Rencontres avec Jésus – Joseph

Marie remettant Jésus entre les bras de Joseph
« Marie remettant Jésus entre les bras de Joseph »
Une oeuvre de l’artiste-peintre québécois Pierre Lussier

Nous sommes invités à une deuxième rencontre avec Jésus, en s’identifiant à Joseph, témoin privilégié de son enfance et de sa vie. En s’inspirant des textes et images de cet article, imaginons ce que nous aurions vécu si nous avions été à la place de Joseph et témoignons-en sous forme d’écrits et d’images!

Plusieurs évangélistes ont parlé de Joseph :

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu – Chapitre 1

18 Or, voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint.

19 Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret.

20 Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ;

21 elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »

22 Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète :

23 Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous »

24 Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse,

25 mais il ne s’unit pas à elle, jusqu’à ce qu’elle enfante un fils, auquel il donna le nom de Jésus.

Joseph et l’enfant d’après Guido Reni

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc – Chapitre 2

01 En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre –

02 ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. –

03 Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine.

04 Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth, vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem. Il était en effet de la maison et de la lignée de David.

05 Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte.

06 Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli.

Joseph et L’enfant Jésus d’après une sculpture traditionnelle de l’art chrétien

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu – Chapitre 2

(Après le départ des rois mages)

13 Après leur départ, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. »

14 Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Égypte,

15 où il resta jusqu’à la mort d’Hérode, pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : D’Égypte, j’ai appelé mon fils.

19 Après la mort d’Hérode, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph en Égypte

20 et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et pars pour le pays d’Israël, car ils sont morts, ceux qui en voulaient à la vie de l’enfant. »

21 Joseph se leva, prit l’enfant et sa mère, et il entra dans le pays d’Israël.

22 Mais, apprenant qu’Arkélaüs régnait sur la Judée à la place de son père Hérode, il eut peur de s’y rendre. Averti en songe, il se retira dans la région de Galilée

23 et vint habiter dans une ville appelée Nazareth, pour que soit accomplie la parole dite par les prophètes : Il sera appelé Nazaréen.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Joseph et L’enfant Jésus d’après une représentation traditionnelle de l’art chrétien

JOSEPH LE JUSTE : Matthieu 1 – 2
Commentaire de l’Évangile

Par Daniel Cadrin, o.p.

Le rôle de Joseph ressemble à celui de Jean Baptiste et de Marie : préparer la venue de Jésus le Messie. Mais Joseph n’a pas leur panache et leur verbe. C’est un drôle de saint, du genre discret et effacé, et souvent regardé de haut : il prend comme épouse une femme enceinte, il écoute une voix qui lui parle dans ses rêves, et puis il ne parle pas, nulle part dans les Évangiles! Face au message d’un ange, en Luc, Marie réagit : elle pose des questions, elle est bouleversée, elle médite et répond. Et dans les Évangiles, Jean Baptiste va prêcher, dénoncer, douter, proclamer. En regard de ces personnages prestigieux, Joseph a plutôt l’air d’un faire-valoir.

Mais en Matthieu, au moins, Joseph a droit lui aussi à son annonciation (1,20). Et ce qui est dit de lui est loin d’être négligeable : Joseph, fils de David, homme juste (1,19-20). Comme Jean Baptiste, Joseph sert de pont entre l’ancienne et la nouvelle alliance. Et surtout, c’est lui qui assure à Jésus sa descendance de David, trait essentiel pour un Messie (1,12). C’est Joseph qui donne à Jésus le chapeau de David.

Ce Joseph est un homme juste, expression forte dans les Écritures, qui indique une personne qui vit pleinement l’alliance avec le Dieu vivant et avec son peuple, comme Abraham le juste. Au jugement, les bénis qui ont donné à manger, qui ont accueilli et visité, sont appelés des justes (25,37). Les Béatitudes (Mt 5,6) parlent des affamés de justice. Pour Matthieu, dire de quelqu’un qu’il est juste, c’est le plus grand éloge.

Et si Joseph ne parle pas comme Marie et Jean Baptiste, son rapport à la Parole est pourtant très signifiant : il ne parle pas mais il agit! Il fait ce que le messager de Dieu lui demande (1,24; 2,14.21). Dans ces passages, il met en pratique la parole qui vient de Dieu. Il ne se dit pas: je vais y penser, c’est une possibilité, ou je vais mettre sur pied un comité d’étude des propositions célestes. Non, il réagit autrement : il décide, il prend des risques, il s’engage personnellement.

Un autre aspect important de cette figure discrète et qu’on oublie souvent, c’est le rôle de Joseph par rapport à Jésus, son fils. D’abord, il lui donne son nom, Jésus (1,25). Puis, dans la Galilée du premier siècle, après la petite enfance, un garçon reste avec son père; il ne se tient pas avec sa mère. C’est auprès de son père qu’il est initié à la vie sociale, qu’il apprend un métier; c’est son père qui a le rôle premier pour lui transmettre l’héritage moral et religieux.

Ce qui veut dire que Jésus a été marqué par Joseph beaucoup plus qu’on ne le pense, dans ses valeurs, son rôle social, son approche religieuse, pour forger son identité. La fidélité de Jésus à ses options, jusqu’au bout, ce mélange de sagesse et de courage dans sa mission, son attention aux exclus et aux faibles, sont-elles le seul fruit de sa personnalité propre ou de sa filiation divine? Il serait surprenant que Joseph n’ait pas eu un rôle dans tout cela.

De plus, les Évangiles nous présentent l’expérience religieuse de Jésus comme une relation intime avec Dieu, que Jésus appelle Père, Abba, avec affection et grande confiance. Il y a une intensité et une profondeur dans cette relation unique de Jésus, fils de Dieu, à son Père des cieux. Est-ce que cela lui est venu directement du ciel? Peut-être que Jésus a d’abord développé cette confiance, en a fait l’expérience, dans sa relation première avec cet homme obscur, Joseph, dont on sait seulement qu’il était juste, qu’il était capable d’être attentif à la révélation de Dieu dans les Écritures et dans les songes, et qu’il mettait en pratique la Parole.

Images de Joseph :

Joseph est présent dans l’iconographie surtout à partir de quelques scènes des Évangiles de l’enfance de Jésus: la nativité, la fuite en Égypte, la présentation au temple. Vont s’ajouter deux figures du père : Joseph avec l’enfant dans ses bras ; Joseph à son atelier de travail avec Jésus un peu plus âgé.

Dans ces images, Joseph est toujours en relation avec d’autres personnages, surtout Marie et Jésus. Il y a aussi toute une spiritualité de la Sainte Famille, avec son iconographie, qui a été particulièrement populaire au 17e siècle en France et qui a marqué la dévotion en Nouvelle-France. Elle intègre les figures des grands-parents, Anne et Joachim. Mais le culte de Saint Joseph va finalement lui permettre d’exister par lui-même, comme les autres saints. Et il aura droit à sa sculpture ou à sa peinture sans être entouré d’autres figures ou sans n’être lui-même qu’un figurant.

Le culte de saint Joseph est bien implanté au Québec. Plusieurs générations d’hommes canadiens-français ont Joseph comme un de leurs prénoms. C’est à Montréal que se trouve le plus grand sanctuaire qui lui est dédié, l’Oratoire St-Joseph. Le frère André, c.s.c., canonisé en 2010, en fut l’initiateur. On trouve dans cet Oratoire des œuvres de plusieurs artistes québécois et européens.

Voici quelques œuvres montrant Joseph dans les diverses images mentionnées plus haut :

  1. Pierre Lussier, La nativité, 2016. Peintre de Québec, dont plusieurs œuvres se rapportent aux récits bibliques et à l’histoire du Québec. Dans cette scène de la nativité, située dans une grotte, Marie dort paisiblement et Joseph prend soin de l’enfant Jésus avec tendresse. L’enfant est emmailloté (Lc 2,12).

  1. Cerezo Barredo,1997. Ce clarétain espagnol a vécu dans plusieurs pays d’Amérique latine. Il est considéré comme le peintre de la libération. Joseph, Marie et l’enfant sont ici au milieu du peuple.
  1. Fra Giovanni di Fiesole (surnommé Angelico), miniatures de l’Armadio degli argenti, 1452, Musée San Marco, Florence. Détails de la Fuite en Égypte et de la Présentation au Temple. Joseph y apparaît comme un homme digne et solide.
  1. Sylvia Daoust, 1937, couvent dominicain St-Albert-le-Grand, Montréal. Cette sculptrice québécoise (1902-2004) fut une grande pionnière dans son art. Joseph tient l’enfant avec affection et fierté.
  1. Georges de la Tour, Saint Joseph charpentier, c.1642, Musée du Louvre, Paris. Peintre lorrain réputé pour ses lumières et ombres. Joseph en tablier est au travail, avec des outils sur le sol. La lumière vient de la bougie qui est tenue par Jésus l’enfant.
Tableau
  1. Benjamin Constant, Saint Joseph père nourricier du Christ, 1878, Église St-Martin, Villers-sur-Mer, Normandie. Peintre orientaliste qui a séjourné au Maroc. Voici une scène plus rare : Joseph et Jésus sont à l’extérieur, avec un paysage ; proximité entre le père et le fils, côte à côte, qui regardent au loin. Au sol, deux attributs de Joseph (lys, outil).
  1. James Tissot, c.1886-1894, Brooklyn Museum. Ce peintre français a peint la majorité des scènes des évangiles mais aussi des portraits de plusieurs personnages bibliques. Voici un Joseph sympathique dans son atelier de travail.


Dessins à tracer et à colorier

Nous sommes invités à vivre de l’intérieur le vécu de la relation entre Joseph et Jésus.

D’après notre expérience, une des meilleures façons de se plonger dans le vécu de cette rencontre, c’est de la dessiner. Peu importe la manière, quelques traits et un peu de couleur peuvent suffire. Que l’on copie, trace ou colorie un modèle, l’important est de prendre un temps d’intériorité pour se familiariser avec le sujet. Aucun besoin d’avoir de l’expérience, il n’est pas ici question de performance artistique ni d’habileté. C’est une activité de contemplation à laquelle le dessin nous convie.

Vous pouvez utiliser une des images publiées dans cet article comme source d’inspiration, ou consulter les nombreuses images disponibles sur Internet sur le thème « Joseph et Jésus », ou encore imprimer les modèles simplifiés ci-dessous pour les tracer et les colorier.

Pour vivre pleinement le processus de création et d’appropriation des extraits des évangiles, les participants sont invités à se réunir en ligne en petits groupes. Nous offrons au besoin un soutien à la création de groupes (au moyen de rencontres Zoom).

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Nous sommes toutes et tous, quelque soit l’âge et la culture, invités à témoigner de la façon dont nous percevons et vivons notre rencontre avec Jésus au travers du partage de vie entre Joseph et Jésus!

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Rencontres avec Jésus – les bergers

L’adoration des bergers d’après Guido Reni

Nous sommes conviés à une première rencontre avec Jésus, en s’identifiant aux bergers qui ont été parmi les tout premiers à le reconnaître. En s’inspirant des textes et images ci-dessous, imaginons ce que nous aurions vécu si nous avions été à la place des bergers et témoignons-en sous forme d’écrits et d’images!

L’extrait des Évangiles

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc, chapitre 2

01 En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre

02 ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie.

03 Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine.

04 Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth, vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem. Il était en effet de la maison et de la lignée de David.

05 Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte.

06 Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli.

07 Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.

08 Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux.

09 L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte.

10 Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple :

11 Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur.

12 Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »

13 Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant:

14 « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

15 Lorsque les anges eurent quitté les bergers pour le ciel, ceux-ci se disaient entre eux : « Allons jusqu’à Bethléem pour voir ce qui est arrivé, l’événement que le Seigneur nous a fait connaître. »

16 Ils se hâtèrent d’y aller, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire.

17 Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant.

18 Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers.

19 Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur.

20 Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris


L’adoration des bergers d’après Giorgione

Commentaire de l’Évangile sur l’Adoration des bergers : Luc 2, 1-20

Une présentation de Daniel Cadrin, un professeur de théologie ayant développé une grande connaissance de l’art pictural chrétien.

Des bergers dans les champs, la nuit, gardant leurs troupeaux: des gens ordinaires dans leur lieu et temps de travail, occupés à leur tâche. Des bergers: à cette époque, des gens qui n’ont pas socialement de prestige, utiles par leur travail mais peu considérés. Une expérience spirituelle forte leur arrive, qui ressemble à celle des disciples de Jésus, plus tard, sur la montagne de la transfiguration: la gloire de Dieu se révèle et ils sont enveloppés de lumière. Ils sont remués intérieurement et bouleversés, saisis d’une grande crainte, comme toute personne vivant une expérience de transcendance, qui les dépasse.

Cette transfiguration des bergers ne se vit pas dans un lieu rare et sacré, mais en plein cœur de leur vie ordinaire, dans les champs. Le messager est l’Ange du Seigneur: la même figure qui apparut à Moïse, alors qu’il gardait lui aussi son troupeau. Mais le plus important, comme dans tout récit de révélation, c’est la Parole. Les bergers sont appelés à aller plus loin que leur première réaction et à entendre une Parole qui annonce la lumière.

Le message est une Bonne nouvelle, littéralement un Évangile. Par-delà et à travers ce récit que nous trouvons poétique ou charmant, c’est une réalité plus profonde, l’essentiel de la foi chrétienne, le kérygme, qui est transmis aux bergers. Que contient-il? Une nouvelle qui est bonne, qui n’est pas une mauvaise nouvelle: cela est plutôt rare de nos jours. La joie est associée à cette annonce, et non seulement pour quelques uns mais pour tout le peuple. Cet événement réjouissant n’est pas ancien dans le passé ou lointain dans l’avenir, mais advient aujourd’hui, au présent. Il est centré non pas sur une brillante idée, un plan bien organisé, ou une morale détaillée, mais sur une personne, qualifiée de Sauveur, Messie, Seigneur.

On s’attendrait ensuite à être conduit dans un lieu prestigieux, où rencontrer un tel personnage. Mais le messager donne un signe très différent de cette attente: un nouveau-né dans une mangeoire, voilà la Bonne Nouvelle! Et celle-ci n’est pas banale, malgré son apparence, car elle engage Dieu lui-même, le ciel et la terre, avec la gloire et la paix. Quel est le secret ou le mystère qui est ainsi dévoilé? Il est simple et radical, profond et éclairant: le Dieu vivant et glorieux est bienveillant, il aime les humains. Cet enfant en est le visage.

Ces dernières années, en Église, nous parlons de mission et d’évangélisation. Le récit des bergers nous offre des pistes fondamentales, à accueillir, explorer et mettre en œuvre. Que font les bergers suite à leur expérience? Il vaut la peine de compléter le récit. Tout d’abord, ils agissent: ils se déplacent et vont vers l’enfant. Et ils le font en se hâtant, comme Marie pour la visitation. Ils trouvent l’enfant et le regardent, temps d’intériorisation et d’approfondissement. Puis, ils ne se contentent pas de rentrer chez eux. Ils deviennent à leur tour des messagers de la Bonne Nouvelle et suscitent l’étonnement chez d’autres. Et la joie continue de les habiter: ils glorifient Dieu, comme les premiers messagers. Le processus d’évangélisation est ainsi suggéré dans toutes ses étapes.

Images de la Nativité :

(Adapté de : Daniel Cadrin, « La Nativité selon Luc en images », Rencontre, CCCM, décembre 2015, p.8-9)

La Nativité selon Luc (2, 1-20) est peu présente dans l’iconographie de l’antiquité chrétienne. C’est l’Adoration des mages, propre à Matthieu (2,1-12), qui domine; d’ailleurs, la fête de l’Épiphanie est longtemps demeurée plus importante que Noël. C’est au Moyen Âge que la Nativité selon Luc prend son envol. Ce motif va se maintenir jusqu’à maintenant. François d’Assise (13e siècle) y a contribué, en popularisant la crèche. Pour regarder ces images, certains éléments demandent notre attention.

Les personnages

Il y a d’abord ceux qu’on trouve dans l’Évangile: Jésus, Marie, Joseph, les anges, les bergers avec leur brebis. D’autres sont ajoutés: le bœuf et l’âne (qui viennent d’Isaïe 1,3), une aidante (surtout dans l’art médiéval), des curieux, une étoile (qui vient de Matthieu), des saints locaux.

Les postures

Dans les œuvres plus anciennes, jusqu’au 14e siècle, Marie est habituellement étendue; l’enfant est placé près d’elle dans un berceau qui peut ressembler à un tombeau (évoquant la suite de l’histoire); Marie a parfois un contact physique avec l’enfant; Joseph est assis, un peu en retrait, avec un air méditatif. Par la suite, Marie va se retrouver agenouillée près de l’enfant; Joseph à genoux ou debout. Le plus étonnant, c’est que l’art ancien, plus symbolique et religieux, est finalement le plus réaliste! Pour une femme qui vient d’accoucher, la position couchée est plus naturelle. Dans l’art plus récent, on trouve une variété de postures: Marie est parfois assise avec l’enfant sur ses genoux ou dans ses bras.

Le lieu

L’Évangile parle de mangeoire ou de crèche, en lien avec une hôtellerie ou une salle d’hôtes. Dans les œuvres anciennes, la scène se passe habituellement dans un espace ouvert, parfois avec un toit, une sorte d’abri ou d’étable; la grotte aussi est présente ou signifiée par des rochers. Tout cela permet de bien montrer la scène. Par la suite, à partir de la fin du Moyen Âge, le lieu pourra garder ces traits mais ressembler davantage à une maison; les ruines feront aussi leur apparition. Des paysages et des villes au loin viendront situer la scène dans un univers plus vaste. Dans l’art récent, on trouve une diversité d’habitats.

Voici quelques œuvres, variées dans le temps et l’espace.

  1. Giotto di Bondone, fresque, 1304-1306, chapelle des Scrovegni, Padoue. Giotto fut un innovateur par son attention aux personnes dans leur aspect plus naturel; il est marqué par la spiritualité franciscaine. Les bergers, à droite, sont tournés vers l’ange.
  1. Fra Giovanni di Fiesole (surnommé Angelico), une des 35 miniatures de l’Armadio degli argenti, 1452, Musée San Marco, Florence. Ce dominicain est le patron des artistes; son art se situe à la frontière du médiéval et de la Renaissance. Les bergers arrivent, à gauche.
  1. Nicolas Poussin, huile sur toile, c.1653, Alte Pinakothek, Munich. Peintre du classicisme, Poussin fut soucieux d’exactitude historique et de rigueur, mais aussi d’une juste expression des sentiments. Dans cette scène, il n’y a pas de bergers mais on voit des parents heureux.
  1. James Tissot, Brooklyn Museum, c.1886-1894. Tissot est un artiste français qui a vécu en Terre Sainte et qui a peint beaucoup de scènes des Évangiles, en étant attentif au contexte et aux lieux. Ici, les bergers sont très expressifs.
  1. Maurice Denis, huile sur toile, 1894, Musée des Augustins, Toulouse. Denis fut engagé dans le renouveau de l’art sacré chrétien. Ici, la scène est située en contexte contemporain. Les brebis sont à l’avant-plan.
  1. Jésus Mafa, c.1975, Cameroun. Jésus Mafa est un collectif qui a produit, pour la catéchèse, une actualisation des récits bibliques en contexte africain. Les bergers arrivent devant une mère souriante.
  1. Crèche, Collège Jean-de-Brébeuf, 1993. Dans cette œuvre faite par des étudiants, les bergers sont des gens de la rue, de diverses origines.
  1. He Qi, Chine, 21e siècle. He Qi est un artiste chinois chrétien qui intègre des traditions asiatiques et des approches contemporaines. Les bergers sont tournés vers l’ange.

Laissons-nous toucher par ces images aussi parlantes que les paroles. Elles nous invitent, avec les bergers, à la joie et à l’ouverture.

Daniel Cadrin, o.p.


Dessins à tracer et à colorier

Nous sommes invités à vivre de l’intérieur la scène des bergers qui découvrent Jésus.

D’après notre expérience, une des meilleures façons de se plonger dans le vécu de cette rencontre, c’est de la dessiner. Peu importe la manière, quelques traits et un peu de couleur peuvent suffire. Que l’on copie, trace ou colorie un modèle, l’important est de prendre un temps d’intériorité pour se familiariser avec le sujet. Aucun besoin d’avoir de l’expérience, il n’est pas ici question de performance artistique ni d’habileté. C’est une activité de contemplation à laquelle le dessin nous convie.

Vous pouvez utiliser une des images publiées dans cet article comme source d’inspiration, ou consulter les nombreuses images disponibles sur Internet sur le thème « l’adoration des bergers », ou encore imprimer les modèles simplifiés ci-dessous pour les tracer et les colorier.

L’adoration des bergers, modèle simplifié à tracer et à colorier d’après Guido Reni.
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L’adoration des bergers, modèle simplifié à tracer et à colorier d’après Giorgione.
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Nouvelle activité : À la rencontre de Jésus par la Parole et l’image!

Des outils pour animer un atelier
en groupe ou en famille!

En deux mots c’est une invitation, deux fois par mois, à vivre et à témoigner de la rencontre entre Jésus et l’une des personnes ayant croisé son chemin. Et ce en s’inspirant à la fois de la Parole et d’images de l’héritage pictural chrétien.

C’est simple, à toutes les deux semaines, nous publierons des reproductions d’images chrétiennes, des modèles simplifiés à tracer ou colorier ainsi que des extraits des Évangiles relatant une de ces rencontres avec Jésus.

Nous sommes conviés à vivre de l’intérieur cette rencontre au moyen de la parole et de l’image, en s’appuyant simultanément sur les textes bibliques et les représentations de l’art traditionnel chrétien.

Ensuite, chaque personne est libre de témoigner en envoyant par courriel quelques mots et une image, qu’il s’agisse d’un tracé, d’un coloriage, d’un croquis ou de toute autre création. Un groupe Facebook ainsi qu’un espace web de partage seront dédiés aux partages de cette communauté en ligne.

L’invitation s’adresse à toutes et tous, peu importe l’âge et la culture, que l’on soit pratiquant ou non.

Pour vivre pleinement le processus de création et d’appropriation des extraits des évangiles, les participants sont invités à se réunir en ligne en petits groupes. Nous offrons un soutien à la création de groupes au moyen de rencontres Zoom.

Pour participer, il suffit de s’abonner au bas de la page sur notre site:
https://alecoutedesevangiles.art/

Ou de faire une demande d’adhésion à notre nouveau groupe Facebook de « Rencontres avec Jésus-Christ »:
https://www.facebook.com/groups/1330277570759795

ou encore de consulter régulièrement notre site web et notre page Facebook pour être informés:
https://www.facebook.com/alecoutedesevangiles/

Pour tout renseignement additionnel ou pour les groupes qui voudraient recevoir plus d’appui au démarrage, nous écrire à :
alecoutedesevangiles@gmail.com

Sur le thème de la Passion – participation

Nos présentons une série d’images et de témoignages de personnes qui ont répondu à notre invitation de partager leurs réflexions sur le thème de la passion – voir l’article :
https://alecoutedesevangiles.mobi/2021/03/29/incarner-la-parole-au-travers-de-limage-et-du-temoignage/

Entrée de Jésus à Jérusalem

Illustrations inspirées de peintures traditionnelles de Giotto et de Lorenzetti.

En ce temps de confinement, tout rassemblement fait rêver.
Mais qui est cette foule colorée, apparemment solidaire, capable de donner son manteau à celui qui n’en a pas?
Une fois passé le moment de se serrer les coudes, qu’adviendra-t-il?

Jésus accueille cette foule versatile. Il le sait, aujourd’hui c’est lui qu’elle acclame, demain elle suivra d’autres leaders qui sollicitent l’attention.

Les disciples qui entrent avec Jésus dans la ville partagent l’enthousiasme populaire; ils ne sauront pas tenir lorsque leur Maître sera convoqué en justice comme un criminel.
Eux aussi feront l’expérience d’un coeur inconstant.  Et ils pleureront.

Le récit de l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem interroge mon désir de le suivre. Tant que l’enthousiasme est au rendez-vous, c’est facile de marcher d’un bon pas, de joindre les rangs. Viennent les obstacles, saurais-je continuer à  marcher jusqu’au bout du chemin? avec Lui?

Ce temps de confinement interroge nos convictions, nos pratiques et nos solidarités. Comment faire pour qu’il ne soit pas seulement un autre exercice de performance, mais plutôt un approfondissement de nos choix?

 Monique

Le lavement des pieds

Tracé d’après une peinture de Ford Madox Brown

L’image de Jésus qui lave les pieds de ses disciples est pour moi une illustration de son amour profond pour l’humanité, mais aussi une signe que sa vie est remise totalement au mystère du Père.

Il se livre totalement, corps, cœur et âme, pour nous, dans une intimité et une simplicité qui sert de modèle pour nos propres vies chrétiennes.

Colette

Aquarelles de Eda, réalisées en s’inspirant de représentations traditionnelles de l’art chrétien.

Crucifixion

Invitée à dessiner d’après une icône sur le thème de Pâques (dans le cadre de À l’écoute des Évangiles), j’aurais plutôt choisi une scène de la Résurrection.

Je me suis cependant confrontée à mes limites face à la complexités des modèles je choisissais.

Dans le lot des icônes traditionnelles dont j’avais les images, une seule était assez simple et claire pour pouvoir me servir comme modèle : une petite représentation de Jésus sur la croix, seul, dessiné très simplement, et pas du tout conventionnel du fait qu’il est revêtu d’une robe rouge, elle aussi toute simple, ce qui facilitait grandement mon dessin.

Je me suis donc mise à l’œuvre de copier cette crucifixion en me disant que c’était peut-être une bonne occasion d’accueillir en moi toute cette souffrance accepté par Jésus, cloué dans notre mort, pour nous retourner en Sa Vie Éternelle.

Mais voilà qu’en dessinant Jésus sur la croix, ce n’est pas moi qui l’accueillait, mais c’est au contraire lui qui m’accueillait, les bras grands ouverts.

Tout au long de mon dessin et de son montage (pour en faire un petit diaporama), je me retrouvais face à ses bras grands ouverts, et je ne voyais plus qu’eux… et sa robe rouge s’imposait de plus en plus en moi comme la manifestation de Son Amour, un amour inconcevable qui était devenu son seul vêtement.

Il se détachait ainsi de la croix en laquelle il avait relié ciel et terre, non seulement pour redonner Vie à ce qui était mort, mais pour venir nous assurer de Sa Présence, non pas seulement en esprit, mais en chair et en os.

« Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Matthieu 28, 20)

Amour incarné, transfigurateur, rédempteur… toujours vivant, à l’œuvre encore et en corps, en nous mettant nous-mêmes à l’œuvre en Son Œuvre.

« Mon Père est toujours à l’œuvre, et moi aussi, je suis à l’œuvre. » (Jean 5, 17)

Laïla

Jésus brise les portes des enfers

En général, lorsque la liturgie emploie le vocabulaire de la toute-puissance de Dieu, de son pouvoir royal, j’éprouve un malaise. Un Dieu qui s’est fait le « très-bas », en Jésus, qui se dépouilla de sa divinité pour revêtir notre humanité, ne réclame pas sa puissance.

Par contre, à mesure que je me suis approchée du Christ dans cette représentation de l’ANASTASIS, en coloriant le croquis offert sur le site, j’ai mieux perçu à la fois la joyeuse légèreté du Ressuscité et la force qui émane de Lui, une force qui le rend capable de « tirer » du monde d’en-bas, des enfers, celles et ceux qui y sont – y étaient – enfermés. L’ampleur de cette force est à la mesure de sa volonté de vraiment « sauver » notre humanité, et chacun des humains qui ne pouvaient à l’avance le connaître, ni les humains qui ne l’auront pas reconnu au cours des siècles.

Si telle est la force du Ressuscité, une force animée par l’amour, oui je veux bien qu’on parle du Dieu tout-puissant qui a créé ce mouvement irrépressible de salut.

Monique

Réflexions en copiant l’image de Jésus qui brise les portes des enfers

Dans le cas du dessin de la Résurrection, j’ai rencontré les personnages au fur et à mesure qu’ils se présentaient à moi. Quand je sentais que le personnage résonnait en moi avec sa demande intérieure envers Jésus, je rangeais ma gomme à effacer et je mettais de la couleur.

Par contre, le visage de Jésus reste une sorte d’énigme pour moi. Cependant, je peux dire qu’IL est tellement au centre de Lui-même et connecté à son Père qu’il ne manifeste pas d’émotion, malgré le fait que son visage me parait très doux.

J’aime l’effort que je sens dans ses bras pour sortir Adam et Eve de leur tombeau. Pour Adam, il tire directement, mais pour sortir Eve, c’est comme s’il ramenait son bras vers lui-même, dans un geste différent pour la sortir de là. Son corps en entier participe du geste de tirer Adam et Eve de l’enfer. Il est à la fois très ‘silencieux’ et paisible mais tout à fait dynamique.

Dans le thème de la Résurrection, ce qui m’est le plus cher, c’est le moment où Jésus vient libérer les morts des enfers.

Pour moi, rien n’est plus porteur de joie et d’espérance que le fait de savoir que nous ne devons pas désespérer, même pris dans la plus grande prison, quelle qu’elle soit. En nous en remettant à Jésus Christ, nous pouvons tous être sauvés.

Marie-Claude