’ai peur, oui je doute, oui je maintiens mes réserves, et pourtant dans mon cœur je ne demande qu’à être libéré de la peur, qu’à être délivré du doute.

Je suis celui qui tarde, celui qui tient la main aux sceptiques et à tous les entêtés qui s’accrochent à leurs maigres convictions et poussières de savoir.

Et oui, je l’ai vu, de mes propres yeux vu, Lui le Vivant! J’ai touché son corps de ressuscité, j’ai mis mon doigt dans la marque des clous, et j’ai mis la main dans son côté.

Tout cela je l’ai fait, et je témoigne que c’est la vérité, aussi vrai que je m’appelle Thomas.

Me croirez-vous à votre tour? 

Nénuphar

….

« Cesse d’être incrédule »

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On dirait que Thomas est campé sur ses positions et que personne ne peut l’influencer. Les autres disciples ont commencé à croire que Jésus est vivant en entendant le récit de Pierre et de Jean, qui l’ont eux-mêmes entendu des femmes… Une chaîne de la parole s’est formée, mais elle ne suffit pas à Thomas pour qu’il donne son adhésion. Il suit son propre chemin. Il prend le risque de poser ses propres conditions.

Thomas a résisté, mais devant Jésus en personne, il ne peut plus camper sur ses positions. Une vraie rencontre a lieu entre lui et Jésus, et cela change tout. Sans cette expérience personnelle, il ne peut pas avancer. Et Jésus condescend à respecter Thomas dans son parcours de croyant, tout en lui disant : cesse d’être incrédule. Il le rejoint sur son terrain pour le libérer de cette sorte de foi qui demande des preuves, qui n’ose pas s’aventurer sur le terrain du risque : le risque de croire que le Vivant est là, parmi nous.

J’imagine la joie de Thomas et la ferveur qu’il mettra à proclamer qu’il a vu son Seigneur vivant. Il a renoncé à exiger des preuves, il s’est recentré sur la personne de Jésus, il s’est mis à l’écoute de l’expérience de foi de toute la communauté pour en découvrir la riche diversité. Merci, Thomas, d’avoir reconnu ta difficulté à croire, elle nous indique désormais le chemin à suivre.

Julie

« La paix soit avec vous ! »  Ô mon âme, quand laisseras-tu cette parole opérer en toi ce qu’elle profère !  Ô mon âme, quand tu prononces cette parole, te souviens-tu au nom de qui ?  Et lorsque tu entends « Recevez l’Esprit Saint », laisses-tu descendre cette demande jusqu’au coeur fidèle et fertile ou laisses-tu le vent l’emporter comme un vain bavardage ?

Ô mon âme,  est-ce Thomas qui t’habite, as-tu besoin de voir et toucher pour croire, entendre, réaliser et te soumettre enfin à l’Esprit de Vérité ?
Ou abrites-tu la peur que cet Esprit t’emprisonne au lieu de te rendre libre et envoyée ?
Ou encore, attachée à ton indignité, tu demandes mais ne peut recevoir la Parole qui guérit, la Parole qui pardonne ? As-tu donc barricadé ton coeur ?

Ô mon âme, sais-tu qui te questionne ainsi ? Est-ce le même que celui qui ordonne : « Bénis le Seigneur ô mon âme, bénis son nom très saint, tout mon être » ?

Ô mon âme, appelle sans relâche comme tu es appelée et ouvre ton coeur à l’impression : « La paix soit avec vous ! », « Recevez l’Esprit Saint ».

Pierrette

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Il y a encore beaucoup d’autres signes
que Jésus a faits en présence des disciples
et qui ne sont pas écrits dans ce livre.
Mais ceux-là ont été écrits
pour que vous croyiez
que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu,
et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

Avoir la vie en son nom… c’est recevoir la vie en son nom à lui, Jésus… qui veut dire « Dieu Sauve », lui à qui a été donné le Nom au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers…

 Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus : le Christ Jésus,
ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu.
Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes.
Reconnu homme à son aspect,
il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix.
C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom,
afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers,
et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens » Chapitre 2 (AELF)

Avoir la vie en son nom… c’est communier à Jésus qui est présent en son nom… lui, le Verbe Incarné… comme il est aussi présent dans sa Parole Vivante, dans son Eucharistie, et en en chacun de nous.

Avoir la vie en son nom… c’est avoir la vie grâce à lui, de sa part, comme partie de sa vie, sarment de sa vigne, comme membre à part entière de son corps… en priant et agissant par et en son nom, le gardant sans cesse en soi-même… et le révélant au cœur de tout corps.

Michaël