Parcours – Eda Reganaz

Dans ce nouvel article consacré aux parcours d’artiste, nous donnons la parole à Eda Reganaz, une artiste québecoise d’origine chilienne qui témoigne de son chemin artistique chrétien :

« Je suis économiste de profession, mais l’art et les couleurs m’ont toujours attirée énormément, donc quand j’ai dû partir à la retraite pour cause de maladie, j’ai commencé à peindre. Mon principal médium est l’aquarelle, et les deux autres sont les pastels à l’huile ainsi que la peinture à l’huile soluble à l’eau.

Ça fait déjà 20 ans que je peins. J’ai fait quelques expositions, mais leur nombres a été limité par mon état de santé qui réduit mon énergie au minimum.

Je peins avant tout quand je le sens dans le ventre. Cela a été le cas pour cette exposition.

Depuis ma tendre enfance j’ai été exposée aux Évangiles… et lorsque j’ai entendu parler de cette exposition, les images sont apparues claires en moi; la seule chose qui me restait à faire, c’était de les mettre sur la toile. »

Pour son parcours d’artiste, Eda nous présente deux oeuvres qu’elle a réalisées pour l’exposition itinérente du RACEF intitulée « Chemin de croix, chemin de vie ».


Jésus intertemporel

Processus de création du tableau

Premièrement, pour la réalisation d’un tableau, j’ai vraiment besoin de le sentir au plus profond de moi.

Donc, lorsque j’ai eu l’opportunité de participer à l’exposition du chemin de croix, une image est apparue en moi sur ce que je devais représenter: non seulement la souffrance de Jésus crucifié, mais aussi celle de sa mère qui voyait son fils tant aimé en train de perdre la vie. Je l’ai peinte avec Jésus bébé dans les bras, car je voulais reproduire la souffrance de la mère, celle qui a porté dans son ventre, accouché et allaité son enfant, celui qui a grandi à coté d’elle et qui lui a donné un sens à sa vie.

J’ai ajouté Jésus enfant avec une brebis, car Jésus fils de Dieu est venu sur terre pour donner sa vie pour nous, ses brebis. Et là, il observe comment il va finir sa vie sur terre… voilà, c’est cela qui m’attend…

J’ai eu besoin de représenter cette œuvre pour nous rappeler que même si Jésus est le fils de Dieu, et sa mère Marie, pure et sainte, eux ont été des humains et ont souffert comme tel. Ce n’est pas pour rien qu »avant de mourir, Jésus se tourne vers son père en criant:

« Père, pourquoi m’as-tu abandonné? »

Jésus n’a pas juste donné sa vie pour nous, mais il a souffert énormément en le faisant.

Étapes du processus

1. J’ai fait une recherche sur Internet sur des visages qui correspondaient à ceux que je voulais représenter. Ensuite je les ai transformés pour qu’ils soient dans la bonne position en regardant vers le Christ. Pour Marie, il a fallu trouver un enfant pour mettre dans ses bras, et des habits qui permettraient de comprendre qu’il s’agissait de Marie et pas juste d’une paysanne.

2. Pour Jésus enfant, la même chose; j’ai trouvé une représentation de Jésus enfant avec une brebis qui m’a inspirée pour la réalisation de mon tableau, mais j’ai cherché une autre brebis qui convenait mieux, pour la mettre dans les bras de Jésus enfant de manière à bien représenter la scène.

3. J’ai ajusté les cheveux des enfants, pour démontrer qu’il s’agissait du même enfant à travers le temps.

4. Après m’être décidée sur les parties d’image à utiliser, j’ai fait un genre de montage avec Affininty photo 2 et un dessin avec Procreate dans mon Ipad, que j’ai ajusté plusieurs fois jusqu’à être satisfaite. Entre autres, il m’a fallut changer la lumière sur tous les personnages pour rendre la scène réelle et cohérente.

5. Ensuite, à l’aide d’un projecteur, j’ai transféré le traçage sur le canevas.

6. Par la suite, j’ai pris du pastel sec gris et noir pour marquer les zones d’ombre et ainsi rendre mon travail plus facile.

7. Au dessus, j’ai passé un couche transparente de peinture acrylique, ce qui a permis de fixer le pastel à la toile et de la colorer. Dans cette couche, j’ai enlevé de la couleur (avant qu’elle ne sèche), là où il devait y avoir de la lumière.


8. Par la suite, j’ai commencé à peindre par dessus avec de la peinture à l’huile soluble à l’eau.


9. Quand l’œuvre a été finie, j’ai peint les côtés du canevas avec de la peinture acrylique noire. Puis j’ai posé trois couches de vernis à retoucher (Kamar, Krylon), en attendant d’appliquer d’ici un an le vernis final.

Jésus intertemporel – Oeuvre finale
Jésus intertemporel- une peinture de Eda Reganaz

Huile soluble à l’eau

(Mt 27, 45-54; Mc 15, 33-41; Jn 19, 28-30)

Jésus est crucifié et il a souffert comme homme, au point de dire « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné? »

Vers trois heures de l’après-midi, des ténèbres entourant la terre, Jésus crie, avec une voix forte, le début du Psaume 21, la prière du juste souffrant : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné? On lui donne du vinaigre à boire. Puis, à nouveau, il crie avec force, et il remet l’esprit.

Commentaire de Eda

On voit Marie qui tient dans ses bras bébé Jésus… Marie mère souffre de voir son fils mis sur une croix en train de mourir, et comme mère elle le sent dans le plus profond de ses entrailles, les mêmes qui ont porté son bébé.
On voit Jésus enfant avec une brebis dans ses bras, de la même manière qu’il nous a porté depuis, nous ses brebis… il observe en silence ce qui l’attend, la raison de sa venue sur terre : être tué pour nous sauver. Avec cette œuvre je veux rappeler que Jésus et Marie, même s’ils étaient élus et protégés par Dieu, ils ont souffert dans leur chair comme n’importe quel autre homme ou femme.



Pierre et le Coq

Processus de création du tableau

Pour ce tableau aussi, une image s’est révélée en moi sur ce que je devais représenter.

J’ai pensé à la souffrance de Pierre, quand il a réalisé que sa peur l’avait emporté sur son amour pour le Christ, et qu’en plus, Jésus le savait car il avait prédit que Pierre allait le renier trois fois avant que le coq chante. Donc, s’il pouvait se cacher des juifs, il ne pouvait pas se cacher de Jésus.

J’ai dessiné un grand coq devant Pierre, pour souligner que n’importe où qu’il soit, peu importe ce qu’il pense, l’image du coq s’impose à lui, et qu’il ne peut pas revenir en arrière. Il peut bien s’arracher les cheveux mais ne peut pas s’échapper de sa réalité.

Je représente un Pierre souffrant qui ne veut pas accepter l’image du coq, image de sa trahison, et le chant de celui-ci.

Étapes du processus

1. J’ai fait une recherche sur Internet pour trouver un coq enragé et l’image d’un homme désespéré. Pour représenter Pierre, un homme d’un certaine âge, j’ai vieilli le personnage en lui enlevant des cheveux, je lui ai ajouté de la barbe et des cheveux blancs.

2. J’ai fait une recherche sur les habits d’époque et j’ai habillé Pierre en conséquence.

3. Après, j’ai fait un montage avec Affininty photo 2 et j’ai fait un dessin avec Procreate dans mon Ipad.

4. Ensuite, à l’aide d’un projecteur, j’ai transféré le traçage sur le canevas.

5. Par la suite, j’ai pris du pastel sec gris et noir pour marquer les zones d’ombre et ainsi rendre mon travail plus facile.

6. Au dessus, j’ai passé un couche transparente de peinture acrylique, ce qui a permis de fixer le pastel à la toile et de la colorer. Dans cette couche, j’ai enlevé de la couleur (avant qu’elle ne sèche), là où il devait y avoir de la lumière.


7. Par la suite, j’ai commencé à peindre par dessus avec de la peinture à l’huile soluble à l’eau.

8. Quand l’œuvre a été finie, j’ai peint les côtés du canevas avec de la peinture acrylique noire. Puis j’ai posé trois couches de vernis à retoucher (Kamar, Krylon), en attendant d’appliquer d’ici un an le vernis final.

Pierre et le Coq – Oeuvre finale
Pierre et le Coq – une peinture de Eda Reganaz

Huile soluble à l’eau

(Mt 26, 69-75; Mc 14, 54-72; Lc 22, 54-75)

Alors que Jésus est chez le Grand-Prêtre, Pierre, un des douze apôtres, se tient dans la cour de la maison. À trois reprises, quelqu’un affirme qu’il est un proche de Jésus. Il le nie trois fois. Un coq chante. Le regard de Jésus se pose sur Pierre, qui prend conscience de sa faute. Il se retire en pleurant.

Commentaire de Eda

Pierre entend le coq chanter et il réalise ce qu’il venait de faire et que Jésus lui avait prédit : « Avant que le coq chante, tu me renieras trois fois. » Cette œuvre représente un Pierre qui se tient la tête comme pour effacer ce qu’il venait de faire, comme s’il voudrait enlever ses actes en les arrachant de ses pensées.
Pierre qui a renié Jésus par peur des juifs, souffre encore plus maintenant en réalisant que Jésus savait que lui, son ami et serviteur, allait lui tourner le dos.


Les oeuvres de Eda Reganaz décrites dans cet article sont exposées dans l’exposition itinérante du RACEF intitulée : « Chemin de croix, chemin de vie ». Restez branchés sur le site du RACEF pour être informés des nouveaux lieux de diffusion de l’expo.


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