Des outils pour animer un atelier en groupe ou en famille!
En deux mots c’est une invitation, deux fois par mois, à vivre et à témoigner de la rencontre entre Jésus et l’une des personnes ayant croisé son chemin. Et ce en s’inspirant à la fois de la Parole et d’images de l’héritage pictural chrétien.
C’est simple, à toutes les deux semaines, nous publierons des reproductions d’images chrétiennes, des modèles simplifiés à tracer ou colorier ainsi que des extraits des Évangiles relatant une de ces rencontres avec Jésus.
Nous sommes conviés à vivre de l’intérieur cette rencontre au moyen de la parole et de l’image, en s’appuyant simultanément sur les textes bibliques et les représentations de l’art traditionnel chrétien.
Ensuite, chaque personne est libre de témoigner en envoyant par courriel quelques mots et une image, qu’il s’agisse d’un tracé, d’un coloriage, d’un croquis ou de toute autre création. Un groupe Facebook ainsi qu’un espace web de partage seront dédiés aux partages de cette communauté en ligne.
L’invitation s’adresse à toutes et tous, peu importe l’âge et la culture, que l’on soit pratiquant ou non.
Pour vivre pleinement le processus de création et d’appropriation des extraits des évangiles, les participants sont invités à se réunir en ligne en petits groupes. Nous offrons un soutien à la création de groupes au moyen de rencontres Zoom.
Pour tout renseignement additionnel ou pour les groupes qui voudraient recevoir plus d’appui au démarrage, nous écrire à : alecoutedesevangiles@gmail.com
Illustrations inspirées de peintures traditionnelles de Giotto et de Lorenzetti.
En ce temps de confinement, tout rassemblement fait rêver. Mais qui est cette foule colorée, apparemment solidaire, capable de donner son manteau à celui qui n’en a pas? Une fois passé le moment de se serrer les coudes, qu’adviendra-t-il?
Jésus accueille cette foule versatile. Il le sait, aujourd’hui c’est lui qu’elle acclame, demain elle suivra d’autres leaders qui sollicitent l’attention.
Les disciples qui entrent avec Jésus dans la ville partagent l’enthousiasme populaire; ils ne sauront pas tenir lorsque leur Maître sera convoqué en justice comme un criminel. Eux aussi feront l’expérience d’un coeur inconstant. Et ils pleureront.
Le récit de l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem interroge mon désir de le suivre. Tant que l’enthousiasme est au rendez-vous, c’est facile de marcher d’un bon pas, de joindre les rangs. Viennent les obstacles, saurais-je continuer à marcher jusqu’au bout du chemin? avec Lui?
Ce temps de confinement interroge nos convictions, nos pratiques et nos solidarités. Comment faire pour qu’il ne soit pas seulement un autre exercice de performance, mais plutôt un approfondissement de nos choix?
Monique
Le lavement des pieds
Tracé d’après une peinture de Ford Madox Brown
L’image de Jésus qui lave les pieds de ses disciples est pour moi une illustration de son amour profond pour l’humanité, mais aussi une signe que sa vie est remise totalement au mystère du Père.
Il se livre totalement, corps, cœur et âme, pour nous, dans une intimité et une simplicité qui sert de modèle pour nos propres vies chrétiennes.
Colette
Quand le Christ suit les pas de son Père, guidé par le Saint Esprit, il remplit nos vies en lui donnant un sens.
Un geste d’humilité, un simple geste d’amour. Ça ne prend pas grand-chose pour remplir nos cœur d’amour et de paix.
Le Christ nous montre que nous ne pouvons pas devenir grands si nous n’apprenons pas avant à devenir tout petits.
Le Christ avec sa simplicité nous montre le chemin de l’amour et l’abandon de l’ego… il nous montre que nous sommes tous égaux, en donnant l’exemple.
Aquarelles de Eda, réalisées en s’inspirant de représentations traditionnelles de l’art chrétien.
Crucifixion
Invitée à dessiner d’après une icône sur le thème de Pâques (dans le cadre de À l’écoute des Évangiles), j’aurais plutôt choisi une scène de la Résurrection.
Je me suis cependant confrontée à mes limites face à la complexités des modèles je choisissais.
Dans le lot des icônes traditionnelles dont j’avais les images, une seule était assez simple et claire pour pouvoir me servir comme modèle : une petite représentation de Jésus sur la croix, seul, dessiné très simplement, et pas du tout conventionnel du fait qu’il est revêtu d’une robe rouge, elle aussi toute simple, ce qui facilitait grandement mon dessin.
Je me suis donc mise à l’œuvre de copier cette crucifixion en me disant que c’était peut-être une bonne occasion d’accueillir en moi toute cette souffrance accepté par Jésus, cloué dans notre mort, pour nous retourner en Sa Vie Éternelle.
Mais voilà qu’en dessinant Jésus sur la croix, ce n’est pas moi qui l’accueillait, mais c’est au contraire lui qui m’accueillait, les bras grands ouverts.
Tout au long de mon dessin et de son montage (pour en faire un petit diaporama), je me retrouvais face à ses bras grands ouverts, et je ne voyais plus qu’eux… et sa robe rouge s’imposait de plus en plus en moi comme la manifestation de Son Amour, un amour inconcevable qui était devenu son seul vêtement.
Il se détachait ainsi de la croix en laquelle il avait relié ciel et terre, non seulement pour redonner Vie à ce qui était mort, mais pour venir nous assurer de Sa Présence, non pas seulement en esprit, mais en chair et en os.
« Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Matthieu 28, 20)
Amour incarné, transfigurateur, rédempteur… toujours vivant, à l’œuvre encore et en corps, en nous mettant nous-mêmes à l’œuvre en Son Œuvre.
« Mon Père est toujours à l’œuvre, et moi aussi, je suis à l’œuvre. » (Jean 5, 17)
Laïla
Jésus brise les portes des enfers
En général, lorsque la liturgie emploie le vocabulaire de la toute-puissance de Dieu, de son pouvoir royal, j’éprouve un malaise. Un Dieu qui s’est fait le « très-bas », en Jésus, qui se dépouilla de sa divinité pour revêtir notre humanité, ne réclame pas sa puissance.
Par contre, à mesure que je me suis approchée du Christ dans cette représentation de l’ANASTASIS, en coloriant le croquis offert sur le site, j’ai mieux perçu à la fois la joyeuse légèreté du Ressuscité et la force qui émane de Lui, une force qui le rend capable de « tirer » du monde d’en-bas, des enfers, celles et ceux qui y sont – y étaient – enfermés. L’ampleur de cette force est à la mesure de sa volonté de vraiment « sauver » notre humanité, et chacun des humains qui ne pouvaient à l’avance le connaître, ni les humains qui ne l’auront pas reconnu au cours des siècles.
Si telle est la force du Ressuscité, une force animée par l’amour, oui je veux bien qu’on parle du Dieu tout-puissant qui a créé ce mouvement irrépressible de salut.
Monique
…
Réflexions en copiant l’image de Jésus qui brise les portes des enfers
Dans le cas du dessin de la Résurrection, j’ai rencontré les personnages au fur et à mesure qu’ils se présentaient à moi. Quand je sentais que le personnage résonnait en moi avec sa demande intérieure envers Jésus, je rangeais ma gomme à effacer et je mettais de la couleur.
Par contre, le visage de Jésus reste une sorte d’énigme pour moi. Cependant, je peux dire qu’IL est tellement au centre de Lui-même et connecté à son Père qu’il ne manifeste pas d’émotion, malgré le fait que son visage me parait très doux.
J’aime l’effort que je sens dans ses bras pour sortir Adam et Eve de leur tombeau. Pour Adam, il tire directement, mais pour sortir Eve, c’est comme s’il ramenait son bras vers lui-même, dans un geste différent pour la sortir de là. Son corps en entier participe du geste de tirer Adam et Eve de l’enfer. Il est à la fois très ‘silencieux’ et paisible mais tout à fait dynamique.
Dans le thème de la Résurrection, ce qui m’est le plus cher, c’est le moment où Jésus vient libérer les morts des enfers.
Pour moi, rien n’est plus porteur de joie et d’espérance que le fait de savoir que nous ne devons pas désespérer, même pris dans la plus grande prison, quelle qu’elle soit. En nous en remettant à Jésus Christ, nous pouvons tous être sauvés.
Comment retrouver des pratiques qui soient véritablement signifiantes et porteuses d’une reconnexion spirituelle avec le souffle des Évangiles?
C’est la question que nous nous posons depuis des années. Et avec plus d’acuité encore ces derniers temps alors que nous avons été privés de célébrations eucharistiques dans un contexte de crise sanitaire.
Il nous semble de plus en plus évident que de prendre un temps pour incarner la parole au travers de gestes concrets permet d’approfondir la foi. Que ce soit en prenant le temps de témoigner du chemin d’éveil que la lecture des Évangiles accomplit en nous, ou que ce soit en utilisant nos mains pour donner corps et présence à ce que nous avons entendu.
De nombreuses personnes l’ont expérimenté, copier une icône, assembler une crèche, aménager un coin de prière, ou même tout simplement colorier un tracé d’une scène des Évangiles permet d’intégrer plus profondément la réalité de la Parole dans notre vie quotidienne. La présence qui émane des textes sacrés devient plus tangible, moins virtuelle. Les scènes évangéliques sont actualisées dans ces petits gestes bien au-delà de leur dimension historique.
Les artistes chrétiens en témoignent, leur pratique artistique au service des Évangiles transforme profondément le regard qu’ils portent sur le sens de la vie.
Après une longue période de réflexion, nous avons décidé de réorienter le site de « À l’écoute des Évangiles » pour faire une plus grande place à l’image à titre de témoignage vivant de la foi.
Pour sortir de l’enfermement!
Un des fondements de la foi chrétienne est de reconnaître profondément qu’après avoir été crucifié, Jésus est ressuscité.
Même si elle n’est pas décrite telle quelle dans les Évangiles, diverses images ont représenté la résurrection dans l’histoire de l’art chrétien.
L’une des images centrales, incarnant avec force la résurrection de Jésus-Christ, est celle où Jésus remonte des enfers, brisant les portes de ceux-ci et entraînant avec lui celles et ceux qui y étaient retenus en captivité.
Apparue en Orient, cette représentation sous forme d’icône se nomme « Anastasis », ce qui signifie résurrection. Jésus y apparaît dans son corps de lumière éblouissante, ressuscité et transfiguré, en train de retirer Adam et Ève des enfers.
La représentation de la résurrection est une des plus belles images à actualiser à l’occasion des célébrations pascales, car comme il est dit « si le Christ n’est pas ressuscité, notre foi est vaine » (1 Co 15, 17). C’est infiniment plus qu’un symbole ou un mythe. C’est l’un des principaux fondements de la foi et de l’espérance chrétienne.
L’image de l’Anastasis donne corps et présence à l’extrait suivant du Credo, le Symbole des apôtres : « Il est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts ».
Pour une « résurrection », ou résurgence des arts chrétiens
À l’égal de la prière, l’art chrétien demande à être sans cesse réactualisé pour être pleinement vivant.
Si les méthodes d’impression industrielles ont permis la reproduction en série d’œuvres chrétiennes, l’actualisation en personne des images des Évangiles demeure essentielle.
L’art populaire chrétien a joué un rôle central dans l’incarnation de la foi jusque dans les régions les plus reculées. À ce titre, un simple crucifix en bois à la croisée de chemins de terre en pleine campagne a autant d’importance pour manifester la présence de Jésus en notre monde que les fresques de Michel-Ange à la chapelle Sixtine!
À l’occasion de la Semaine sainte nous vous invitons à actualiser une image de la résurrection en méditant sur la parole « Il est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts » ou encore sur celle-ci : « Ayant été mis à mort selon la chair, mais rendu à la vie selon l’esprit, dans lequel il est allé prêcher en prison. » (Ac 2, 24-32 et 1P 3, 19s)
Vous pouvez aussi tout simplement tracer ou colorier l’image simplifiée de Jésus remontant des enfers ci-dessous.
Jésus, ressuscité et transfiguré, relève Adam et Ève des enfers. Modèle à imprimer, à copier ou tracer, et à colorier.
Partagez-nous votre croquis et le témoignage de ce que vous avez découvert durant le processus de création au : participer@alecoutedesevangiles.mobi
La Descente aux Limbes ou Jésus brise les portes de l’enfer Icône de l’atelier Dominique-Emmanuel inspirée de modèles traditionnels
Cette représentation traditionnelle s’appuie sur plusieurs textes :
« Flambeau porteur de Lumière, la chair de Dieu sous terre dissipe les ténèbres de l’Hadès. » (Liturgie de la fête de la Nativité)
« Tu es descendu sur terre pour sauver Adam et ne l’y trouvant pas, O Maître, tu es allé le chercher jusque dans l’enfer. » (Matines du Samedi saint)
Et Saint Jean dans l’Apocalypse : « Quand je le vis, je tombai à ses pieds comme mort. Il posa sur moi sa main droite en disant : « Je suis le premier et le dernier, et le vivant. J’étais mort, je suis vivant aux siècles des siècles. Je tiens les clefs de la mort et du séjour des morts. » » Apoc. I 17.18
La tradition relie à cette réalité l’injonction répétée au fidèle : « Donne ton sang et tu recevras l’Esprit. »
Inspirés par l’Évangile apocryphe de Nicodème, les deux principaux modèles de cette icône ont été exécutés, l’un à la fin du XIVe siècle en Russie probablement, l’autre au XVIe siècle à Théraponte. Le Christ, en relevant Adam et Ève, relève toutes les générations à venir.
Le simple tracé ou coloriage d’une image tirée des évangiles, sans souci d’expression personnelle ni de performance artistique, nous conduit parfois beaucoup plus profondément à une véritable contemplation que les pensées et les mots.
Nous vous offrons ce témoignage visuel en guise d’invitation à vivre l’Avent et les mystères de la nativité, et ce avec tout l’émerveillement de l’enfance.
Puiser à même la richesse de l’héritage pictural chrétien nous permet d’approfondir et de consolider nos propres racines.
Que l’on copie, trace ou colorie une scène des évangiles, c’est toujours une rencontre pleine de présence, laquelle nous amène vers une plus grande intériorité et contemplation.
Peu importe notre âge, nous sommes conviés à une redécouverte du sens profond de chacune de ces scènes lorsque nous prenons le temps de la dessiner.
Les extraits de témoignages ci-dessous, offerts par une participante, illustrent bien ce processus :
« Le fait de dessiner la Nativité m’a permis de vraiment aller à la rencontre de Marie, de Joseph et de l’Enfant Jésus, et de les connaître plus intimement, et aussi d’une manière nouvelle.
Tandis que le dessin prenait vie devant mes yeux, j’ai vu que le visage de Joseph se remplissait d’une joie profonde, de stupeur et d’émerveillement devant l’Enfant Jésus. Je cherchais dans mon cœur, sans trop forcer mon esprit, à entendre ce que vivait ce Joseph.
Il devenait pour moi le symbole de l’Humanité transfigurée devant l’Enfant Jésus, devant cette lumière qui l’a surpris et sorti de sa petite humanité en proie au doute et à la souffrance. Il est devenu l’Humanité toute entière qui accueille en son cœur Marie et Jésus.
Pendant que la dessinais, j’ai découvert une Marie très intérieure, don total d’amour au travers de l’offrande de Jésus à Joseph ou à l’Humanité.
L’Enfant Jésus, de son côté, reste encore emmailloté dans le mystère de la joie et de la plus grande tendresse du monde.
L’Enfant Jésus a encore tout un univers à délier dans mon cœur. Je sens cependant que ce Mystère continuera de s’approfondir au fur et à mesure que je me permets de m’approcher de la Crèche et d’écouter son message.
J’ai eu l’impression de m’asseoir dans la Crèche pendant quelques heures et de baigner dans l’intimité du Mystère de la Nativité. Je sens que je n’ai pas fini d’aller m’y ressourcer.
Le fait de prendre mon temps pour dessiner l’image et la mettre en couleur a permis à celle-ci de me livrer, me semble-t-il, l’essentiel ce qu’elle avait à me confier. »