Rencontres avec Jésus – Anna la prophétesse

Anne la prophétesse lors de la présentation de Jésus au temple

Une nouvelle invitation à rencontrer Jésus, cette fois-ci au travers de l’accueil de la prophétesse Anne, lors de la présentation de l’enfant Jésus au temple.

AVEC ANNE, CÉLÉBRER ET ÉVANGÉLISER : LUC 2, 25-39

Extrait de de l’évangile de Jésus-Christ selon saint Luc – Chapitre 2, concernant Anne :

36 Il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très avancée en âge ; après sept ans de mariage,

37 demeurée veuve, elle était arrivée à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière.

38 Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.


Commentaire de l’Évangile

NDLR : Nous reprenons ici une partie de la mise en contexte de la présentation de Jésus au temple, déjà publiée lors du dernier article, et propre à la rencontre de Syméon et de Anne.

Par Daniel Cadrin, o.p.

La Présentation de Jésus au Temple est un récit dense et inspirant Il est propre à Luc. La scène se passe dans un contexte solennel, au cœur même de la vie religieuse du peuple juif : le Temple de Jérusalem, haut-lieu du culte et de la présence du Dieu vivant. Elle comprend des personnages significatifs : des parents, Marie et Joseph ; un enfant, Jésus; deux prophètes âgés, Syméon et Anne; et d’autres anonymes. On se retrouve ainsi avec trois générations! Heureusement qu’ils se rencontraient à leur époque. Aujourd’hui, une telle rencontre pourrait-elle encore se tenir, avec les règles changeantes affectant les familles et lieux de culte ?! Peut-être se verraient-ils en secret …

Revenons à notre récit. Les parents sont des fidèles respectueux de leur tradition religieuse; la Loi est mentionnée à cinq reprises. Ils accomplissent les rites prévus, touchant la purification de la mère et la présentation de l’enfant. Ce sont des gens de condition modeste, comme leur don (deux tourterelles) l’indique.

Le centre de tout ce récit est Jésus. Qui est-il? Les titres sont nombreux, indiqués par les révélations de Syméon et Anne et leurs fondements dans les Écritures : Christ (Messie), salut, lumière des nations, gloire d’Israël, signe de contradiction, libérateur de Jérusalem. Syméon et Anne ont en commun d’être des prophètes, des aînés, et des témoins d’une longue attente.

De plus, dans la vie de l’Église, ce récit se rattache à plusieurs fêtes. Dès l’antiquité chrétienne, la Présentation de Jésus était célébrée, 40 jours après la Nativité. Depuis le Moyen Âge, elle a été associée à la Chandeleur, la fête des chandelles, avec des rites de lumière et diverses coutumes locales. Depuis 1997, Jean-Paul II a fait du 2 février la Journée de la vie consacrée, soulignée par des activités dans les communautés religieuses et diocèses. Au Québec, c’est aussi le Jour de la Marmotte! Dans le rosaire, la Présentation de Jésus est le quatrième mystère joyeux. La prière de louange de Syméon (2, 29-32), le Nunc dimittis, fait partie de la Liturgie des Heures; elle est récitée chaque soir à la prière de Complies. Avec tout cela, il y a de quoi s’occuper !

La prophétesse Anne

Comme Syméon, Anne est une femme pieuse. Elle fréquente le temple, elle observe des pratiques religieuses de base, la prière et le jeûne. Et elle est prophétesse, habitée par l’Esprit Saint, sachant saisir le sens des événements et témoigner d’une espérance.

Mais d’autres traits particuliers lui sont attribués par Luc. Son âge est indiqué, quatre-vingt-quatre ans, ce qui est très vénérable! Son statut social : elle est veuve depuis longtemps. Le nom de son père, Phanuel, mais non le nom de son mari! Et sa tribu d’origine, celle d’Aser, ce qui est très rare dans le Nouveau Testament. Seules trois autres figures y ont droit : Joseph (Lc 2,4; 3,33), de la tribu de Juda; Barnabé (Ac 4,36), de celle de Lévi; et Paul (Ph 3,5), de celle de Benjamin.

Peu de femmes dans la Bible sont qualifiées de prophétesses. L’une d’elles est significative en rapport avec Anne : c’est Myriam (Ex 15,20), la sœur de Moïse et d’Aaron (Michée 6,4). À la naissance de Moïse (Ex 2,4.7), elle veille sur cet enfant, fragile, qui sera le libérateur de son peuple. Après le passage de la Mer des Roseaux (Ex 15,20-21), elle chante la gloire du Seigneur, qui a jeté à la mer cheval et cavalier.

Ceci rejoint le trait principal de la prophétesse Anne : elle loue Dieu pour la naissance de Jésus et elle l’annonce! Comme Zacharie (Lc 1, 67-70), père de Jean-Baptiste, qui prophétise : le salut va venir, Dieu est fidèle à sa promesse, les Écritures vont s’accomplir. Anne est la première évangélisatrice : aux personnes en attente de libération, elle annonce la Bonne Nouvelle que le salut commence. En cet enfant, le Règne de Dieu se fait proche. Dieu visite son peuple.

Plusieurs aspects de cette figure étonnante peuvent nous inspirer. C’est une femme très âgée, fidèle dans sa foi au Dieu vivant, mais aussi qui est demeurée en attente, le cœur ouvert, et non indifférente ou blasée. Elle invite les gens à garder confiance, à ne pas abandonner l’espérance. Nous connaissons des femmes comme elle, qui sont des piliers dans bien des familles et communautés. Il vaut la peine de les écouter. En me plaçant du côté des auditeurs d’Anne, je peux me demander : quelle expression son visage exprime-t-il? Dans ses paroles, qu’est-ce qui vient me toucher, me surprendre, me réjouir?

Par son attitude, espérante et réjouie, et par son action, son annonce joyeuse de la Bonne nouvelle du salut en cet enfant fragile, à quoi Anne m’invite-elle, dans mes milieux, et aussi en moi-même?

Images de la Présentation

Depuis le Moyen Âge, les images de la Présentation de Jésus au Temple sont nombreuses. À cause de l’importance de la fête et des coutumes et rites qui l’entourent, comme indiqué plus haut. Et aussi à cause du sujet lui-même, suggestif pour des artistes : un cadre impressionnant, le Temple de Jérusalem; un enfant qui est lumière et des parents insérés dans la vie de leur peuple; des personnes âgées émues et heureuses.

Voici quelques points d’attention dans ces images. Qui est présent? Les personnages principaux, Marie et Joseph, l’enfant Jésus, Syméon et Anne, peuvent être tous présents, ou seulement quelques uns. Anne parle à plusieurs personnes (v.38), qui peuvent ou non être incluses; des figurants peuvent s’ajouter.

L’âge de Jésus peut varier, de bébé de quelques mois à un enfant comme tel. Il est souvent en interaction avec Syméon ou avec les regardants. Il est entouré de lumière et il est porté par Marie ou par Syméon. Le costume et la coiffure de ce dernier indiquent son statut comme homme religieux juif. Habituellement, Joseph porte les tourterelles. Le lieu du Temple peut être suggéré par des éléments architecturaux, plus ou moins élaborés, ou simplement il n’est pas intégré.

Images d’Anne

  1. Jean de Chelles, sculpture du tympan, c.1260, façade nord, portail du cloître, Notre-Dame-de-Paris, France. Cette œuvre est une des quatre scènes de l’enfance de Jésus. Marie soutient l’enfant et le présente à Syméon qui le prend, au-dessus d’une petite colonne. Joseph porte la corbeille des tourterelles. Anne, entre Joseph et Marie, est présente, dignement habillée comme une dame de son âge et de son rang.
  1. Giotto di Bondone, fresque, c.1304-1306, Chapelle Scrovegni, Padoue, Italie. Cette œuvre du grand maître médiéval fait partie d’une suite de scènes de la vie du Christ. L’enfant Jésus, dans les bras de Syméon, veut retourner à sa mère, qui lui tend les bras; c’est une présentation très naturelle! Joseph a les tourterelles en mains, une femme inconnue à sa droite. Un nouveau personnage s’est joint au-dessus de la scène : un ange. À droite, Anne est en train d’expliquer l’événement, avec une citation des Écritures à la main : la promesse s’est accomplie. Elle est vraiment une prophétesse. La structure à colonnes évoque le Temple.
  1. Martine-Marie Roy, osb, icône, Abbaye Sainte-Marie-des-Deux-Montagnes, Ste-Marie-sur-le-Lac, Canada. Syméon tient l’enfant dans ses bras. Celui-ci, qui est au centre de l’icône et qui a l’air d’un petit homme, lui tend la main. Joseph tient les tourterelles, Marie a un air méditatif; les deux sont sur un espace vert. Anne se tient près de Syméon, comme témoin de l’événement Cette œuvre s’inscrit dans la tradition iconographique de l’École de Novgorod; parfois Anne, à la même place, tient une citation des Écritures. Les éléments architecturaux là aussi évoquent le Temple.
  1. Alvaro Pires d’Evora, 1430, Metropolitan Museum of Art, New York, États-Unis. Ce peintre d’origine portugaise a travaillé en Italie, dans le style gothique international. Cette œuvre faisait partie de la prédelle d’un retable, probablement d’une église de Pise. Les cinq figures principales sont nimbées. Marie présente l’enfant à Syméon; l’enfant est tourné vers sa mère. Joseph est là à gauche mais sans les tourterelles, rendues dans les mains du serviteur tonsuré. Anne est imposante, la plus grande du groupe. Prophétesse, elle tient en main le rouleau des Écritures qui donnent sens à l’événement : la venue du salut. Les vêtements et couleurs sont travaillés avec finesse. L’architecture des lieux reflète celle de l‘Italie du 15e siècle, mais avec un fond verdoyant, traversé de lumière.
©Photo. R.M.N. / R.-G. Ojéda
  1. Jean Colombe, miniature, Les Très Riches Heures du duc de Berry, folio 63r, 1485-1486, Musée Condé, Chantilly, France. Cette miniature fait partie de la section : Les heures de la Vierge. Avec ses dames de compagnie, dont l’une apporte les tourterelles, Marie porte l’enfant et le présente à Syméon, assis, avec un linge où déposer l’enfant sacré. Anne est à ses côtés portant le chandelier, au-dessus de l’enfant, lumière des nations. Joseph est retenu ailleurs, pris dans la circulation? Le tout se passe à l’intérieur d’une architecture d’église de l’époque. Le texte latin en bas de l’image est celui du Nunc dimittis, la prière de Syméon.
  1. Rembrandt van Rijn, c.1627-1629, Musée Kunsthalle, Hambourg, Allemagne. Cette Présentation est une oeuvre de jeunesse, différente de celle qui fut la dernière œuvre de Rembrandt (cf. chronique précédente). Syméon, avec l’enfant sur ses genoux, parle avec Marie du signe de contradiction qu’il sera; et celle-ci a un air méditatif. Joseph, à genoux, vu de dos, porte le panier des tourterelles. Anne est debout et bras levés, en surprise et bénédiction devant cet enfant. Par sa position, elle surplombe et unifie l’ensemble des personnages. La lumière baigne la scène. Une colonne du Temple est bien visible, ainsi qu’à droite, une chandelle.
  1. Philippe de Champaigne, 1648, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles. Voici une œuvre d’un grand peintre de l‘époque classique en France, soucieux de l’histoire, d’équilibre et de rigueur; elle était destinée à l’église St-Honoré de Paris. Dans un espace bien construit, montrant l’entrée du Temple, et même à l’arrière le grand-prêtre, chaque personnage a sa place. Seuls Marie, Joseph et Jésus ont une auréole. Au centre, Syméon tient l’enfant, bien tranquille, et bénit Dieu. À sa droite, se trouvent Joseph, avec les tourterelles, et Marie à la fois recueillie et tendue vers l’enfant. À sa gauche, Anne est en train de parler de l’enfant, qu’elle pointe du doigt, à des gens surpris et admiratifs.
  1. James Tissot, c.1886-1894, Brooklyn Museum, États-Unis. Attentif au contexte historique, Tissot situe bien la scène dans le Temple, ses murs et colonnes, avec une foule variée. En haut des marches, Marie et Joseph, portant les tourterelles, sont devant Syméon qui soulève et offre l’enfant. Anne en bas, de dos et bras étendus, annonce la joyeuse nouvelle aux gens qui expriment diverses réactions. Le tout est très vivant et rend la solennité du moment.
  1. Berna, 2005, site www-evangile-et-peinture.org, Suisse. Bernadette Lopez a fait plusieurs Présentation, chacune remplie de couleurs et de lumière. Ici, nous voyons Syméon soulevant l’enfant, qui touche son visage. Mais s’approchant, nous voyons une femme bien âgée et courbée, avec sa canne. Voici Anne la prophétesse qui, à son tour, vient célébrer la venue de Jésus, lumière des nations.
  1. Jan van ‘t Hoff, 21e siècle, Dordrechtl, Pays-Bas. Cet artiste néerlandais, qui a son atelier dans la ville de Dordrechtl, a peint plusieurs scènes bibliques. Ici, Syméon et Anne, ces deux personnes âgées et espérantes, habitées par l’Esprit, sont visiblement remplies de joie. La source en est l’enfant au centre, paisible et lumineux. Les parents, à droite, sont attentifs. Le décor est simple, une colonne signifiant le Temple. Le visage d’Anne, la prophétesse ridée, est vraiment radieux. Elle nous invite à nous réjouir avec elle …

Daniel Cadrin, o.p.


Dessins à tracer et à colorier

Nous sommes invités à vivre de l’intérieur la rencontre entre Anne et Jésus.

Selon notre expérience, une des meilleures façons de se plonger dans le vécu de cette rencontre, c’est de la dessiner. Peu importe la manière, quelques traits et un peu de couleur peuvent suffire. Que l’on copie, trace ou colorie un modèle, l’important est de prendre un temps d’intériorité pour se familiariser avec le sujet. Aucun besoin d’avoir de l’expérience, il n’est pas ici question de performance artistique ni d’habileté. C’est une activité de contemplation à laquelle le dessin nous convie.

Vous pouvez utiliser une des images publiées dans cet article comme source d’inspiration, ou consulter les nombreuses images disponibles sur Internet sur le thème « Anne la prophétesse lors de la présentation de Jésus au temple », ou encore imprimer le modèle simplifié ci-dessous pour le tracer et le colorier.

Anne accueillant Jésus lors de la présentation au temple, modèle simplifié à tracer et à colorier.
Cliquer sur l’image pour l’agrandir et la sauvegarder!


Pour vivre pleinement le processus de création et d’appropriation des extraits des évangiles, les participants sont invités à se réunir en ligne en petits groupes. Nous offrons au besoin un soutien à la création de groupes (au moyen de rencontres Zoom).

Partager

Nous sommes toutes et tous, quelque soit l’âge et la culture, invités à témoigner de la façon dont nous percevons notre rencontre avec Jésus en nous identifiant aux rois mages.

Nous sommes également conviés à librement partager nos images et témoignages directement sur le groupe Facebook « Rencontres avec Jésus »:
https://www.facebook.com/groups/1330277570759795

Nous écrire pour tout renseignement additionnel ou pour un appui au démarrage d’un groupe!
alecoutedesevangiles@gmail.com

N’oubliez pas de vous abonner tout en bas sur cette page pour rester informés de chaque nouvelle invitation à vivre les « Rencontres avec Jésus »!

Rencontres avec Jésus – Syméon

Syméon accueillant Jésus lors de la présentation au temple, adaptation libre inspirée d’une icône orthodoxe traditionnelle

Une nouvelle invitation à rencontrer Jésus, cette fois-ci au travers de l’accueil de Syméon, lors de la présentation de l’enfant Jésus au temple.

SYMÉON, HOMME JUSTE ET RELIGIEUX : LUC 2, 25-39

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc – Chapitre 2

22 Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur,

23 selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur.

24 Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes.

25 Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui.

26 Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur.

27 Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait,

28 Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant :

29 « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole.

30 Car mes yeux ont vu le salut

31 que tu préparais à la face des peuples :

32 lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. »

33 Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui.

34 Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction

35 – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »


Commentaire de l’Évangile

Par Daniel Cadrin, o.p.

La Présentation de Jésus au Temple est un récit dense et inspirant. Il est propre à Luc. La scène se passe dans un contexte solennel, au cœur même de la vie religieuse du peuple juif : le Temple de Jérusalem, haut-lieu du culte et de la présence du Dieu vivant. Elle comprend des personnages significatifs : des parents, Marie et Joseph ; un enfant, Jésus; deux prophètes âgés, Syméon et Anne; et d’autres anonymes. On se retrouve ainsi avec trois générations! Heureusement qu’ils se rencontraient à leur époque. Aujourd’hui, une telle rencontre pourrait-elle encore se tenir, avec les règles changeantes affectant les familles et lieux de culte ?! Peut-être se verraient-ils en secret …

Revenons à notre récit. Les parents sont des fidèles respectueux de leur tradition religieuse; la Loi est mentionnée à cinq reprises. Ils accomplissent les rites prévus, touchant la purification de la mère et la présentation de l’enfant. Ce sont des gens de condition modeste, comme leur don (deux tourterelles) l’indique.

Le centre de tout ce récit est Jésus. Qui est-il? Les titres sont nombreux, indiqués par les révélations de Syméon et Anne et leurs fondements dans les Écritures : Christ (Messie), salut, lumière des nations, gloire d’Israël, signe de contradiction, libérateur de Jérusalem. Syméon et Anne ont en commun d’être des prophètes, des aînés, et des témoins d’une longue attente.

De plus, dans la vie de l’Église, ce récit se rattache à plusieurs fêtes. Dès l’antiquité chrétienne, la Présentation de Jésus était célébrée, 40 jours après la Nativité. Depuis le Moyen Âge, elle a été associée à la Chandeleur, la fête des chandelles, avec des rites de lumière et diverses coutumes locales. Depuis 1997, Jean-Paul II a fait du 2 février la Journée de la vie consacrée, soulignée par des activités dans les communautés religieuses et diocèses. Au Québec, c’est aussi le Jour de la Marmotte! Dans le rosaire, la Présentation de Jésus est le quatrième mystère joyeux. La prière de louange de Syméon (2, 29-32), le Nunc dimittis, fait partie de la Liturgie des Heures; elle est récitée chaque soir à la prière de Complies. Avec tout cela, il y a de quoi s’occuper !

Le prophète Syméon

Mais revenons à nos prophètes, en commençant par Syméon (Anne sera présentée dans une prochaine chronique). C’est un homme juste et pieux. Le qualificatif de juste est très fort: c’est quelqu’un qui vit pleinement l’Alliance avec Dieu et avec son peuple. Il est employé en Mathieu pour qualifier Joseph. Et il est pieux, i.e. religieux, connaissant et pratiquant de façon fidèle les observances de la tradition juive. C’est vraiment un homme de foi.

Luc mentionne trois fois l’Esprit Saint à propos de Syméon. On ne peut dire plus clairement qu’il est un prophète. Il annonce et dévoile la réalisation d’une espérance. Sa prière de bénédiction exprime sa joie et sa gratitude; elle est proche de celle du père de Jean-Baptiste, Zacharie (1, 67-79), qui prophétise lui aussi, parlant de salut, et qui est rattaché au temple. Ainsi, en sa personne, Syméon résume toute l’histoire de son peuple, de sa quête; il est comme le témoin privilégié de la première alliance, et de ses Écritures (Ancien Testament) proclamant que Dieu a réalisé sa promesse et qu’elle est universelle, pour tous les peuples.

Pourtant, le seul signe qu’il voit, c’est un enfant d’une famille pauvre; rien de majestueux ou de royal. Il voit le Messie en cet être fragile qu’il tient dans ses bras. Cela ressemble aux bergers célébrant la joie de la Bonne Nouvelle et n’ayant comme signe qu’un enfant emmailloté dans une mangeoire (2,12). Syméon est un homme d’espérance.

Il sait aussi que la vie de ce Messie ne sera pas un tranquille voyage; l’Oint rencontrera l’adversité et suscitera la division, comme il le dévoile à Marie qui en sera marquée. Il voit plus loin, dans l’espérance, mais sans illusions. C’est un homme habité par la sagesse.

Son être a été façonné par une longue attente. Il est rendu à un âge avancé et voit enfin ce qu’il a attendu patiemment. Car Syméon est un homme de la patience. Comme le pape François l’a dit dans son homélie du 2 février 2021 (à chaque 2 février, le pape commente le récit de la Présentation!) : « La patience de Syméon est donc un miroir de la patience de Dieu. De la prière et de l’histoire de son peuple, Syméon a appris que Dieu est patient … La patience nous aide à nous regarder nous-mêmes, nos communautés et le monde avec miséricorde. »

Syméon, un juste et un prophète, un homme de foi et d’espérance, de sagesse et de patience. L’un ou l’autre de ses traits peut nous interpeller, nous ouvrir à une réalité, ou éveiller en nous une intuition. Aujourd’hui, à ce moment de ma vie, dans mon itinéraire personnel et ecclésial, dans ma quête spirituelle, quel trait me touche particulièrement? À quoi Syméon m’appelle-t-il? Et dans quel signe, proche et petit, j’entrevois le salut, je vois une lumière qui me réjouit? Je peux alors bénir Dieu avec Syméon et dire : Maintenant Maître,

Images de la Présentation

Depuis le Moyen Âge, les images de la Présentation de Jésus au Temple sont nombreuses. À cause de l’importance de la fête et des coutumes et rites qui l’entourent, comme indiqué plus haut. Et aussi à cause du sujet lui-même, suggestif pour des artistes : un cadre impressionnant, le Temple de Jérusalem; un enfant qui est lumière et des parents insérés dans la vie de leur peuple; des personnes âgées émues et heureuses.

Voici quelques points d’attention dans ces images. Qui est présent? Les personnages principaux, Marie et Joseph, l’enfant Jésus, Syméon et Anne, peuvent être tous présents, ou seulement quelques-uns. Anne parle à plusieurs personnes (v.38), qui peuvent ou non être incluses; des figurants peuvent s’ajouter.

L’âge de Jésus peut varier, de bébé de quelques mois à un enfant comme tel. Il est souvent en interaction avec Syméon ou avec les regardants. Il est entouré de lumière et il est porté par Marie ou par Syméon. Le costume et la coiffure de ce dernier indiquent son statut comme homme religieux juif. Habituellement, Joseph porte les tourterelles. Le lieu du Temple peut être suggéré par des éléments architecturaux, plus ou moins élaborés, ou simplement il n’est pas intégré.

Images de Syméon

  1. Miniature, Évangéliaire de l’Abbesse Hitda, œuvre du scriptorium de Cologne, c.1000-1020, Landesbibliothek, Darmstadt, Allemagne. Hitda, abbesse des chanoinesses de Meschede, a commandé ce livre pour son monastère. Les personnages sont plutôt filiformes. L’enfant est tourné vers nous. Marie porte les tourterelles et Joseph remet l’enfant à Syméon, ce qui est rare. À gauche se trouvent quatre figures non identifiées. Un édifice évoque le temple.
  1. Pierre de Chelles, bas-relief polychrome, c.1305-1315, chœur nord, Notre-Dame-de-Paris, France. Cette œuvre fait partie d’un ensemble sur la vie du Christ. Marie présente l’enfant à Syméon. L’enfant, habillé, se tient solidement debout sur une petite colonne et il est tourné vers nous. Une jeune femme apporte les tourterelles dans un panier. Il semble que Joseph soit resté dans une scène antérieure.
  1. Fra Angelico (Giovanni di Fiesole), c.1440-1442, cellule 10, couvent San Marco, Florence, Italie. Dans chaque cellule des frères, l’artiste o.p., avec son atelier, a peint une fresque de la vie de Jésus, intégrant des figures dominicaines pour que le frère entre dans la scène. Ici, nous avons saint Pierre de Vérone et sainte Catherine de Sienne. Syméon tient dans ses bras l’enfant emmailloté et lumineux; les deux se regardent, le contact est établi. Joseph porte le panier des tourterelles et Marie tend les mains vers l’enfant. Tous sont nimbés. Le décor est architectural mais simple.
  1. Giovanni Bellini, c.1460, Fondazione Querini Stampalia, Venise, Italie. Voici une oeuvre étonnante, inspirée d’Andrea Mantegna. Les personnages sont alignés côte à côte, sans distance, avec Joseph en retrait à l’arrière. Marie et Syméon touchent Jésus, emmailloté et portant un bonnet. Les figures à gauche et à droite sont peut-être de la famille de Bellini. Le jeune homme à droite (Bellini lui-même?) nous regarde directement, établissant le lien avec nous; il est le seul du groupe à communiquer, chacun semblant absorbé dans son monde. Le seul décor est un rebord de marbre.
  1. Fra Bartolomeo (Baccio della Porta), 1516, Kunsthistorisches Museum, Gemäldegalerie, Vienne, Autriche. Ce frère o.p., qui était diacre, a repris l’atelier de Fra Angelico à San Marco. L’enfant, nu, est tourné vers nous et nous bénit. Syméon est au centre, Anne à gauche agenouillée, avec une figure féminine derrière elle. Marie se tient à droite et offre l’enfant; Joseph à gauche, aux cheveux clairsemés, a les tourterelles en main. Ils sont placés entre deux colonnes. La figure peinte en arrière-fonds est Moïse, tenant les tablettes de la Loi.
  1. Rembrandt van Rijn, 1669, Musée National de Stockholm, Suède. Cette oeuvre inachevée, sa dernière, est touchante. Syméon ne voit presque plus, comme Rembrandt lui-même, mort en 1669. La lumière l’éclaire, ainsi que l’enfant qui regarde Syméon. Il n’y a aucun décor. La figure féminine, possiblement Marie, aurait été ajoutée par un autre peintre.
  1. Aert de Gelder, c.1700, MauritsHuis, LaHaye, Pays-Bas. Cet artiste fut un élève de Rembrandt, proche de lui. La lumière émane de l’enfant et Syméon rend grâce. À droite, la prophétesse Anne se recueille. Comme en Rembrandt (œuvre précédente), il n’y a aucun décor.
  1. Georges Saget, o.s.b., fresque (détail), 1963, Abbaye de Keur-Moussa, Sénégal. Cette grande fresque de 16 panneaux est située derrière l’autel de la chapelle de cette abbaye bénédictine fondée par Solesmes. Elle présente la vie de Marie et les couleurs sont le rouge et le noir, avec un peu d’orange. Les figures sont africaines. Ici, nous voyons à droite Syméon portant l’enfant Jésus; à gauche, Marie et Joseph, avec les tourterelles, tous deux tournés vers l’enfant.
  1. Severino Blanco, c.1980-1984, chapelle Cadeca, Cochabamba, Bolivie. Cet artiste Quechua inculture la scène. Les figures sont autochtones. Les costumes et motifs décoratifs se rattachent à l’art des Andes. Joseph debout porte les deux tourterelles. Marie agenouillée est centrée sur l’enfant. Syméon tient tendrement l’enfant et rend grâce. L’enfant tourné vers nous est couronné. Le soleil en haut au milieu évoque la présence de Dieu.
  1. Berna, 21e siècle, site www-evangile-et-peinture.org, Suisse. Les oeuvres de Bernadette Lopez couvrent tout le cycle liturgique. Caractérisées par les couleurs vives et le mouvement, la simplicité des formes et la lumière, elles sont très inspirantes. Ici, Syméon soulève joyeusement l’enfant qui tend les mains vers lui. Les parents regardent, se tenant tout près l’un de l’autre, comme des tourtereaux …

Daniel Cadrin, o.p.


Dessins à tracer et à colorier

Nous sommes invités à vivre de l’intérieur la rencontre entre Syméon et Jésus.

Selon notre expérience, une des meilleures façons de se plonger dans le vécu de cette rencontre, c’est de la dessiner. Peu importe la manière, quelques traits et un peu de couleur peuvent suffire. Que l’on copie, trace ou colorie un modèle, l’important est de prendre un temps d’intériorité pour se familiariser avec le sujet. Aucun besoin d’avoir de l’expérience, il n’est pas ici question de performance artistique ni d’habileté. C’est une activité de contemplation à laquelle le dessin nous convie.

Vous pouvez utiliser une des images publiées dans cet article comme source d’inspiration, ou consulter les nombreuses images disponibles sur Internet sur le thème « Syméon, la présentation de Jésus au temple », ou encore imprimer le modèle simplifié ci-dessous pour le tracer et le colorier.

Syméon accueillant Jésus lors de la présentation au temple, modèle simplifié à tracer et à colorier, inspiré d’une icône orthodoxe traditionnelle.
Cliquer sur l’image pour l’agrandir et la sauvegarder!


Pour vivre pleinement le processus de création et d’appropriation des extraits des évangiles, les participants sont invités à se réunir en ligne en petits groupes. Nous offrons au besoin un soutien à la création de groupes (au moyen de rencontres Zoom).

Partager

Nous sommes toutes et tous, quelque soit l’âge et la culture, invités à témoigner de la façon dont nous percevons notre rencontre avec Jésus en nous identifiant aux rois mages.

Nous sommes également conviés à librement partager nos images et témoignages directement sur le groupe Facebook « Rencontres avec Jésus »:
https://www.facebook.com/groups/1330277570759795

Nous écrire pour tout renseignement additionnel ou pour un appui au démarrage d’un groupe!
alecoutedesevangiles@gmail.com

N’oubliez pas de vous abonner tout en bas sur cette page pour rester informés de chaque nouvelle invitation à vivre les « Rencontres avec Jésus »!

Rencontres avec Jésus – Les rois mages

Illustration de la prosternation des rois mages inspirée d’une oeuvre de Fra Angelico

Nous sommes à nouveau toutes et tous invités à une nouvelle rencontre avec Jésus, en nous identifiant cette fois-ci aux rois mages, lesquels ont été parmi les premiers à s’incliner devant l’enfant Jésus. En s’inspirant des textes et images de cet article, imaginons ce que nous aurions vécu si nous avions été à la place des rois mages et témoignons-en sous forme d’écrits et d’images!

DES MAGES EN MARCHE : MATTHIEU 2, 1-12

Extrait de l’évangile selon Saint Matthieu

01 Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem

02 et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »

03 En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui.

04 Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ.

05 Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète :

06 Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. »

07 Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ;

08 puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »

09 Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant.

10 Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie.

11 Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

12 Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

Commentaire de l’Évangile

Par Daniel Cadrin, o.p.

Le récit des mages demeure fascinant, à la fois étrange et suggestif. Depuis des siècles, il fait appel à l’imagination des chrétiens : il évoque des souvenirs d’enfance; il a suscité tant d’œuvres d’art, montrant les visages multiples, souvent somptueux, de ces personnages; il a provoqué des recherches de toutes sortes autour d’une étoile mystérieuse, qui est finalement plutôt l’étoile du Messie et de la rédemption. Il porte aussi la mémoire de l’Église, car l’Épiphanie, bien avant et bien plus que Noël, fut une grande fête chrétienne, célébration de la lumière et de la joie.

En même temps, c’est un texte très biblique, chargé de références directes et indirectes aux Écritures de la première Alliance : Isaïe, les Psaumes, l’Exode, Samuel, Michée, tous sont convoqués autour de la venue de ces mages et de leur prosternation devant Jésus, l’enfant Messie, le fils de David de Bethléem, le nouveau Moïse menacé. Oui, dit ainsi Matthieu, Jésus accomplit les Écritures, il ne se comprend qu’à la lumière de l’Ancien Testament.

Et tout converge, tout est mis en place, pour annoncer un message bien clair : l’universalité du salut offert en Jésus. Le Messie juif est reconnu par des étrangers, les mages, symboles de toutes les nations qui vont croire en lui (Mt 28,19). Les mages sont des savants, à la fois astrologues, médecins, devins, venus d’Orient, i.e. probablement de Perse ou de Babylone, aujourd’hui de l’Iran ou l’Irak, pays de vielles civilisations. On en a fait des rois à cause des références mentionnées, qui parlent de rois étrangers. Cette universalité est la pointe du récit, ce que les artistes ont bien compris, comme nous le verrons plus loin.

Mais un récit biblique, riche et dense comme celui des mages, offre plus d’une piste pour entrer dans le mystère du Christ. Je souligne un autre aspect de cet évangile : la démarche des mages, avec ses étapes. On peut y lire un itinéraire, un parcours spirituel, qui demeure très actuel et parlant pour nous. On peut y lire le récit d’une quête.

La première étape du parcours des mages est leur déplacement de chez eux, l’Orient, à Jérusalem, en quête d’un roi. Et cela, à cause d’un signe, un astre, un signe perçu dans leur propre univers de mages, d’astrologues, à l’intérieur de leur monde à eux; un signe offrant une lumière qui les guide jusqu’à Jérusalem.

Un signe, une étoile, est offert dans notre monde à nous, celui de nos relations, de nos travaux et nos jours : une découverte, un amour, une perte, une parole de quelqu’un, un visage, une souffrance, un pardon donné ou reçu, un signe qui nous met en quête, une lumière qui provoque un déplacement.

L’étoile guide les mages jusqu’à Jérusalem, où sont lues les Écritures. Car le signe ne suffit pas en lui-même : comment l’interpréter, que signifie-t-il? La clé est dans la Parole de Dieu, le signe conduit aux Écritures qui éclairent et envoient à Bethléem vers Jésus.

Ainsi notre quête, si elle est poursuivie avec ténacité, nous conduit jusqu’à la Parole de Dieu, à fouiller, lire, partager, prier, sans toujours savoir où elle nous mène. Elle va nous pointer du doigt un visage de Dieu sans puissance, à chercher dans nos Bethléems, hors des lieux de prestige, en des endroits méconnus de nos vies, de nous-mêmes, de l’univers.

Mais les Écritures ne suffisent pas à tout dire et mettre en œuvre, car encore faut-il aller à Bethléem, s’engager personnellement. Les mages le font mais Hérode et les scribes, qui connaissent les Écritures, ne bougent pas. La connaissance ne suffit pas. Les mages se mettent en route et l’astre revient, pas tout-à-fait le même car il est éclairé maintenant du dedans par la lumière de la Parole. Astre et Écritures, tous les deux maintenant ensemble conduisent à Jésus lui-même.

Si nous acceptons de nous déplacer encore, non seulement d’entendre la Parole mais d’aller là où elle nous invite, alors nous aurons la grâce de vivre, comme les mages, une rencontre, celle de la foi.

Puis les mages se prosternent et offrent des cadeaux en hommage au Messie universel, cadeaux d’ailleurs prévus par les Écritures (Is 60,6) et évoquant la royauté (or), la divinité (encens) et l’humanité (myrrhe) de Jésus. Ainsi ils deviennent croyants. Et enfin, ils ne retournent pas à Jérusalem, l’étape précédente, et ils ne restent pas sur place, au lieu de la rencontre. Ils retournent chez eux, dans leur monde à eux, là où tout a commencé, guidés cette fois-ci par une autre révélation, celle du songe.

Ainsi pour nous, la rencontre du Christ a lieu, qui change une vie, et nous y apportons nos pauvres trésors. Mais elle ne nous arrache pas à notre univers, elle nous renvoie chez nous. Non sur des chemins bizarres, ni pour nous installer sur place. Par des intuitions profondes (le songe), elle nous renvoie à nous-mêmes, à nos mondes où le premier signe fut donné, pour témoigner de cette rencontre, en vivre.

Un parcours comprenant un signe, une Parole, un enfant, un songe, qui part de l’Orient et y retourne, en passant par Jérusalem et les Écritures, puis par Bethléem et Jésus, la Parole faite chair. Ce récit n’est pas si lointain de nous, si loin de nous, étrange ou exotique. Il parle de nos propres cheminements de foi. Voilà la quête, le chemin de vie, auquel nous invite encore ce vieux récit fascinant.

Illustration de la prosternation des rois mages inspirée d’une oeuvre d’Andrea Mantegna

Images des mages

Ce récit est un des plus présents dans l’iconographie chrétienne, dès l’Antiquité. Dans ce domaine, c’est vraiment une star! À cause de l’importance de la fête de l’Épiphanie et aussi du récit lui-même, avec ses personnages, ses déplacements, et son message.

Une première remarque, bien pratique, qui permet de souligner le rôle et l’influence des arts visuels dans notre lecture des Écritures. En Matthieu, combien y a-t-il de mages? Aucune indication n’est donnée; et dans les textes anciens, on va parler de quatre, sept, douze, etc. Mais si vous avez à montrer cette scène concrètement dans une fresque ou une mosaïque, combien de mages inclure? Les artistes ont trouvé la solution : trois car il y a trois cadeaux. Et on ne peut mettre trois mages avec un cadeau et d’autres les mains vides!

Le message central est l’universalité du salut. Celle-ci est exprimée de plusieurs manières, pouvant se combiner : des personnages qui sont clairement des étrangers; qui sont d’âge différent (aîné, âge moyen, jeune); dont les origines culturelles sont diverses (européen, arabe, perse, ou asiatique, africain). La prochaine étape serait d’inclure des femmes.

Les mages peuvent avoir des postures semblables ou distinctes : l’un à genoux, l’autre incliné et l’autre debout. Ce qui est étonnant, c’est que l’aîné est prosterné et le plus jeune se tient bien droit, ce qui respecte peu les usages et les possibilités corporelles. Il serait plus facile pour le jeune de se pencher et de pouvoir se relever! Mais cela dit que l’aîné, par son expérience et sa sagesse, est plus prêt à adorer. Les mages sont fréquemment couronnés : ils passent de mages à rois, à cause des références des Écritures (Is 60,3; Ps 71,10-11).

On trouve aussi d’autres scènes, montrant les mages voyageant, en bateau ou en chameau, dormant et recevant le message d’un ange, ou rencontrant les gens de Jérusalem. Dans l’adoration comme telle, des chameaux sont parfois présents, indiquant l’origine orientale des voyageurs. Mais à l’évidence, certains peintres médiévaux n’en avaient jamais vus! On peut trouver aussi, comme pour la Nativité, le bœuf et l’âne, en lien à Isaïe 1,3.

Pour recevoir les hommages, la Vierge et l’enfant Jésus sont habituellement installés sur un trône, dans un style plus hiératique, ou simplement assis et accueillant les visiteurs. L’enfant se penche vers eux, les bénit, ou les touche. Joseph se tient à l’écart, méditatif, ou est absent. Les lieux de la rencontre varient : une étable, une ruine, une maison.

Si l’on veut faire aujourd’hui une crèche s’inspirant du récit de Matthieu, il s’agit de mettre des personnages de tous les âges et de tous les peuples, avec toutes sortes d’habits, pour dire l’universalité de la Bonne Nouvelle de Jésus le Christ.

Voici quelques œuvres, d’époques et de cultures variées, nous présentant ces mages :

  1. Adoration des Mages, relief en bois (cyprès), c.430, porte de l’Église Santa Sabina, Rome. Cette porte antique comprend plusieurs scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament. Les mages sont identiques, avec un bonnet phrygien (d’Asie-Mineure, aujourd’hui en Turquie), indiquant qu’ils viennent de loin. Ils présentent leurs dons à Marie, surélevée et hiératique, portant une enfant Jésus qui n’est plus un bébé.
  1. Mosaïque, 6e siècle, Basilique St-Apollinaire-le-Neuf, Ravenne, Italie. Les mages arrivent avec leurs présents vers Marie et l’enfant Jésus, entourés d’archanges, sur la mosaïque suivante. Ils portent des bonnets phrygiens et leurs âges sont différents. Leurs noms sont inscrits en haut et l’étoile est à droite. Plantes et fleurs, costumes et couleurs, font de cette mosaïque une splendeur visuelle.
  1. L’adoration des Rois Mages, Missel de Robert de Jumièges, c.1020, Bibliothèque municipale de Rouen. Cette miniature médiévale reprend des éléments des œuvres précédentes, mais Marie et l’enfant accueillent les mages à bras ouverts. En bas, l’ange avertit en songe les mages dans leur sommeil. Fait rare, cet ange semble moustachu!
  1. Adoration des Mages, Hans Memling, panneau central d’un tryptique, 1470,Musée du Prado, Madrid, Espagne. Ce peintre flamand de Bruges a fait une œuvre très solennelle, dans un espace qui permet de bien voir chaque personnage. Le mage âgé est aux pieds de l’enfant qui le bénit; celui d’âge moyen est agenouillé à gauche; le plus jeune à droite est debout. Les trois sont très richement vêtus et ont enlevé leur chapeau. Marie assise et Joseph debout se tiennent dignement en silence. Des curieux sont présents de chaque côté. Derrière la scène, on voit le bœuf et l’âne et un paysage urbain.
  1. L’adoration des Mages, Jérôme Bosch, panneau central d’un tryptique, 1495, Musée du Prado, Madrid. Cet artiste néerlandais a fait des œuvres fortes et étonnantes. Les mages sont différents par l’âge et l’origine; le plus jeune est très élégant. Mais la scène revêt un caractère très dramatique par plusieurs éléments : le sacrifice d’Isaac, cadeau aux pieds d’une Marie réservée; la figure grotesque moquant le Christ outragé à l’entrée de la maison; l’hostilité de forces malveillantes; des batailles à venir dans le paysage en haut; et bien d’autres détails symboliques.
  1. Adoration des Mages, Vasco Fernandez, 1501, Grao Vasco National Museum, Viseu, Portugal. Aux éléments habituels de cette scène, une nouveauté est apportée. Au lieu d’un Noir, nous avons un Amérindien du Brésil, avec des caractéristiques très spécifiques. Les Européens commencent à découvrir les Amériques. Le peintre ici a compris la dimension d’universalité de ce récit, en incluant une figure nouvelle.
  1. Les rois mages skieurs, Heinrich Danioth, 1921, Suisse. Ce peintre suisse allemand nous montre les trois mages, couronnés et diversifiés, dans un décor de montagne, descendant allégrement la côte en skis. Rien ne les arrête. Image très rafraîchissante!
  1. André Bourgault, 20e siècle (avant 1957), Canada. Ce membre d’une illustre famille de sculpteurs de St-Jean-Port-Joli met en scène un chef autochtone, un jésuite, un coureur des bois, ainsi qu’un orignal de l’Est canadien et un bison de l’Ouest. C’est à la fois très inculturé et universel.
  1. Wise Men from the East, Hossein Behzad, 1958, Iran. Ce peintre iranien, de réputation internationale, a gardé vivante la tradition de la miniature perse, qu’il a aussi combinée à l’art contemporain.
  1. Visite des Mages d’Orient, Arcabas, 2001, Église Notre-Dame-de-l’Assomption, La-Tour-du-Pin, Isère, France. Dans ce tryptique du grand peintre chrétien français, qui a le don des couleurs et des formes, ce n’est pas l’aîné qui est à genoux. Un agneau est aux pieds de Marie, aux tresses blondes, dont le modèle est la mère de l’artiste. Joseph et l’âne sont en retrait. La croix est présente, comme en plusieurs de ses œuvres.
  1. Adoration of the Kings, James Janknegt, 2002, États-Unis. Les oeuvres de cet artiste du Texas, converti au catholicisme, sont très expressives et modernes dans leur style et leur actualisation. Ici, l’enfant Jésus, emmailloté comme au tombeau, irradie de lumière, avec sa couronne et l’étoile au-dessus de lui. Les mages, différents par leur âge et leur origine, sont méditatifs, yeux fermés. Ils ont déposé leurs couronnes.
  1. L’adoration des mages, Dominique Jacqmain, 21e siècle, Belgique. Cette artiste de Bruxelles a peint plusieurs scènes bibliques dans des contextes contemporains. Ici, le point de vue est original : c’est celui de l’enfant Jésus, ce qu’il voit. Les mages, différents aussi par l’âge et l’origine, n’offrent que leurs mains ouvertes. Quatre animaux, cheval et chameau, âne et bœuf, ajoutent une note joyeuse.

Daniel Cadrin, o.p.


Dessins à tracer et à colorier

Nous sommes invités à vivre de l’intérieur la rencontre entre les rois mages et Jésus.

D’après notre expérience, une des meilleures façons de se plonger dans le vécu de cette rencontre, c’est de la dessiner. Peu importe la manière, quelques traits et un peu de couleur peuvent suffire. Que l’on copie, trace ou colorie un modèle, l’important est de prendre un temps d’intériorité pour se familiariser avec le sujet. Aucun besoin d’avoir de l’expérience, il n’est pas ici question de performance artistique ni d’habileté. C’est une activité de contemplation à laquelle le dessin nous convie.

Vous pouvez utiliser une des images publiées dans cet article comme source d’inspiration, ou consulter les nombreuses images disponibles sur Internet sur le thème « rois mages », ou encore imprimer les modèles simplifiés ci-dessous pour les tracer et les colorier.

Prosternation des rois mages inspirée d’une oeuvre de Fra Angelico, modèle simplifié à tracer et à colorier.
Cliquer sur l’image pour l’agrandir et la sauvegarder!
Prosternation des rois mages inspirée d’une oeuvre d’Andrea Mantegna, modèle simplifié à tracer et à colorier.
Cliquer sur l’image pour l’agrandir et la sauvegarder!


Pour vivre pleinement le processus de création et d’appropriation des extraits des évangiles, les participants sont invités à se réunir en ligne en petits groupes. Nous offrons au besoin un soutien à la création de groupes (au moyen de rencontres Zoom).

Partager

Nous sommes toutes et tous, quelque soit l’âge et la culture, invités à témoigner de la façon dont nous percevons notre rencontre avec Jésus en nous identifiant aux rois mages.

Nous sommes également conviés à librement partager nos images et témoignages directement sur le groupe Facebook « Rencontres avec Jésus »:
https://www.facebook.com/groups/1330277570759795

Nous écrire pour tout renseignement additionnel ou pour un appui au démarrage d’un groupe!
alecoutedesevangiles@gmail.com

N’oubliez pas de vous abonner tout en bas sur cette page pour rester informés de chaque nouvelle invitation à vivre les « Rencontres avec Jésus »!

Rencontres avec Jésus – Marie

Une vierge de tendresse d’après une icône traditionnelle

Nous sommes toutes et tous invités à une troisième rencontre avec Jésus, en nous identifiant cette fois-ci à Marie, sa mère, témoin privilégié de son enfance et de sa vie. En nous inspirant des textes et images de cet article, imaginons ce que nous aurions vécu si nous avions été à la place de Marie et témoignons-en sous forme d’écrits et d’images!

Les évangélistes ont été très discrets sur la relation entre Marie et Jésus dans son enfance. L’art sacré chrétien a par la suite abondamment représenté la tendresse partagée entre l’enfant et sa mère.

Marie, mère de Jésus

Par Daniel Cadrin, o.p.

La relation entre Marie et Jésus enfant a suscité une vaste iconographie, très variée. Les deux personnages sont présents ensemble dans plusieurs scènes des Évangiles : la nativité, les mages, la fuite en Égypte, la présentation au temple. Mais il s’est développé aussi une image de Marie avec son enfant qui ne relève pas comme telle d’une scène biblique. Elle exprime le lien privilégié entre la mère Marie et le fils Jésus. Cela touche une dimension universelle de la condition humaine : la relation de proximité entre une mère et son enfant, avec ce que cela évoque de tendresse, de soins, de fierté.

On voit aussi la relation entre la mère et le fils en d’autres récits des Évangiles : Marie avec Jésus adolescent, lors du voyage à Jérusalem et au Temple (Lc 2, 41-52); Marie avec Jésus adulte, à Cana (Jn 2, 1-12), en chemin (Mc 3, 31-35), et à la Croix (Jn 19, 25-27). Nous abordons ici seulement Marie et Jésus enfant.

Les oeuvres plus anciennes montrent Marie comme une figure royale, assise sur un trône, tenant sur elle le fils héritier et le montrant pour qu’il soit vénéré. Ce qu’on trouve dans l’adoration des mages.

Ces éléments vont persister mais une figure plus humaine de Marie va apparaître, moins hiératique, et portant attention à son fils bien-aimé. L’enfant garde un statut royal mais peut être enjoué, ou collé à sa mère. Quelquefois, Marie sera montrée en train de nourrir l’enfant.

Marie et Jésus d’après une représentation traditionnelle de l’art chrétien occidental.

En d’autres œuvres, à partir du 15e siècle, des personnages vont se joindre à la mère et à l’enfant, ce qu’on appelle les conversations sacrées. Ces saints et saintes sont en relation les uns avec les autres. Marie et l’enfant sont au centre, sur un trône ou une élévation.

Une figure plus rare est celle de Marie la mère éducatrice, apprenant à l’enfant Jésus à parler, à prier, à lire. Alors qu’on trouvait cela dans les images de Joseph avec Jésus dans l’atelier, apprenant le métier de son père.

Dans la tradition iconographique des Églises orientales, on trouve des icônes particulières de Marie et Jésus enfant, comme la Kyriothissa (la Mère de Dieu en majesté), L’Hodiguitria (la Conductrice, celle qui montre le chemin), et l’Éléousa (la tendresse maternelle).

Voici une dizaine d’œuvres montrant divers visages de Marie et son enfant Jésus. On peut les regarder en disant : « Tu es bénie entre toutes les femmes et Jésus le fruit de tes entrailles est béni. »

  1. La Vierge à l’enfant, mosaïque, 6e siècle, Basilique St-Apollinaire-le-Neuf, Ravenne, Italie. Cette œuvre, une Vierge Kyriothissa, s’inscrit dans l’art byzantin de Constantinople, avec sa cour impériale. Marie trône en majesté, avec l’enfant royal sur ses genoux. Ce n’est plus un nouveau-né et son nimbe est cruciforme. Le trône est garni de pierres précieuses et des fleurs jonchent le sol. Ils sont entourés d’une escorte de deux archanges de chaque côté. La main de Marie et celle de Jésus sont tournées vers la droite, vers la mosaïque précédente où les trois mages arrivent avec leurs présents.
  1. Notre-Dame de Sous-Terre, 11e siècle, crypte de la Cathédrale de Chartres, France. Cette statue en bois de noyer est une copie de l’originale, brûlée en 1793 lors de la Révolution française. Son nom vient de son lieu (la crypte). On voit une Marie très hiératique, assise sur un trône et couronnée; ses yeux sont fermés. Elle tient l’enfant de ses deux mains. Celui-ci se tient dignement comme un fils royal, avec un globe dans une main et l’autre qui bénit.
  1. Madone de l’humilité, Fra Giovanni di Fiesole (surnommé Angelico), 1430-1433, Galerie Nationale, Parme, Italie. Fra Giovanni a peint un très grand nombre de Madones, souvent entourées de saints ou d’anges musiciens. La mère et l’enfant sont toujours très proches, avec un contact physique et une relation de tendresse. Les décors et habits varient. Ici, des rideaux à l’arrière, Marie en bleu assise sur un coussin ou une pierre, l’enfant en rouge, et des séraphins au long de l’ovale. En bas, élément intéressant, la rencontre de saint Dominique et saint François, entourés de saint Jean-Baptiste et saint Paul. De quoi parlent-ils ?!
  1. Nostre Dame de Grasse, sculpture de calcaire, 15e siècle, Musée des Augustins, Toulouse, France. Voici une mère avec enfant très étonnante. Marie, jeune femme élégante et couronnée, détourne son regard de Jésus; elle se tient à distance, avec un air mélancolique. Nous sommes loin des figures habituelles! Et l’enfant semble vouloir s’en aller de son côté. Une explication serait que d’autres personnages faisaient partie de l’œuvre, comme les mages ou les donateurs, et que Marie et Jésus auraient été alors situés devant eux. Mais il demeure que Marie a l’air d’une jeune fille désemparée.
  1. Madonna del Prato, Giovanni Bellini, 1505, National Gallery, Londres, Angleterre. Bellini a peint plusieurs madones. Celle-ci, qu’on appelle aussi Madone de la prairie, fait partie des oeuvres de sa dernière étape. La mère et l’enfant sont dans un paysage de campagne, avec des animaux et oiseaux, des arbres et montagnes, et une forteresse au loin. Des dimensions symboliques sont présentes dans ces éléments. Le ciel est lumineux, avec quelques nuages. Marie porte l’enfant mais sans trône, humblement. L’enfant dort paisiblement. Il en émane une grande douceur et une invitation à la méditation.
  1. La Madone Sixtine, Raphaël Sanzio, 1513-1514, Gemäldegalerie, Dresde, Allemagne. Voici une Madone très célèbre et admirée. La mère et l’enfant sont sur des nuages; des rideaux ouverts les encadrent, comme s’ils descendaient du ciel. Ces deux figures, tendres et touchantes, nous regardent. Saint Sixte et sainte Barbara les entourent; deux angelots sont accoudés sur une balustrade, avec un air amusé. Ces éléments établissent un contact avec les regardants.
  1. La Madone des Pèlerins, Le Caravage, 1603-1605, Église St-Augustin, Rome, Italie. Cette œuvre a ému beaucoup de gens mais en a aussi scandalisé plusieurs! Voici Marie comme une solide femme du peuple, aux pieds nus, et non une délicate princesse. Elle est en plein quartier populaire, avec un enfant costaud dans les bras. Les deux pèlerins ont les pieds sales, des mains qui ont travaillé, et des visages rugueux. Ce sont des gens du peuple et l’enfant les bénit. La lumière baigne la mère et l’enfant, comme Le Caravage sait le faire.
  1. Christ et sa mère lisant les Écritures, Henry Ossawa Tanner, c.1909, Dallas Museum of Arts, Dallas, États-Unis. Tanner est le premier peintre afro-américain qui a connu une carrière internationale. Il a fait face au racisme en son pays et il a dû s’exiler en France. Fils de pasteur, il a réalisé plusieurs œuvres religieuses profondes et innovatrices. Ici, nous voyons une scène rare dans l’iconographie mariale : Marie apprend à lire à son fils, à partir des Écritures. La mère et le fils sont proches. Les modèles furent Jessie Olson, épouse de Tanner, et Jesse Ossawa, son fils.
  1. Mère de Dieu de Vladimir, début du 12e siècle, Galerie Tretiakov, Moscou, Russie. Cette icone est historiquement l’une des plus importantes de la Russie dont elle fut protectrice. A l’origine, elle était dans l’église de la ville de Vladimir. Dans cette Vierge de tendresse (Éléousa), les joues de Marie et de l’enfant se touchent, exprimant l’intimité et l’affection qui les unissent. Le regard de Marie est affligé, anticipant le sort douloureux de son fils. Celui de Jésus est grave et attentionné.
  1. Madone à l’enfant, Marianne Stokes, c.1907-1908, Wolverhampton Art Gallery, Wolverhampton, Angleterre. Cette femme peintre, d’origine autrichienne, a été influencée par le courant Pré-Raphaélite et le naturalisme. Elle a vécu en plusieurs pays d’Europe. Elle a peint aussi plusieurs œuvres religieuses. Cette Madone a été réalisée à Dubrovnik en Croatie, ce qui est évoqué par les vêtements de Marie. Les tiges d’épines à l’arrière annoncent la passion et le mystère pascal. La mère et l’enfant nous regardent.

Dessins à tracer et à colorier

Nous sommes invités à vivre de l’intérieur la relation de tendresse entre Marie et Jésus.

D’après notre expérience, une des meilleures façons de se plonger dans le vécu de cette rencontre, c’est de la dessiner. Peu importe la manière, quelques traits et un peu de couleur peuvent suffire. Que l’on copie, trace ou colorie un modèle, l’important est de prendre un temps d’intériorité pour se familiariser avec le sujet. Aucun besoin d’avoir de l’expérience, il n’est pas ici question de performance artistique ni d’habileté. C’est une activité de contemplation à laquelle le dessin nous convie.

Vous pouvez utiliser une des images publiées dans cet article comme source d’inspiration, ou consulter les nombreuses images disponibles sur Internet sur le thème « Marie et Jésus », ou encore imprimer les modèles simplifiés ci-dessous pour les tracer et les colorier.

Marie et Jésus d’après une représentation traditionnelle de l’art chrétien en occident, modèle simplifié à tracer et à colorier.
Cliquer sur l’image pour l’agrandir et la sauvegarder!
Une vierge de tendresse d’après une icône traditionnelle, modèle simplifié à tracer et à colorier.
Cliquer sur l’image pour l’agrandir et la sauvegarder!

Pour vivre pleinement le processus de création et d’appropriation des extraits des évangiles, les participants sont invités à se réunir en ligne en petits groupes. Nous offrons au besoin un soutien à la création de groupes (au moyen de rencontres Zoom).

Partager

Nous sommes toutes et tous, quelque soit l’âge et la culture, invités à témoigner de la façon dont nous percevons la relation entre Marie et son fils!
Nous sommes également conviés à librement partager nos images et témoignages directement sur le groupe Facebook « Rencontres avec Jésus-Christ »:
https://www.facebook.com/groups/1330277570759795

Nous écrire pour tout renseignement additionnel ou pour un appui au démarrage d’un groupe!
alecoutedesevangiles@gmail.com

N’oubliez pas de vous abonner tout en bas sur cette page pour rester informés de chaque nouvelle invitation à vivre les « Rencontres avec Jésus »!